Les saules Salix purpurea, spp. L, Salicacées

Saule têtard

Un peu de botanique

Linné en dénombrait 29 espèces, aujourd’hui les botanistes en répertorient environ 500.

Les saules communs en Europe du Nord sont les Salix purpurea, S.fragilis, S. alba pour les plus courants. Il s appartiennent à la famille des salicacées. Dans la même famille, on trouve les peupliers: chatons pendants pour les peupliers, dressés pour le saule. Il est  habituel d’étêter les saules: ce sont des têtards.  Ces saules têtards sont des habitats pour beaucoup d’animaux, mammifères, oiseaux… car la cicatrisation de la repousse crée des cavités et des excroissances naturelles: un véritable écosystème à lui seul! On nomme osiers les saules à rameaux longs et flexibles.

Une plante médicinale

Le saule est connu comme fébrifuge (qui fait baisser la fièvre) depuis l’Antiquité. Paracelse, qui a popularisé la théorie des signatures, remarque que le saule, qui habite les berges humides, soulage les rhumatismes aggravés par l’humidité.

Rameaux flexibles de saule

La partie active est l’écorce de tige, les feuilles sont beaucoup moins concentrées.

Les chatons sont réputés anaphrodisiaques (qui calme les ardeurs sexuelles, décrit par Jacques Daléchamps au XVIème siècle), calmants et antispasmodiques.

Leur effet sédatif et anxiolytique est oublié aujourd’hui, mais en 1916, un médecin les recommandait contre « l’angoisse de guerre ».

Les saules contiennent tous des principes actifs analogues, de la famille de l’acide salicylique.

La décoction de saule est, comme l’aspirine, antiinflammatoire, fébrifuge, antalgique…

La décoction de saule est plus efficace que la quantité d’acide salicylique qu’elle renferme: c’est une nouvelle preuve de l’intérêt d’utiliser la plante plutôt que ses molécules actives isolées. L’ensemble des constituants de la plante agissent en synergie. On dit que « l’effet de la somme est supérieur à la somme des effets ».

Le principe actif du saule, d’abord nommé salicine a été idolé en 1825 par un pharmacien italien, Larizi. La molécule a ensuite été synthétisée: le saule a supplanté le coûteux quinquina en Europe.

Si la décoction de saule est peu irritante pour l’estomac, il n’en est pas de même pour l’acide salicylique: ce constat a conduit à synthétiser un produit dérivé, l’acide acétylsalicylique. La synthèse est réalisée en 1897 et le médicament commercialisé sous le nom d’aspirine … d’après une autre plante, la reine-des-prés (Spirea ulmaria) qui contient elle aussi un dérivé salicylé.

Les décoctions d’écorce de saule gardent un grand intérêt pour soulager maux de tête, inflammation, fièvre: moins agressif que l’aspirine, le saule est efficace. À réserver à l’adulte, contre-indiqué chez la femme enceinte, l’enfant (car pas de dosage possible), en association avec les anticoagulants, en cas d’allergie aux salicylés.

Vous pouvez préparer une teinture (une part d’écorce de tige pour 4 parts d’alcool), du vin de saule (50g par litre de vin blanc).

saule phytothérapie écosystème
Saule pleureur (et son héron!)

Les racines filtrent l’eau, le saule épure son environnement. Son système racinaire vigoureux protège les berges.

Gemmothérapie

C’est le bourgeon de Salix alba qui est utilisé en gemmothérapie., en macérât glycériné (MG).

Les indications du Saule en gemmothérpaie sont différentes de celles en phytothérapie.

Il s’oppose à l’anémie (c’est un remède complémentaire de Tamarix gallica et de Corylus avellana)

Sur le tube digestif, il améliore les irritations gastriques liées aux contrariétés, au stress.

Et on retrouve l’usage traditionnel anxiolytique, sédatif et anaphrodisiaque.

Et puis l’inutile et le superflu (ou pas)

Une longue histoire

Dans la mythologie grecque, la Saule est dédié à Hécate (Ἑκάτη), une déesse de la Lune.

Dans le Bible, les branches de saule servent à fabriquer les thyrses de la fête des Tabernacles.

Et le nom latin attribué par Linné au Saule pleureur, Salix babylonica, vient aussi de la Bible: les branches du Saule ont abrité les lamentations des Juifs captifs à Babylone (Psaume 137)

Un arbre de vannerie

« Ruches d’osier »: stockage juste après la récolte. Crédit photo: Osierpro

Tout osier est saule, mais tout saule n’est pas osier, dit-on.

L’osier est le rejet de l’année du saule, les plus réputé pour cet usage sont des saules aux rameaux particulièrement flexibles, signe d’une adaptation aux contraintes extérieures: crues, forts courants. Leurs rameaux ploient sans casser.

Les jeunes tiges sont tressées avec leur écorce: osier brut, ou décortiquées.

Voûte d’osier vivant à Arc et Senans

Les jardiniers plantent des haies d’osier vivant: ce sont de longues boutures de saule, tressées lors de leur plantation.

et d’autres usages inattendus

Les Amérindiens utilisaient les rameaux du Saule blanc pour se brosser les dents, et l’écorce interne déchiquetée pour fabriquer des couches et des serviettes hygiéniques.

Dernières volontés

Alfred de Musset , 1830:

Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J'aime son feuillage éploré;
La pâleur m'en est douce et chère,
Et son ombre sera légère
A la terre où je dormirai.

Son souhait fut exaucé, mais le sol du Père-Lachaise ne se prête pas à la culture du saule… l’arbre est régulièrement remplacé!

Toponymie et patronymes

Un lieu planté de saules est une saussaie, et les communes de Saulchoix ou de Saulx , Le Sauze ou La Sauzaie, tirent leur nom du Saule, tout comme les noms de famille Duchaussoy, Le Saux…

Le mot de la fin

à Jean de La Fontaine

L’enfant et le maître d’école

Dans ce récit je prétends faire voir
D’un certain sot la remontrance vaine.
Un jeune enfant dans l’eau se laissa choir,
En badinant sur les bords de la Seine.
Le Ciel permit qu’un saule se trouva,
Dont le branchage, après Dieu, le sauva.
S’étant pris, dis-je, aux branches de ce saule,
Par cet endroit passe un Maître d’école.
L’Enfant lui crie : « Au secours ! je péris. « 
Le Magister, se tournant à ses cris,
D’un ton fort grave à contre-temps s’avise
De le tancer : « Ah! le petit babouin !
Voyez, dit-il, où l’a mis sa sottise !
Et puis, prenez de tels fripons le soin.
Que les parents sont malheureux qu’il faille
Toujours veiller à semblable canaille !
Qu’ils ont de maux ! et que je plains leur sort ! « 
Ayant tout dit, il mit l’enfant à bord.
Je blâme ici plus de gens qu’on ne pense.
Tout babillard, tout censeur, tout pédant,
Se peut connaître au discours que j’avance :
Chacun des trois fait un peuple fort grand ;
Le Créateur en a béni l’engeance.
En toute affaire ils ne font que songer
Aux moyens d’exercer leur langue.
Hé ! mon ami, tire-moi de danger :
Tu feras après ta harangue.

