La flore de la Madeleine (3 juillet 2019)

L’aubépine

Le buis

Les chênes

Les cornouillers Cornus mas, C.sanguinea

Le cornouiller sanguin prend une couleur rouge à l’automne , ses rameaux au soleil sont rouges aussi. Si rouge qu’il a donné son nom à une pierre semi-précieuse, la cornaline.

Sa feuille est caractéristique: déchirée en deux, les parties restent attachées par les nervures.

Sa forte racine permet de lutter contre l’érosion des sols, les cornouillers sont mellifères, ils abritent oiseaux et petits mammifères.

Les fruits sont irritants pour le tube digestif, mais les oiseaux en sont friands. Les baies du cornouiller mâle seraient comestibles selon certains: attention, il faut que le fruit soit blet et de préférence cuit, sinon il est laxatif voire purgatif.

On en fait un vin de cornouilles. On le nomme aussi « couilles suisses ».

Inusité en phytothérapie, le cornouiller est utile en gemmothérapie: c’est le remède des traumatismes thoraciques fermés (hématome au niveau des côtes; côtes fêlées)

Ses propriétés irritantes (on dit vésicatoires: provoque des cloques) sont mises à profit pour faire tomber un ongle (après un choc, ou une mycose).

Ethnobotanique

Le bois est dur comme de la corne, avec une certaine élasticité : comme l’if , c’est un bois pour les arcs. Les Grecs l’utilisent deouis le VIIème siècle avant notre ère. Le cheval de Troie était en bois de cornouiller.

Dans la tradition orthodoxe, les fruits cueillis la veille de Noël (6 janvier) et consommés le matin suivant avec une gorgée de vin en faisant le signe de croix préservent la santé pour l’année.

Le colorant rouge issu des feuilles était le pigment utilisé pour les fez. La cornaline est rouge, comme le cornouiller.

La douce amère

Solanum dulcamara, Solanacées

Une plante de la famille de la pomme de terre, l’aubergine, la tomate, le tabac, la belladone. La douce-amère est toxique: ses noms vernaculaires sont clairs à cet égard: tue-chien, crève-chien… mais d’autres noms laissent entrevoir des usages médicinaux anciens : c’est la dose qui fait le poison. On la trouve aussi qualifiée d’herbe à la fièvre, herbe à la quarte, vigne de Judée.

Les premières mentions sont récentes : elles remontent à Matthiole en au XVIème siècle. Il relate que les femmes de Toscane utilise la douce amère comme cosmétique pour atténuer les taches sur la peau, et en préparation dans le vin comme laxatif.

Sa toxicité en a rendu l’usage obsolète : l’intoxication est grave dès l’ingestion d’une dizaine de baies chez l’enfant, symptômes retardés, 4 à 19 heures après l’ingestion, des troubles digestifs jusqu’au coma par détresse respiratoire.

douce-amère plantes toxiques naturopathie phytothérapie
douce-amère, plantes toxiques, naturopathie, phytothérapie

Les baies empoisonnent les oiseaux de volière (les oiseaux sauvages ne les consomment pas). 

L’érable sycomore Acer psudo platanus Acéracées

Voici un arbre dont le nom est bien trompeur: faux-platane du fait de la ressemblance entre les feuilles des deux espèces, et sycomore, par la ressemblance avec le figuier sycomore (et pour corser l’affaire, sycomore vient de deux mots grecs  συκον la figue et μóρον   la mûre.)

érable sycomore

En fin d’été, il est facile à reconnaître, avec ses feuilles alternes et ses fruits, des samares: les petits hélicoptères avec lesquels les enfants aiment jouer.

Il n’a pas de propriétés médicinales connues. C’est un arbre d’ornement et d’alignement (il y a environ 1500 érables faux-platane à Paris) et un arbre cultivé pour son bois noble.

Il est touché par deux maladies: les taches noires sur les feuilles sont dues à un champignon (Rytisma acerinum) , les feuilles tomberont précocement.

Une autre maladie, mortelle celle-là, est la maladie de la cime, due à un autre champignon, dont les spores sont redoutées par les écorceurs car responsables d’une maladie professionnelle.

Ces deux maladies semblent liées à la pollution atmosphérique, elles sont rares dans les forêts de feuillus, mais beaucoup plus fréquentes dans les parcs urbains. Elles semblent aussi favorisées par des périodes de canicule.

Depuis une dizaine d’années, l’érable est source de préoccupation pour les éleveurs de chevaux: il est considéré comme responsable d’une maladie saisonnière du cheval, la myopathie atypique, d’une mortalité élevée.

