Diffuser des huiles essentielles: règles de bon usage

Diffuser des huiles essentielles (HE) dans la maison est agréable et permet , selon les cas, d’assainir l’atmosphère, de créer une ambiance relaxante, propice à la concentration ou d’éloigner les insectes par exemple. Mais il est indispensable de respecter quelques précautions: une HE est une substance active qui contient plusieurs dizaines de molécules différentes.

Une chromatographie d’HE (Citron jaune zeste): chaque « pic » correspond à une molécule

Quel appareil choisir?

Ne diffusez jamais d’HE en les faisant chauffer: les jolis diffuseurs d’ambiance constitués d’une bougie surmontée d’un petit récipient sont à proscrire absolument. La combustion des HE produit des polluants irritants, toxiques: benzène, formaldéhyde, hydrocarbures aromatiques polycycliques (ce sont des substances qui se dégagent aussi de la fumée de tabac, des gaz d’échappement, de la combustion des charbon…). On bannit donc les bâtonnets d’encens, le papier d’Arménie, les bougies parfumées etc

Pour diffuser des HE, vous avez le choix entre des diffuseurs à ultra-sons (avec ou sans eau) ou des sprays (diffuseurs sans gaz propulseur).

Les sprays

Ce sont les formes les plus connues: sprays assainissants, mais aussi relaxants, les fabricants ont élaboré différents mélanges. La plupart contiennent un grand nombre d’HE, ( issus ou non d’une production biologique, d’une dizaine à plus de 40!), de l’alcool (pour fluidifier et dissoudre les HE), des molécules dites naturelles (linalol, géraniol…) qui servent de conservateurs et parfois des substances de synthèse (parfum, benzoate de benzyle…, même dans des produits qui portent un label bio).

Les huiles essentielles: préparer ses mélanges

Avec un diffuseur, vous pouvez préparer vous-même des mélanges d’huiles essentielles qui agiront en synergie: 2 ou 3 suffisent. Choisissez une HE qui sera dominante et une ou deux autres pour moduler l’action et la fragrance de l’ensemble. Il n’est pas utile d’ajouter de conservateurs, solvants, parfums…

Par exemple, voici trois groupes d’HE, toutes assainissantes. Choisissez-en une ou deux, dans des groupes différents pour avoir une action complémentaire. Il ne s’agit évidemment d’une liste exhaustive. Veillez toujours à éviter certaines HE irritantes en diffusion, ou contenant une proportion de cétones importante (demandez absolument conseil à un professionnel compétent en aromathérapie).

Des idées de mélanges: HE pamplemousse avec un peu de HE arbre à thé, ou HE Eucalyptus radié avec un peu de HE lime et un peu de HE Pin de Patagonie… Les proportions sont à choisir selon vos goûts! Les quantités à utiliser dépendent du type de diffuseur. Deux ou trois HE suffisent, pour garder un parfum agréable et une activité optimale.

Groupe des Citrus

HE Pamplemousse, zeste Citrus paradisii la plus assainissante du groupe

HE Lime, zeste Citrus aurantifolia tonique

HE mandarine, zeste Citrus reticulata, apaisante

HE citron jaune, zeste Citrus limonum

Groupe des myrtacées et lauracées

Arbre-à-thé

HE Eucalyptus radiata feuilles et rameaux

HE arbre à thé Melaleuca alternifolia feuilles: une odeur pas toujours appréciée, très assainissante, à associer avec un Citrus

HE Ravintsara Cinnamonum camphora ct cinéole feuilles

HE niaouli Melaleuca quinquenervia, feuilles

Groupe des abiétacées:

Abies alba (Cr Sylvain Piry)

HE sapin argenté Abies alba ou pectinata aiguilles

HE sapin baumier Abies balsamea aiguilles

HE sapin de Sibérie Abies sibirica aiguilles

HE Pinus de Patagonie Pinus pinaster aiguilles: partenaire idéal d‘Eucalyptus radiata

HE Pin sylvestre Pinus sylvestris aiguilles

Pour diffuser en toute sécurité

On ne diffuse pas d’HE quand on est dans la pièce: avec un spray, quelques pressions seulement et sortir de la pièce, ce qui exclut un usage juste avant de monter en voiture par exemple (en outre, les sprays sont conçus pour être utilisés dans des pièces de 20 m2 environ, donc si vous tenez vraiment à les utiliser en voiture ayez vraiment la main très légère… )

Fermer la porte, laisser agir une demie-heure puis aérer au moins 10 minutes. Cette précaution est absolument indispensable si vous avez de jeunes enfants, des personnes fragiles à la maison. Pour diffuser dans la voiture par exemple, pensez à bien ouvrir les vitres après avoir débranché l’appareil !

Il est inutile de prolonger ou de multiplier les diffusions dans la journée: une demie-heure deux fois par jour est amplement suffisant.