Bibliographie succincte

Breverton’s Complete herbal, based on Culpeper’s The English Physitian and Compleat Herball of 1653 Éd.Quercus

Jean Bruneton Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales , 5ème édition, ED.Lavoisier Tec et doc

Michel Dubray Guide des contre-indications des principales plantes médicinales  Ed.Lucien Souny

F.Dupont, J.-L. Guignard Botanique systématique moléculaire 14ème édition, Ed.Elsevier-Masson

Jacques Fleurentin, Jean-Claude Hayon, Jean-Marie Pelt   Des plantes qui soignent Ed. Ouest-France2018

Paul-Victor Fournier Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France Éd. Omnibus

Gérard Guéniot, Franck Ledoux La phytembryothérapie, l’embryon de la gemmothérapie Ed.Amyris

Francis Hallé Stéphane Hette Frédéric Hendoux Les arbres amoureux  Ed. Salamandre, 2018

Bill Laws Fifty plants that changed the course of History Firefly Books

Marie-Antoinette Mulot herboriste diplômée  Secrets d’une herboriste Éd.Dauphin

Michel Pierre Les plantes du bien-être, les remèdes de A à Z éd. du chêne

Aline Raynal-Roques La botanique redécouverte Ed.Belin INRA 2008

Henriette Walter , Pierre Avenas La majestueuse histoire du nom des arbres Ed.Robert Laffont, 2017

Max Wichtl, Robert Anton Plantes thérapeutiques Tradition, pratique officinale, science et thérapeutique  2ème édition, Ed.Lavoisier, Tec et doc

Fernando Pitera di Clima, Marcello Nicoletti Précis de gemmothérapie . Fondements scientifiques de la méristémothérapie Ed Amyris 2018

http://www.copyrightfrance.com/certificat-depot-copyright-france-8YYX1K5.htm

Sortie botanique 15 septembre 2018 à Camon

L’achillée millefeuille Achillea millefolium Astéracées

achillée millefeuilleSes noms vernaculaires la résument bien: sourcil-de-Vénus en référence à sa feuille finement découpée, herbe-à-la-coupure, herbe-de-Saint-Joseph ou herbe-des-charpentiers pour ses vertus cicatrisantes. On en dénombre une douzaine d’espèces différentes.

En tisane, elle est tonique digestive, hémostatique (arrête les saignements, épistaxis = saignement de nez notamment), anti hémorrhoïdaire. elle a la réputation de « faire venir les règles » qui sont « bloquées » suite à une émotion forte ou coup de  froid.

achillée millefeuille
Détail d’une inflorescence d’achillée millefeuille

En externe, on mettait des cataplasmes d’achillée pour cicatriser des plaies qui ne saignent plus.

La partie active de la plante (la drogue) est la sommité fleurie.

Une précaution à connaître: si vous voyez apparaître boutons ou plaques rouges sur la peau lors de la cueillette ou après une ou deux tasses de tisane, n’en consommez plus. C’est très rare, mais le signe d’une intolérance ou d’une allergie.

L’armoise Artemisia vulgaris Astéracées

L’herbe-aux-cent-goûts

armoise
Artemisia vulgaris

Un chapelet d’armoise jeté dans le feu de la Saint-Jean, avec l’incantation  » que toute ma malchance parte avec ceci » garantit une année de prospérité et de bonheur…

Une herbe que les cuisiniers remettent à l’honneur: en Occident, elle parfume les volailles, en Chine et au Japon, le riz gluant.

Son purin est un insectifuge efficace.

Elle est anthelmintique (vermifuge) comme la tanaisie, stomachique (facilite la digestion).

Les infusions soulagent les douleurs de règles, elle serait emménagogue .

L’armoise présente un risque abortif, même en tisane: ne jamais donner à la femme enceinte, il s’agit d’une véritable contre-indication.

armoise
Feuille d’armoise

La feuille d’armoise: la face inférieure est argentée.

Son huile essentielle est réglementée en raison de la présence de thuyone, qui peut provoquer des crises d’épilepsie et des avortements. La législation française est protectrice (vente exclusive en pharmacie), hélas, on la trouve sur Internet sans le moindre contrôle. Elle est réellement à risque: ne l’utilisez pas.

L’armoise est parfois fumée comme la marijuana. Les bâtonnets d’armoise servent de moxa.

Le genre Artemisia comporte deux autre plantes que vous connaissez, l’estragon (Artemisia dracunculus)  et l’absinthe (Artemisia absinthium).

En Ukrainien, armoise se traduit par herbe (bylj) noire (tcherno): c’est l’étymologie de Tchernobyl.

L’aubépine Crataegus oxyacantha, monogyna, levigata Rosacées

Un arbre d’une longévité remarquable: un individu est estimé vieux de 1700 ans en Mayenne.

Son nom latin évoque la puissance (cratos en grec: le pouvoir, la puissance)

Aubépine en fruits

Une médicinale remarquable, grande apaisante nerveuse, calme les palpitations sur coeur sain, l’anxiété… On utilise les fleurs ou les sommités fleuries.

La berce spondyle Heracleum spondylium Apiacées (ex- Ombellifères)

Tarte-à-lapins, patte-d’ours, herbe-du-diable

Consacrée à Hercule, du fait de sa robustesse?

Une belle plante commune, à ne pas confondre avec la géante berce-du-Caucase, irritante et non comestible.

La berce spondyle est photosensiblisante et peut être irritante. Elle est néanmoins comestible: les feuilles jeunes et graines.

Feuilles bouillies et graines fermentées donnent une bière.

En Suède, la feuille est un remède de dysenterie. La feuille fraîche est un résolutif des furoncles et abcès.