La myopathie atypique est attribuée à la présence d’une toxine dans les graines de certains érables. (des articles en français ici et )

Le frêne Fraxinus excelsior Oléacées

Le houx

L’if

Le lierre grimpant Hedera helix Araliacées

On la nomme aussi bourreau des arbres, herbe à cors, herbe à cautère

Malgré sa réputation de parasite, le lierre n’affaiblit pas l’arbre qui le porte: il le protège des variations brutales de température, apporte un humus riche, héberge une flore variée… Seule difficulté: lorsqu’il s’installe sur un mur,  qu’il protégera de l’humidité, ne pas le laisser s’immiscer dans la toiture: elle n’y résistera pas.

La partie active est la feuille récoltée au printemps ou le bois.

Attention aux baies de lierre qui  sont hautement toxiques: elles sont émétiques (= font vomir ) et purgatives, et peuvent être responsables d’intoxications graves chez l’enfant, dès l’absorption de deux ou trois baies. Les intoxications  peuvent être mortelles . Cette toxicité rend d’autant plus surprenant une prescription ancienne (1864) d’un médecin anglais, confirmant un usage de l’Antiquité: 7 à 11 baies macérées dans de l’eau permettraient d’éliminer des calculs rénaux… une expérience à ne tenter  sous aucun prétexte! Les baies sont délaissées des oiseaux, mésanges et grives en picorent parfois, en dernier recours. Mais le lierre est réputé toxique pour les oiseaux de volière.

Les feuilles de lierre récoltées au printemps peuvent se prendre en tisane contre la toux , même dans la coqueluche que peu de médicaments savent apaiser, ainsi que le bois.

Alors que les feuilles fraîches sont parfois irritantes, elles sont recommandées sous forme sèche comme adoucissant de la peau. Et le lierre a eu son heure de gloire dans des produits « amincissants » ou présentés comme anti-cellulite! (Elancyl)Et l’écorce était jadis employée « contre la syphilis et les dartres » selon le dictionnaire Dorvault de 1945, qui ne donne pas la formule du remède.

Les Anciens utilisaient le lierre comme plante médicinale, parée de vertus magiques. Dioscoride le recommande aussi pour décolorer les cheveux. Le lierre est avec la vigne  un des attributs de Dionysos. Parmi ses indications traditionnelles: une couronne de feuilles fraîches calme les effets d’une consommation excessive d’alcool… L’emploi contre les céphalées est repris par Matthiole au XVIème siècle, sous forme de macérat huileux.Un vieux remède oublié (mais le lierre n’a pas été surnommé l’herbe-aux-cors pour rien): faire macérer une feuille neuf jours dans du vinaigre, puis appliquer pendant 9 jours sur le cor au pied.

Savez-vous que le lierre est une lessive naturelle? Riche en saponines, vous pouvez préparer une lessive liquide:

150g de feuilles en décoction dans 2 litres d’eau (laisser bouillir 20 minutes), filtrer

Le lotier corniculé

Le marronnier d’Inde Aesculus hippocastanum Sapindacées

Le millepertuis

Le noisetier Corylus avellana

La pâquerette

L’arbre aux pagodes

Le sureau noir Sambucus nigra, Adoxacées

On l’appelle aussi arbre-de-Judas, car selon la légende Judas se serait pendu à un sureau. A un détail près: il n’y avait pas de sureau à Jérusalem il y a deux mille ans.

Attention à ne pas confondre avec le sureau hièble: le sureau noir a un tronc ligneux, comme un arbre.

Feuilles et seconde écorce sont réputées toxiques (elles contiennent une faible proportion d’acide cyanhydrique).

Les fleurs font d’excellents beignets, au printemps, ainsi qu’un cordial réputé (en Angleterre), et un sirop rafraîchissant.

Les fleurs séchées sont diurétiques, sudorifiques et fluidifient les sécrétions bronchiques: c’est la tisane des rhumes, des états grippaux.

Les fruits crus sont irritants voire toxiques. Un extrait de fruits est néanmoins immunostimulant.

Le sirop de sureau est un bon anti-viral: à préparer pour un état grippal cet hiver.

Faire bouillir 10 minutes un litre d’eau avec 1kg de sucre, ajouter 1 kg de baies sans tiges pour 4 minutes, 30g d’acide citrique (pour la conservation) ou le jus de 2 citrons ou des clous de girofle, laisser tiédir , filtrer, porter de nouveau à ébullition et stocker en bouteilles stérilisées.

Se conserve 6 à 9 mois environ. Pour les rhumes, états grippaux: 3 à 6 cuillerées à soupe par jour.

La symphorine Symphoricarpos albus Caprifoliacées

Les tilleuls


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.