Une précaution toute simple si vous avez des animaux domestiques: déposer une goutte de chaque HE sur un papier, et observez le comportement de votre chat ou de votre chien… certains n’apprécient pas du tout!

Certaines substances contenues dans les HE (les terpènes notamment) ont un potentiel allergisant: attention à ne pas appliquer ou vaporiser accidentellement vers la peau. Si c’est le cas, appliquer une huile végétale sur la zone de contact (pour diluer l’HE) puis laver soigneusement. Les allergies respiratoires, si les conditions d’utilisation sont bien respectées, sont beaucoup plus rares. Elles sont plus fréquentes en cas d’oxydation des HE : chauffage, mauvaise conservation…

Le mot de la fin

à Marc-Aurèle

En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d’être heureux.

Marc Aurèle (121-180)

Bibliographie

Michel Faucon Traité d’aromathérapie scientifique et médicale Sang de la Terre

Gigon, F. Focus sur l’utilisation des huiles essentielles (HE) en diffusion aérienne. Quoi de nouveau sur la tolérance des HE dans l’air ambiant ? Phytothérapie17, 116–119 (2019).

Fabienne Millet Le guide Marabout des huiles essentielles Ed Marabout

Auteur de l’article: Sabine Robin, docteur en Pharmacie, DU phyto-aromathérapie clinique, DU micronutrition exercice et santé.

L’auteur déclare ne présenter aucun conflit d’intérêt financier avec l’industrie pharmaceutique ou laboratoire ou fabricant de produits ou matériels médicaux.

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La salicaire

De grandes inflorescences roses qu’on ne peut pas manquer le long des cours d’eau.

Un peu de botanique

La salicaire Lythrum salicaria L. appartient à la famille des lythracées (c’est aussi la famille de la châtaigne d’eau Trapa natans ou du henné Lawsonia inermis.

C’est une grande herbacée qui atteint 1.5 m de haut, des lieux humides (marécages, bord des cours d’eau). Les feuilles ressemblent à des feuilles de saule, d’où son nom. Les inflorescences roses ou rouge violacé sont faciles à reconnaître, en grappes allongées. La salicaire fleurit tout l’été, elle nourrit généreusement abeilles et papillons. Les graines sont collantes: elles sont facilement transportées par les oiseaux, les petits mammifères .

On l’appelle aussi lysimaque rouge ou herbe aux coliques.

Une plante médicinale

Elle est un peu oubliée aujourd’hui, bien injustement. C’est une plante dépourvue de toxicité, en respectant un usage modéré.

Ses propriétés médicinales découlent de sa composition: c’est une plante astringente, riche en tanins.

Elle a prouvé son intérêt dans le traitement des diarrhées, son nom d’herbe aux coliques le dit fort bien. Les anciens herboristes la donnaient pour souveraine dans les cas d’intoxication alimentaire, même chez l’enfant. De nos jours, l’utilisation pédiatrique n’est plus habituelle, et la goût de la tisane (très astringent) peut facilement l’expliquer!

La salicaire a été largement employée au XIXème en Angleterre pendant les épidémies de choléra, et pendant la Première Guerre mondiale pour soigner les troupes allemandes de Macédoine, décimées par la typhoïde.

Elle a longtemps été considérée comme le remède des inflammations chroniques de la muqueuse intestinale, usage recommandé dans un dictionnaire pharmaceutique de 1945.

Comme la ronce, c’est un plante qui soulage les inflammations de la gorge, en gargarismes. Culpeper, médecin anglais au XVIIème siècle l’indiquait aussi pour les lavages oculaires: préserver la vision, calmer les irritations.

Par voie orale (en tisane, en extrait, en gélules), elle soulage les jambes lourdes et les hémorroïdes.

En usage local, l’utilisation traditionnelle en cataplasme sur des plaies, des eczémas a été confirmée par une étude récente sur la cicatrisation des brûlures. Elle est utilisée en application externe, sous forme de cataplasme, ou en imbibant une compresse de la infusion, sur les ulcères variqueux.

El comme son nom latin l’indique (voir plus bas), elle a des propriétés hémostatiques bien marquées. Au Moyen-Âge, les tisanes de salicaire étaient prescrites contre les saignements de nez et les règles hémorragiques. Une étude récente a identifié dans la plante un composant qui serait responsable de cet effet coagulant, sans pouvoir le vérifier en clinique.

Une plante comestible

Les jeunes pousses sont comestibles après cuisson.

Au Kamchatka, on fait fermenter la moelle des jeunes tiges pour en faire une boisson alcoolisée, et on consomme les feuilles en guise de thé.

C’était un fourrage estimé.

L’inutile et le superflu … (ou pas)

Etymologie

La salicaire a des feuilles qui ressemblent un peu à celles du saule Salix et elle pousse souvent avec les saules, près des rivières.