La graine fait partie des « graines chaudes » comme l’anis ou le cumin: une digestive et carminative (pour les ballonnements intestinaux)

La graine a un goût délicat, qui évoque les agrumes: incorporées à un quatre-quarts aux noix, c’est un délice.

Carotte, cerfeuil et ciguës:  éviter les accidents

Chaque année, des confusions se produisent entre cerfeuil sauvage ou carotte sauvage (parfaitement inoffensifs et comestibles en ce qui concerne les jeunes feuilles de cerfeuil) et les ciguës (petite ciguë et ciguë tachetée: le redoutable poison administré à Socrate).

Daucus carota: une fleur centrale pourpre pour attirer les insectes
Daucus carota: inflorescence Observer les involucres de bractées à la base de l’ombelle
Anthriscus sylvestris
Photo Ivar Leidus
Conium maculatum: tige

La carotte (Daucus carota), le cerfeuil (Anthriscus sylvestris) et la ciguë (Conium maculatum) appartiennent à la même famille botanique: les Apiacées, autrefois nommées Ombellifères.

Un point de repère: les tiges de carotte et de cerfeuil portent des poils ou du duvet, alors que les ciguës  sont glabres (pas de poils, pas de duvet).

La grande ciguë porte des taches sur sa tige, alors que carotte et cerfeuil ont des tiges de couleur hologène.

Surtout, ne récoltez que si vous êtes absolument certains de l’identité de la plante!

 CiguësCarotte
tigeglabrepoils
tigerayures (petite ciguë) ou taches rougeâtres (ciguë tachetée)pas de rouge
tigecreusepleine
ombelle10-15 fleursplus grande, parfois fleur plus sombre au centre
bractées sous ombelles secondairesvers le solpennées, horizontales

Le charme Carpinus betulus Bétulacées

Pour différencier le charme du hêtre, un moyen mnémotechnique à l’humour potache qui se transmet inlassablement… un être à poil charme Adam (hêtre à poils: poils sur le bord des feuilles de hêtre, charme à dents: feuilles doublement dentées du charme).

Le bois dur du charme donnait les essieux et les moyeux des roues.

Les feuilles sont riches en tanins, astringentes:

utilisation en gargarismes dans les maux de bouche et de gorge, dans les diarrhées

Le bourgeon est indiqué en complément dans les thrombopénies (manque de plaquettes sanguines), les sinusites et bronchites.

L’écorce renferme un colorant jaune.

Le chêne Quercus robur Fagacées

Un genre très varié, de la même famille botanique que le hêtre et le châtaignier: environ 450 espèces dénombrées et 150 hybrides!

L’écorce, la feuille, les glands, les galles (sorte de « tumeur » pathologique qui se développent sur les feuilles) sont riches en tanins: ceci explique le caractère irritant des infusions ou décoctions de chêne pour leb tube digestif.

On a utilisé ses proprités astringentes pour traiter la dysenterie et des diarrhées: le café de gland peut s’ajouter à du café ou de la chicorée pour cet effet ant-diarrhéique.

En usage externe, l’écorce séchée réduite en poudre arrête les saignements.

Les glands ont une important valeur nutritive: une fois torréfiés, ils sont moins astringents et permettent de préparer un succédané de café. Moulus, on en tire une farine. La récolte des glands a été réglementée. Il s’agit d’une activité qui ne demandait pas un travail trop pénible: ramasser des glands… c’est glander!

phytothérapie chêneEssence abondante, le chêne a laissé sa marque dans les noms de lieux: Oakland, Le Chesnay, Dubrovnik… et dans des noms de personnes: Chénier, Queneau, Ducasse (comme Isidore, dit comte de Lautréamont)

Et n’oublions pas que notre robuste robur a donné son nom a l’un des héros de Jules Verne, Robur le conquérant!

La clématite des haies Clematis vitalba Renonculacées

Clématite, herbe aux gueuxC’est l’herbe-aux-gueux ou le berceau-de-la-Vierge.

Les jeunes pousses sont comestibles, cuites comme les asperges, ou au vinaigre en condiment.clematite, plante comestible, phytothérapie

Mais attention à la cueillette: si elle s’appelle couramment l’herbe-aux-gueux, ce n’est pas sans raison. Les mendiants avaient coutume de s’en frotter la peau, pour créer de faux ulcères et attirer la pitié des passants… spectaculaire mais moins sérieux qu’ils n’y paraissait: la nature fournissait aussi le pansement, la simple feuille de blette qui agissait comme cicatrisant.

clématite
Clématite des haies

La grande consoude Symphytum officinale Boraginacées

consoude phytothérapie plante comestibleLes fleurs sont caractéristiques, insérées d’un seul côté du rameau qui les porte.

La consoude est mellifère, mais les abeilles ne peuvent l’utiliser que si des bourdons ont percé sa corolle.

La racine coupée est employée en usage externe uniquement, sur des  traumatismes articulaires ou osseux: de là son nom d’herbe aux charpentiers, profession suejette aux hématomes et fractures.

La consoude est-elle comestible?

Elle est connue comme telle depuis au moins deux mille ans, mais les analyses récentes ont semé le doute: la consoude contient en effet en faible proportion des substances toxiques, cancérigènes, toxiques pour le foie, le poumon, tératogènes (qui entraîne des malformations du fœtus), abortives. L’OMS en déconseille donc la consommation.

Des calculs savants laissent penser qu’une consommation exceptionnelle serait sans danger: à vous de juger, un lien ici vers un article très bien documenté.

Les cornouillers Cornus mas , C.sanguinea Cornacées

Le cornouiller sanguin prend une couleur rouge à l’automne , ses rameaux au soleil sont rouges aussi.

Sa feuille est caractéristique: déchirée en deux, les parties restent attachées par les nervures.

cornouiller phytothérapie gemmothérapieLes fruits sont irritants pour le tube digestif, attention! Les baies du cornouiller mâle seraient comestibles selon certains: à mon avis, mieux vaut ne pas goûter…

Inusité en phytothérapie, le cornouiller est utile en gemmothérapie: c’est le remède des traumatismes thoraciques fermés (hématome au niveau des côtes; côtes fêlées)

Ses propriétés irritantes (on dit vésicatoires: provoque des cloques) sont mises à profit pour faire tomber un ongle (après un choc, ou une mycose).

L’églantier Rosa canina Rosacées

églantier cynorrhodon phytothérapie médecine alternative

Le rosier des chiens, son fruit s’appelle cynorhodon ou plus prosaïquement poil à gratter, voire gratte cul!

églantier cynorhodon
Fruit du cynorhodon, coupe

Le fruit séché débarrassé de ses akènes selon la formule consacrée (c’est-à-dire sans les poils qui se trouvent à l’intérieur ) est riche en vitamine C: on en fait des tisanes, et une délicieuse confiture (si vous avez la patience, il faut récolter les fruits après les premières gelées, et n’utiliser que la partie charnue).

L’églantier, en orée des bois, semble protéger sa forêt: de même, le bourgeon est utilisé chez l’enfant, comme protecteur  pour l’hiver (macérat mère de bourgeon).

Les épilobes Epilobium parviflorum, E. hirsutum, E.angustifolium Œnothéracées

Le laurier de Saint-Antoine, en Autriche on l’appelle « cheveux de femme »

épilobe naturopathie phytothérapie prostate
Crédit photo Le jardin des médicinales

Messieurs, elle est à vous!  Les épilobes soulagent les troubles masculins: inconforts liés aux adénomes de la prostate, mais aussi complément utile dans les inflammations (prostatite, épididymite, orchite…), et les cystites, tant chez l’homme que chez la femme.

Un autre usage moins fréquent: une décoction de racine (à raison de 30g par litre) est un  remède contre les aphtes.

Les feuilles sèches remplacent le thé en Russie.

L’érable sycomore Acer pseudoplatanus Acéracées

érable sycomoreVoici un arbre dont le nom est bien trompeur: faux-platane du fait de la ressemblance entre les feuilles des deux espèces, et sycomore, par la ressemblance avec le figuier sycomore (et pour corser l’affaire, sycomore vient de deux mots grecs  συκον la figue et μóρον   la mûre.)

En fin d’été, il est facile à reconnaître, avec ses feuilles alternes et ses fruits, des samares: les petits hélicoptères avec lesquels les enfants aiment jouer.

Il n’a pas de propriétés médicinales connues. C’est un arbre d’ornement et d’alignement (il y a environ 1500 érables faux-platane à Paris) et un arbre cultivé pour son bois noble.

Il est touché par deux maladies: les taches noires sur les feuilles sont dues à un champignon (Rytisma acerinum) , les feuilles tomberont précocement.

Une autre maladie, mortelle celle-là, est la maladie de la cime, due à un autre champignon, dont les spores sont redoutées par les écorceurs car responsables d’une maladie professionnelle.

Ces deux maladies semblent liées à la pollution atmosphérique, elles sont rares dans les forêts de feuillus, mais beaucoup plus fréquentes dans les parcs urbains. Elles semblent aussi favorisées par des périodes de canicule.

Depuis une dizaine d’années, l’érable est source de préoccupation pour les éleveurs de chevaux: il est considéré comme responsable d’une maladie saisonnière du cheval, la myopathie atypique, d’une mortalité élevée.

La myopathie atypique est attribuée à la présence d’une toxine dans les graines de certains érables. (des articles en français ici et )

L’eupatoire chanvrine Eupatorium cannabinum Astéracées

eupatoire chanvrine, phytothérapie, naturopathie, plante toxiqueOn l’appelle herbe-de -Sainte-Cunégonde: en Allemagne, elle fut considérée comme une panacée, aussi miraculeuse que le tombeau de la sainte…eupatoire phytothérapie naturopathie

Les temps ont changé, elle est désormais considérée avec méfiance car elle contient en faible quantité des substances toxiques pour le foie, surtout en cas d’usage chronique (alcaloïdes pyrrolizidiniques pour les curieux): je ne peux donc plus la recommander.

Les tisanes étaient réputées apéritives (qui ouvrent l’appétit) et toniques, diurétiques et sudorifiques (augmentent la sudation: utile dans les fièvres).

Un usage encore possible: la feuille fraîche est cicatrisante.

Elle a été utilisée en cataplasmes contre la cellulite et la couperose.

La teinture calme les inflammations de la bouche (diluer dans de l’eau, ne pas avaler).

Le frêne Fraxinus excelsior Oléacées

Un bel arbre, des feuilles imparipennées de 7 à 75 folioles. Un arbre facile à reconnaître, avec ses bourgeons noirs. Ses feuilles forment un bon humus; également aliment de qualité pour le bétail.

Son bois est dur et résistant, tout en gardant une certaine ouplesse: à ce titre il est apprécié en ébénisterie.

Dans la mythologie scandinave, il représente l’Univers (les racines dans les ténèbres et les branches dans les cieux)

La feuille de frêne est diurétique et anti inflammatoire, adaptée aux terrains goutteux.

Il existe un autre frêne, le frêne à manne ou orNe ou frêne à fleurs: sa sève de printemps donne une sorte de sirop fort sucré, d’où son nom de manne.

La frênette

C’est une boisson traditionnelle dans le Nord de la France, faiblement alcoolisée (2-3° environ). Il en existe beaucoup de variantes, ici une recette de Belgique.

La chalarose

La situation des frênes en Europe est aujourd’hui préoccupante: ils subissent l’attaque de champignons microscopiques qui se dispersent par le vent. La maladie touche d’abord les arbres jeunes: 85% des jeunes frênes meurent. L’arrivée de cette maladie n’est pas liée au réchauffement climatique, mais plutôt à l’imprudence de l’Homme: c’est l’importation massive de frênes asiatiques dans les pays baltes il y a une quarantaine d’années qui a introduit le champignon en Europe. il semeble toutefois qu’un faible pourcentage de frênes puisse résister à cette maladie, ce qui devrait permettre le maintien de l’essence dans nos forêts.

Un excellent article sur ce fléau ici.

Le houblon Humulus lupulus Cannabacées

Une plante de la même famille que le chanvre indien ou marijuana… mais sans le THC!

La partie active du houblon est le strobile ou cône femelle

houblon naturopathie phytothérapie oreiller de houblonRetenons deux grandes propriétés pour le houblon: sédatif et estrogénique

Sédatif d’abord: une infusion de houblon est un bon hypnotique. Une autre manière de profiter des  vertus du houblon sur le sommeil: deux ou trois poignées de houblon séché dans un linge glissé sous votre taie d’oreiller garantissent un sommeil de marmotte! Changer les cônes tous les 8-10 jours.