Le nom latin Lythrum vient d’un mot grec qui signifie sang caillé, référence à ses propriétés hémostatiques, car les médecins grecs en utilisaient les feuilles pour arrêter le saignement des soldats blessés sur les champs de bataille.

Les auteurs de l’Antiquité la confondent avec la Lysimaque, qui a aussi des propriétés astringentes.

Les bœufs, les belles et la vermine

Les Grecs ornaient les bêtes de labour de guirlandes de salicaire: ainsi les attelages formés pour les labours travaillaient en meilleure harmonie…

On brûlait aussi la salicaire pour éloigner les insectes et les parasites.

Et un usage oublié: la salicaire est une teinture pour les cheveux. Ce qui ne surprend pas tout à fait: la plante appartient à la même famille que le henné .

D’autres usages délaissés

Très riche en tanins, la salicaire a été utilisée à la place de l’écorce de chêne pour tanner les cuirs . Les tanins extraits des racines permettent aussi de protéger les filets de pêche.

Un colorant rouge extrait des fleurs a été utilisé dans des confiseries.

Et la salicaire repousse mouches et moucherons.

Préoccupante au Canada

La salicaire produit une grande quantité de graines: 3 millions de graines par pied. Son développement est devenu préoccupant au Canada et au Nord des États-Unis. C’est une plante invasive. Son développement semble s’être stabilisé depuis quelques années .

Le mot de la fin

à Henri Bosco (1888-1976)

Bientôt je percevais l’odeur de la salicaire, qui pousse en abondance sur le bord des étangs. Elle se disposait quelque part, en moi; et c’est autour de cette odeur, un peu vésicante, que réapparaissaient, un à un, et que se disposaient les premiers éléments du monde.

Le Jardin d’Hyacinthe, 1945

Bibliographie

Vafi, F. et al. Burn Wound Healing Activity of Lythrum salicaria L. and Hypericum scabrum LWounds (2016).

Pawlaczyk, I. et al. An acidic glycoconjugate from Lythrum salicaria L. with controversial effects on haemostasisJ Ethnopharmacol131, 63–69 (2010).

Breverton’s Complete herbal, based on Culpeper’s The English Physitian and Compleat Herball of 1653 Éd.Quercus

Jean Bruneton Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales , 5ème édition, ED.Lavoisier Tec et doc

Dorvault L’officine, répertoire général de pharmacie pratique dix-huitième édition-bis, Vigot frères, éditeurs, 1945

Michel Dubray Guide des contre-indications des principales plantes médicinales  Ed.Lucien Souny

Christian Duraffourd, Jean-Claude Lapraz Traité de phytothérapie clinique. Médecine et endobiogénie. Masson 2002

Jacques Fleurentin, Jean-Claude Hayon, Jean-Marie Pelt   Des plantes qui soignent Ed. Ouest-France2018

Paul-Victor Fournier Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France Éd. Omnibus

Bob Gibbons Bloomsbury pocket guide to wild flowers  Bloomsbury

W.Lippert, D.Podlech, M.Walters Wild flowers of Britain and Europe  William Collins

Marie-Antoinette Mulot herboriste diplômée  Secrets d’une herboriste Éd.Dauphin

Margot et Roland Spohn 450 fleurs Ed Delachaux et Niestlé

Max Wichtl, Robert Anton Plantes thérapeutiques Tradition, pratique officinale, science et thérapeutique  2ème édition, Ed.Lavoisier, Tec et doc

Auteur de l’article: Sabine Robin, docteur en Pharmacie, DU phyto-aromathérapie clinique, DU micronutrition exercice et santé.

L’auteur déclare ne présenter aucun conflit d’intérêt financier avec l’industrie pharmaceutique ou laboratoire ou fabricant de produits ou matériels médicaux.

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Le cassis

Un peu de botanique

Ribes nigrum.

Pour une fois, un arbuste qui n’a pas beaucoup de noms vernaculaires: c’est du cassis, c’est tout. En Allemagne, il est parfois désigné par Johannisbeeren, baies de St Jean, car les baies mûrissent vers la Saint-Jean, fin juin (on y adjoint la couleur: rouge pour les groseilles et noir pour les cassis). Et en France et en Belgique, on le nomme aussi raisin de Saint-Jean.

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Le buddleia, ou arbre-aux-papillons

Buddleia davidii

Un peu de botanique

Armand David 1826-1900

Le buddleia ou arbre aux papillons ou lilas d’été est un arbuste de la famille des Scrofulariacées. Il a été découvert au Tibet en 1869 par un missionnaire français, le père Armand David. Il a été décrit par Adrien René Franchet , un botaniste du Museum d’Histoire Naturelle de Paris en 1887.

Deux hommages en un seul nom

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