Une autre propriété du houblon : son effet estrogénique, c’est à dire semblable à l’hormone féminine (estrogène). Le houblon soulage ainsi les bouffées de chaleur de la ménopause, mais attention: il convient d’observer les mêmes précautions qu’avec un traitement substitutif allopathique! (certains auteurs décrivent un effet protecteur sur le cancer du sein , mais les résultats des études ne sont pas assez tranchés pour permettre une conclusion définitive).

L’autre indication classique liée à cet effet estrogénique est l’augmentation de la lactation: l’époque où les jeunes mamans recevaient de la bière pour « faire monter le lait » n’est pas si lointaine… Le houblon a la caractéristique d’augmenter l’appétit, effet souvent redouté, parfois souhaité!

Le lamier blanc Lamium album Lamiacées

La partie utilisée est la fleur ou la sommité fleurie (le haut de la plante avec les fleurs).

Son nom vernaculaire Ortie blanche  est trompeur: elle n’a rien d’une ortie!  Si la forme des feuilles peut prêter à confusion, il s’agit d’une autre famille botanique, pas de poils urticants, floraison très différente.

lamier blanc ortie blanche phytothérapie pellicules pertesLe lamier est une plante un peu passée de mode, pourtant bien intéressante, de par son abondance et ses propriétés: la tisane facilite le travail du foie et des reins, et en applications externes, elle améliore les démangeaisons du cuir chevelu tout en réduisant les pellicules.

En Allemagne, les indications autorisées sont plus larges, puisq’elle est reconnue pour dégager les voies aériennes supérieures (nez bouché, toux grasse), les inflammations de la bouche et de la gorge, et aussi les « pertes blanches ».

Le lierre Hedera helix Araliacées

Encore plante (injustement) mal aimée!

On la nomme aussi bourreau des arbres, herbe à cors, herbe à cautère…

Malgré sa réputation de parasite, le lierre n’affaiblit pas l’arbre qui le porte: il le protège des variations brutales de température, apporte un humus riche, héberge une flore variée… Seule difficulté: lorsqu’il s’installe sur un mur,  qu’il protégera de l’humidité, ne pas le laisser s’immiscer dans la toiture: elle n’y résistera pas.

toux remèdes naturels
Hedera helix, baies immatures

La partie active est la feuille récoltée au printemps ou le bois.

Attention aux baies de lierre qui  sont hautement toxiques: elles sont émétiques (= font vomir ) et purgatives, et peuvent être responsables d’intoxications graves chez l’enfant, dès l’absorption de deux ou trois baies. Les intoxications  peuvent être mortelles . Cette toxicité rend d’autant plus surprenant une prescription ancienne (1864) d’un médecin anglais, confirmant un usage de l’Antiquité: 7 à 11 baies macérées dans de l’eau permettraient d’éliminer des calculs rénaux… une expérience à ne tenter  sous aucun prétexte! Les baies sont délaissées des oiseaux, mésanges et grives en picorent parfois, en dernier recours. Mais le lierre est réputé toxique pour les oiseaux de volière.

Les feuilles de lierre récoltées au printemps peuvent se prendre en tisane contre la toux , même dans la coqueluche que peu de médicaments savent apaiser, ainsi que le bois.

Alors que les feuilles fraîches sont parfois irritantes, elles sont recommandées sous forme sèche comme adoucissant de la peau. Et le lierre a eu son heure de gloire dans des produits « amincissants » ou présentés comme anti-cellulite!

Et l’écorce était jadis employée « contre la syphilis et les dartres » selon le dictionnaire Dorvault de 1945, qui ne donne pas la formule du remède.

Les Anciens utilisaient le lierre comme plante médicinale, parée de vertus magiques. Dioscoride le recommande aussi pour décolorer les cheveux. Le lierre est avec la vigne  un des attributs de Dionysos. Parmi ses indications traditionnelles: une couronne de feuilles fraîches calme les effets d’une consommation excessive d’alcool… L’emploi contre les céphalées est repris par Matthiole au XVIème siècle, sous forme de macérat huileux.

Un vieux remède oublié (mais le lierre n’a pas été surnommé l’herbe-aux-cors pour rien): faire macérer une feuille neuf jours dans du vinaigre, puis appliquer pendant 9 jours sur le cor au pied.

Savez-vous que le lierre est une lessive naturelle? Riche en saponines, vous pouvez préparer une lessive liquide:

150g de feuilles en décoction dans 2 litres d’eau (laisser bouillir 20 minutes), filtrer et utiliser pour le lavage. (source: le chemin de la nature)

La matricaire Matricaria recutita (ou Chamomilla recutita) Astéracées

Une des nombreuses camomilles!

La partie médicinale est la fleur. C’est la tisane familiale par excellence : en dehors de l’allergie (rarissime), on ne lui connaît pas de contre-indication.

matricaire chimiothérapie naturopathie phytothérapie
Matricaire Chamomilla recutita

Elle est calmante, anti spasmodique, elle facilite la digestion. Elle soulage les règles douloureuses, rend grandement service aux migraineux (migraines digestives, migraines liées à la fatigue et aux contrariétés notamment).

En usage externe, elle calme les démangeaisons et les coups de soleil, soulage les inflammations de la bouche (les aphtes, mais aussi les lésions provoquées par certaines chimiothérapies: une simple infusion de matricaire additionnée de bicarbonate de sodium calme l’inflammation et la douleur), l’infusion soigneusement filtrée apaise l’irritation des yeux et des paupières.

La tisane de matricaire ne présente pas de contre-indications ou de précautions particulières (en dehors d’une allergie aux astéracées), mais son huile essentielle est à éviter chez la femme enceint.

La mauve Malva sylvestris Malvacées

Mauve
Mauve

Dans la mauve, on utilise la fleur et la feuilles séchées pour préparer des tisanes. Riches en mucilages, elles ont des propriétés reconnues pour adoucir la gorge et calmer les toux d’irritation, calmer les brûlures d’estomac et pour lutter contre la constipation: c’est un laxatif doux adapté aux futures mamans et aux enfants.

mauve phytothérapie naturopatheVous pouvez aussi utiliser l’infusion pour tamponner la peau en cas de démangeaisons, d’eczéma, et une fois bien filtrée et tiédie, lotionner les yeux fatigués par une atmosphère enfumée, une baignade en mer ou en piscine, un effort visuel prolongé…

La mauve fait partie des « espèces pectorales », avec le bouillon-blanc, la violette, le tussilage, le coquelicot, la guimauve et le pied-de-chat.

Ne laisser pas reposer trop longtemps votre infusion: les mucilages vont épaissir et transformer le liquide en une gelée!

Un mélilot Melilotus albus Fabacées

Trèfle des chevaux

Le mélilot est une belle plante mellifère… encore une mauvaise herbe qui porte mal son nom!

mélilot blanc
Melilotus albus

Ce n’est pas l’espèce officinale, mais en partage les propriétés: le mélilot augmente le débit veineux et le débit de la lymphe, il lutte contre les œdèmes. Comme toujours dans les cas des « jambes lourdes », les études cliniques sont décevantes, mais l’usage est bien établi. La présence de coumarines fait craindre des interactions avec les médicaments anticoagulants: soyez prudents si vous êtes concernés.

Cette indication sur la circulation veineuse et lymphatique n’était pas mise en avant par les auteurs anciens: le mélilot était surtout connu pour son effet sédatif, voire hypnotique selon la dose et la sensibilité individuelle, diurétique, digestif, antispasmodique.

L’infusion aujourd’hui s’utilise peu, par crainte d’un effet toxique sur le foie (mais il faudrait des doses colossales: 5 à 18 fois supérieures aux doses usuelles, selon Bruneton!) et par confusion entre la coumarine (qui n’est pas anti coagulante par elle-même) et un de ses dérivés, le dicoumarol* (qui est bien anticoagulant !), produit seulement si le mélilot est contaminé par un champignon. Ce dicoumarol est responsable de la maladie « du mélilot gâté »: hémorragies parfois mortelles chez le bétail consommant un mélilot mal conservé.

En usage externe en revanche, le mélilot fournit un collyre pour les inflammations des paupières, les irritations. Des auteurs ont proposé des emplâtres contre les rhumatismes (hélas, les composants sont introuvables ou presque: gomme ammoniaque, suif…)

Un bouquet séché est réputé éloigner les mites des lainages!

*les anticoagulants « anti vitamine K » utilisés en médecine dérivent de ce dicoumarol.

Les menthes Mentha x sp Lamiacées

mentheLes menthes sont des espèces communes, il suffit de froisser leurs feuilles pour reconnaître leur odeur caractéristique.

Elles sont comestibles.

On dit parfois de la menthe qu’elle est menteuse, tant sa faculté d’hybridation est grande.

La menthe est entourée de nombreuses légendes: Chez les Grecs, la nymphe Minthe tenta de séduire Pluton, et sa femme la  métamorphosa en menthe, Pluton ne pouvant exorciser ce sort cruel lui donna son parfum suave. Dans une variante, Perséphone  surprenant les ébats entre Pluton et la nymphe piétine celle-ci jusqu’à la réduire en miettes: ainsi naquirent les plants de menthe… Les jeunes filles en tressaient leur couronne de mariée.

Dans l’Antiquité toujours, Pline conseille de porter une couronne de menthe pour favoriser le travail intellectuel.

Les propriétés de la menthe sont fort nombreuses: les feuilles de menthe froissées appliquées sur le front soulagent les maux de tête (de même avec une goutte d’huile essentielle de menthe poivrée). Une tisane de menthe est tonique, digestive, carminative, antispasmodique. Même La Revue Prescrire, pourtant peu encline à admettre les vertus des plantes, reconnaît du bout des lèvres l’intérêt de la menthe poivrée dans les troubles intestinaux bénins récurrents (1)!

La menthe pouliot Mentha pulegium (du latin Pulex puce) est réputée insectifuge: dès l’Antiquité romaine, cette menthe était mêlée à litière des animaux, au Moyen-Âge elle parfumait les jonchées répandues sur le sol en terre battue des habitations, aujourd’hui encore, l’huile essentielle de menthe pouliot est un bon insectifuge pour vos animaux domestiques (dans leur panier , en vérifiant au préalable que l’animal en accepte l’odeur). Cette propriété insectifuge est réelle avec toute les menthes: vous pouvez porter un bouquet de menthe pour éloigner les moustiques, ou en frotter la peau!

Le nénuphar jaune Nuphar lutea Nymphéacées

Le nénuphar jaune est répandu sur les eaux calmes ou dormantes.La partie utilisée est le rhizome.

Il est aujourd’hui utilisé sur la base des  usages traditionnels, mais n’a pas fait l’objet d’études pharmacologiques. L’ Agence du médicament lui avait reconnu pour un usage externe, intégré à des préparations cosmétiques, des propriétés adoucissantes de la peau, pour les crevasses, gerçures, les brûlures superficielles, l’érythème fessier du nourrisson etc.

Les auteurs anciens sont plus diserts à son égard: les médecins de l’Antiquité et du Moyen-Âge lui ont fait une réputation d’anaphrodisiaque, et Henri Leclerc le confirme au début du XXème siècle: le nénuphar peut « calmer l’excitation sexuelle et conjurer les phantasmes (sic) malsains » (ref 1)

Certains présentent les graines comme comestibles, en les faisant éclater comme les pop corns.

nénuphar anaphrodisiaque naturopathie

Les orties Urtica dioïca, U.urens, Urticacées

ortie plante médicinale plante comestible

Vous les connaissez: les feuilles piquent!  c’est pourtant une plante comestible (se munir de gants pour la cueillette) car les poils urticants sont inactivés par la cuisson. (les conseils de cueillette, c’est par ici). C’est une plante médicinale: les parties utilisées sont les feuilles et les racines, avec des indications différentes.

L’ortie est riche en minéraux, en vitamines ( B9 ou acide folique, C, E), en protéines, en anti-oxydants. Elle contient aussi du fer , en quantité extrêmement variable selon la saison, la nature du sol, l’exposition au soleil . (Gardons à l’esprit que le fer végétal est mal assimilé par l’organisme, le fer « héminique » animal est mieux absorbé). un article par là. Avantage dans l’ortie: la présence simultanée de vitamine C qui facilite l’absorption du fer, et d’acide folique qui intervient dans la synthèse des globules rouges.

ortie naturopathie minéralisation

Parmi ses minéraux, le bore (à condition que le sol en contienne encore!) qui facilite la minéralisation osseuse associé au calcium: une bonne plante pour garantir des os solides. L’ortie contient aussi du sélénium et de la silice, du phosphore, du magnésium en quantité très inconstante, du potassium, du cuivre, du manganèse…

La feuille d’ortie est riche en protéines (5-6 g pour 100g de feuilles fraîches), et surtout contient les 8 acides aminés dits essentiels (alors que les céréales sont dépourvues de lysine et que les légumineuses sont dépourvues de méthionine).

Qui a dit « mauvaise herbe »? La feuille d’ortie est un complément multivitamines et minéraux à elle seule! une recette ici de tarte aux orties

En tisane, la feuille d’ortie est diurétique du fait de ses minéraux, et surtout minéralisante: c’est la plante de base des consolidations de fractures, des cheveux et ongles fragiles, et bien sûr du maintien de la masse osseuse.

Loin des indications officielles, mais une utilisation de bonne femme (et une nouvelle fois, je l’écris avec grand respect car un remède bonne femme est étymologiquement un remède bonne fame, c’est-à-dire de bonne renommée): la feuille d’ortie facilite la montée de lait. Si aujourd’hui peu de jeunes mamans en prennent, les éleveurs ne s’y trompent pas… l’ortie est un complément classique des vaches laitières qui ont la chance de vivre dans un élevage orienté bio.

La racine d’ortie a des indications très différentes: elle soulage les symptômes liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate.

Et n’oublions pas le purin d’ortie, fongicide, insecticide et régulateur de croissance, le favori des jardiniers qui se préoccupent de l’environnement… En outre, l’ortie est un dépolluant naturel car elle assimile l’excès d’azote du sol.

Et un dernier usage: la tige d’ortie est une fibre textile souple, légère et résistante. Son usage est attesté aux XVII et XVIIIème siècles en Europe de l’Est. Supplantée par le coton, elle revient en force, dans le cadre des recherches de textiles écologiques. Une alternative intéressante car l’ortie est peu gourmande en eau, alors qu’il faut environ 10 tonnes d’eau pour fabriquer un kilo de coton… pensez que votre T shirt a nécessité environ 2500 litres d’eau!

La persicaire tachetée Persicaria maculosa Polygonacées

Son ancienne dénomination Polygonum persiacaria la rattache aux renouées: elle est aussi connu sous les termes de pied rouge ou renouée persicaire.

Son nom de persicaire lui vient de la forme des feuilles, semblables aux feuilles de pêcher.

Les graines peuvent être données aux volailles. Elle produit une teinture orange qui fut utilisée pour le lin.

Tache en forme de chevron, ou de fer à cheval sur la feuille de persicaire tachetée

Cazin (1868) rapporte des usages médicinaux: une décoction de persicaire dans du vin rouge, en cataplasmes renouvelés toutes les heures, viendrait à bout de la gangrène… Elle était aussi conseillée dans de multiples cas, diarrhées, hémorragies (ce qui se conçoit par ses principes astringents), mais aussi jaunisse, scorbut…

Les feuilles sont faciles à reconnaître, avec leur chevron pourpre ou brun. Elles seraient comestibles, en tout cas dépourvues de toxicité!

Le plantain lancéolé Plantago lanceolata et le Plantain majeur P.major Plantaginacées

Herbe-aux-cinq-coutures

Une jolie légende: si vous voulez vous faire aimer de qui vous ignore, faites toucher à la personne de l’herbe de plantain, et dévotement, portez l’herbe à votre cou…

plantain, allergie, phytothérapie, naturopathie

La plante fraîche calme toutes les piqûres (orties, moustiques…) : il suffit de froisser les feuilles et de frotter la zone atteinte.

Il existe un collyre à base de plantain destiné aux irritations (piscine, vent, écrans…)

En infusion, les parties aériennes sont des anti inflammatoires des voies respiratoires: rhumes, allergies, sinusites, toux…

La pulicaire Pulicaria dysenterica Astéracées

pulicaire
Pulicaire

Pulicaria vient du latin Pulex : puce, car la plante séchée était utilisée comme insectifuge ou insecticide dans les niches et les étables.

C’est une plante astringente, très efficace contre les diarrhées: au XVIIIème siècle, Linné rapporte que les Russes avaient soigné une épidémie de dysenterie lors d’un siège contre les Turcs. (dans cette indication, le remède est constitué par une décoction de racines et sommités fleuries).

pulicaire diarrhée naturopathieLes fleurs sont vulnéraires (=cicatrisantes), parfois mêlées à l’arnica, pour les contusions et les hématomes.

La ronce Rubus fruticosus Rosacées

Vous connaissez son fruit, la mûre sauvage si délicieuse .

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Mûre sauvage, fruit de la ronce

Ne confondons pas la ronce, arbrisseau épineux de la famille des rosiers, avec les mûriers (noirs ou blancs), qui sont des arbres, portant des fruits semblables aux mûres sauvages, et dont les feuilles (pour le mûrier blanc) nourrissent les vers à soie… Pour une fois, référons nous à l’anglais: la mûre sauvage, c’est la blackberry, la mûre du mûrier , c’est la mulberry, qui peut-être white ou black, qu’on trouve souvent séchée.

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Mulberry, mûre du mûrier

Riche en tanins, la feuille de ronce est un appoint dans le traitement des diarrhées. Mais la tradition le destine aux maux de gorge et aux toux d’irritation.

La feuille de ronce fermentée puis séchée produit un succédané de thé tout à fait acceptable.

Les fruits sont comestibles bien sûr, riches en anthocyanes, ils sont anti oxydants. Ils représentent une bonne source de fibres, de vitamines C et E, et de manganèse.

Une plante de la même famille a la réputation de faciliter l’accouchement: c’est le framboisier Rubus idaeaus (ronce du mont-Ida). Si aucune étude n’a prouvé l’efficacité du remède, la tradition est bien ancrée, et la plante est, avec certitude, non toxique: pas d’hésitation si vous êtes concernée (infusion de feuilles, 2-3 tasses par jour, le dernier mois de grossesse… malheureusement, les framboises n’ont pas les mêmes vertus!)

La salicaire Lythrum salicaria Lythracées

salicaire médecine naturelle naturopathieUne plante très repérable! elle contient beaucoup de nectar et attire les insectes. Ses graines deviennent collantes par temps humide, et adhèrent au plumage des oiseaux qui les disséminent.

Les sommités fleuries (la partie fleurie) est astringente: c’est une anti diarrhéique efficace.

On peut la sécher pour les infusions, ou la réduire en poudre pour appliquer sur les intertrigos (« pied d’athlète ») ou préparer une teinture pour usage externe à partir de la plante sèche (1 partie de plante sèche pour 5 d’alcool à 60°, macération 15 jours environ, filtrer et conditionner).

Les saules Salix purpurea, spp. L, Salicacées

Linné en dénombrait 29 espèces, aujourd’hui les botanistes en répertorient environ 500.

Dans la même famille, on trouve les peupliers: chatons pendants pour les peupliers, dressés pour le saule. Il est  habituel d’étêter les saules: ce sont des têtards.  Ces saules têtards sont des habitats pour beaucoup d’animaux, mammifères, oiseaux… car la cicatrisation de la repousse crée des cavités et des excroissances naturelles: un véritable écosystème à lui seul! On nomme osiers les saules à rameaux longs et flexibles. Les saules contiennent tous des principes actifs analogues.

La partie active est l’écorce de tige, les feuilles sont beaucoup moins concentrées. Les chatons sont réputés anaphrodisiaques (qui calme les ardeurs sexuelles, décrit par Jacques Daléchamps au XVIème siècle), calmants et antispasmodiques.

L’écorce de saule contient une substance remarquable: l’acide salicylique. La décoction de saule est, comme l’aspirine, antiinflammatoire, fébrifuge, antalgique… si la décoction de saule est peu irritante pour l’estomac, il n’en est pas de même pour l’acide salicylique: ce constat a conduit à synthétiser un produit dérivé, l’acide acétylsalicylique, plus connu sous le nom d’aspirine.

Les décoctions d’écorce de saule gardent un grand intérêt pour soulager maux de tête, inflammation, fièvre: moins agressif que l’aspirine, le saule est efficace. À réserver à l’adulte, contre-indiqué chez la femme enceinte, l’enfant (car pas de dosage possible), en association avec les anticoagulants, en cas d’allergie aux salicylés.

Vous pouvez préparer une teinture (une part d’écorce de tige pour 4 parts d’alcool), du vin de saule (50g par litre de vin blanc).

saule phytothérapie écosystème
Saule pleureur

Les racines filtrent l’eau, le saule épure son environnement. Son système racinaire vigoureux protège les berges.

 

 

 

Le sureau noir Sambucus nigra Adoxacées (ex- caprifoliacées)

Arbre-de-Judas

Attention à ne pas confondre avec le sureau hièble: le sureau noir a un tronc ligneux, comme un arbre.

Feuilles et seconde écorce sont réputées toxiques (elles contiennent une faible proportion d’acide cyanhydrique).

Les fleurs font d’excellents beignets, au printemps, ainsi qu’un cordial réputé (en Angleterre), et un sirop rafraîchissant.

Les fleurs séchées sont diurétiques, sudorifiques et fluidifient les sécrétions bronchiques: c’est la tisane des rhumes, des états grippaux.

Les fruits crus sont irritants voire toxiques. Un extrait de fruits est néanmoins immunostimulant.

Le sirop de sureau est un bon anti-viral: à préparer pour un état grippal cet hiver.

Faire bouillir 10 minutes un litre d’eau avec 1kg de sucre, ajouter 1 kg de baies sans tiges pour 4 minutes, 30g d’acide citrique (pour la conservation) ou le jus de 2 citrons ou des clous de girofle, laisser tiédir , filtrer, porter de nouveau à ébullition et stocker en bouteilles stérilisées.

Se conserve 6 à 9 mois environ. Pour les rhumes, états grippaux: 3 à 6 cuillerées à soupe par jour.

La viorne obier Viburnum opulus Adoxacées

Une plante arbustive dont vous connaissez les variétés cultivées sous le nom de « boule-de-neige » . Celle-ci se nomme aussi bois à quenouille, rose de Guèldre, sureau d’eau…

Opulus se rapporte à l’ancien nom de latin de l’érable champêtre (les feuilles se ressemblent un peu).

Les baies si appétissantes sont délaissées par les oiseaux: comme les feuilles, les fruits sont purgatifs et émétiques ,  mais employés comme toniques cardiaques dans la tradition slave.

Dans la tradition médicinale occidentale, l’écorce de viorne obier est une « plante gynécologique » pour reprendre l’expression du Dr Leclerc: antispasmodique de l’utérus, indiquée dans les règles douloureuses, les hémorragies de la ménopause, les spasmes consécutifs à l’accouchement… ces indications traditionnelles, quelque peu abandonnées aujourd’hui, sont de nouveau étudiées (et confirmées!): une étude ici par exemple.

Une particularité de la fleur de viorne obier: les fleurs centrales, toutes petites, sont les fleurs fertiles, avec pistils et étamines. Les « fleurs »périphériques, si éclatantes avec leurs grands pétales blancs, sont stériles, et servent à attirer les insectes!

Et le nom russe, kalina, est à l’origine de la chanson traditionnelle kalinka (petite baie d’obier). La viorne obier est un symbole national de l’Ukraine.

Bibliographie succincte

1- Premiers choix Prescrire Troubles intestinaux bénins récurrents , actualisation août 2017, 5 pages.

Breverton’s Complete herbal, based on Culpeper’s The English Physitian and Compleat Herball of 1653 Éd.Quercus

Jean Bruneton Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales , 5ème édition, ED.Lavoisier Tec et doc

Dorvault L’officine, répertoire général de pharmacie pratique dix-huitième édition-bis, Vigot frères, éditeurs, 1945

Michel Dubray Guide des contre-indications des principales plantes médicinales  Ed.Lucien Souny

Jacques Fleurentin, Jean-Claude Hayon, Jean-Marie Pelt   Des plantes qui soignent Ed. Ouest-France2018

Paul-Victor Fournier Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France Éd. Omnibus

Francis Hallé Stéphane Hette Frédéric Hendoux Les arbres amoureux  Ed. Salamandre, 2018

Bill Laws Fifty plants that changed the course of History Firefly Books

Marie-Antoinette Mulot herboriste diplômée  Secrets d’une herboriste Éd.Dauphin

Aline Raynal-Roques La botanique redécouverte Ed.Belin INRA 2008

Henriette Walter , Pierre Avenas La majestueuse histoire du nom des arbres Ed.Robert Laffont, 2017

Max Wichtl, Robert Anton Plantes thérapeutiques Tradition, pratique officinale, science et thérapeutique  2ème édition, Ed.Lavoisier, Tec et doc

 

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