Le buddleia, ou arbre-aux-papillons

Buddleia davidii

Un peu de botanique

Armand David 1826-1900

Le buddleia ou arbre aux papillons ou lilas d’été est un arbuste de la famille des Scrofulariacées. Il a été découvert au Tibet en 1869 par un missionnaire français, le père Armand David. Il a été décrit par Adrien René Franchet , un botaniste du Museum d’Histoire Naturelle de Paris en 1887.

Deux hommages en un seul nom

Continuer la lecture de « Le buddleia, ou arbre-aux-papillons »

La guède, ou pastel des teinturiers

Le pastel des teinturiers

Voilà une petite fleur discrète qui a pourtant les honneurs d’un bas-relief de cathédrale: la waide, ou guède, ou pastel des teinturiers.

Quelques mots sur cette plante, je laisse de côté pour une fois ses propriétés médicinales qui font l’objet de recherches, surtout en Asie, pour des usages vétérinaires notamment. C’était le sujet de mon mémoire de DU Phyto aromathérapie clinique. Cet article est un résumé de la première partie .

Continuer la lecture de « La guède, ou pastel des teinturiers »

La flore de la Madeleine (3 juillet 2019)

L’aubépine

Le buis

Les chênes

Les cornouillers Cornus mas, C.sanguinea

Le cornouiller sanguin prend une couleur rouge à l’automne , ses rameaux au soleil sont rouges aussi. Si rouge qu’il a donné son nom à une pierre semi-précieuse, la cornaline.

Sa feuille est caractéristique: déchirée en deux, les parties restent attachées par les nervures.

Sa forte racine permet de lutter contre l’érosion des sols, les cornouillers sont mellifères, ils abritent oiseaux et petits mammifères.

Les fruits sont irritants pour le tube digestif, mais les oiseaux en sont friands. Les baies du cornouiller mâle seraient comestibles selon certains: attention, il faut que le fruit soit blet et de préférence cuit, sinon il est laxatif voire purgatif.

On en fait un vin de cornouilles. On le nomme aussi « couilles suisses ».

Inusité en phytothérapie, le cornouiller est utile en gemmothérapie: c’est le remède des traumatismes thoraciques fermés (hématome au niveau des côtes; côtes fêlées)

Ses propriétés irritantes (on dit vésicatoires: provoque des cloques) sont mises à profit pour faire tomber un ongle (après un choc, ou une mycose).

Ethnobotanique

Le bois est dur comme de la corne, avec une certaine élasticité : comme l’if , c’est un bois pour les arcs. Les Grecs l’utilisent deouis le VIIème siècle avant notre ère. Le cheval de Troie était en bois de cornouiller.

Dans la tradition orthodoxe, les fruits cueillis la veille de Noël (6 janvier) et consommés le matin suivant avec une gorgée de vin en faisant le signe de croix préservent la santé pour l’année.

Le colorant rouge issu des feuilles était le pigment utilisé pour les fez. La cornaline est rouge, comme le cornouiller.

La douce amère

Solanum dulcamara, Solanacées

Une plante de la famille de la pomme de terre, l’aubergine, la tomate, le tabac, la belladone. La douce-amère est toxique: ses noms vernaculaires sont clairs à cet égard: tue-chien, crève-chien… mais d’autres noms laissent entrevoir des usages médicinaux anciens : c’est la dose qui fait le poison. On la trouve aussi qualifiée d’herbe à la fièvre, herbe à la quarte, vigne de Judée.

Les premières mentions sont récentes : elles remontent à Matthiole en au XVIème siècle. Il relate que les femmes de Toscane utilise la douce amère comme cosmétique pour atténuer les taches sur la peau, et en préparation dans le vin comme laxatif.

Sa toxicité en a rendu l’usage obsolète : l’intoxication est grave dès l’ingestion d’une dizaine de baies chez l’enfant, symptômes retardés, 4 à 19 heures après l’ingestion, des troubles digestifs jusqu’au coma par détresse respiratoire.

douce-amère plantes toxiques naturopathie phytothérapie
douce-amère, plantes toxiques, naturopathie, phytothérapie

Les baies empoisonnent les oiseaux de volière (les oiseaux sauvages ne les consomment pas). 

L’érable sycomore Acer psudo platanus Acéracées

Voici un arbre dont le nom est bien trompeur: faux-platane du fait de la ressemblance entre les feuilles des deux espèces, et sycomore, par la ressemblance avec le figuier sycomore (et pour corser l’affaire, sycomore vient de deux mots grecs  συκον la figue et μóρον   la mûre.)

érable sycomore

En fin d’été, il est facile à reconnaître, avec ses feuilles alternes et ses fruits, des samares: les petits hélicoptères avec lesquels les enfants aiment jouer.

Il n’a pas de propriétés médicinales connues. C’est un arbre d’ornement et d’alignement (il y a environ 1500 érables faux-platane à Paris) et un arbre cultivé pour son bois noble.

Il est touché par deux maladies: les taches noires sur les feuilles sont dues à un champignon (Rytisma acerinum) , les feuilles tomberont précocement.

Une autre maladie, mortelle celle-là, est la maladie de la cime, due à un autre champignon, dont les spores sont redoutées par les écorceurs car responsables d’une maladie professionnelle.

Ces deux maladies semblent liées à la pollution atmosphérique, elles sont rares dans les forêts de feuillus, mais beaucoup plus fréquentes dans les parcs urbains. Elles semblent aussi favorisées par des périodes de canicule.

Depuis une dizaine d’années, l’érable est source de préoccupation pour les éleveurs de chevaux: il est considéré comme responsable d’une maladie saisonnière du cheval, la myopathie atypique, d’une mortalité élevée.

La myopathie atypique est attribuée à la présence d’une toxine dans les graines de certains érables. (des articles en français ici et )

Le frêne Fraxinus excelsior Oléacées

Le houx

L’if

Le lierre grimpant Hedera helix Araliacées

On la nomme aussi bourreau des arbres, herbe à cors, herbe à cautère

Malgré sa réputation de parasite, le lierre n’affaiblit pas l’arbre qui le porte: il le protège des variations brutales de température, apporte un humus riche, héberge une flore variée… Seule difficulté: lorsqu’il s’installe sur un mur,  qu’il protégera de l’humidité, ne pas le laisser s’immiscer dans la toiture: elle n’y résistera pas.

La partie active est la feuille récoltée au printemps ou le bois.

Attention aux baies de lierre qui  sont hautement toxiques: elles sont émétiques (= font vomir ) et purgatives, et peuvent être responsables d’intoxications graves chez l’enfant, dès l’absorption de deux ou trois baies. Les intoxications  peuvent être mortelles . Cette toxicité rend d’autant plus surprenant une prescription ancienne (1864) d’un médecin anglais, confirmant un usage de l’Antiquité: 7 à 11 baies macérées dans de l’eau permettraient d’éliminer des calculs rénaux… une expérience à ne tenter  sous aucun prétexte! Les baies sont délaissées des oiseaux, mésanges et grives en picorent parfois, en dernier recours. Mais le lierre est réputé toxique pour les oiseaux de volière.

Les feuilles de lierre récoltées au printemps peuvent se prendre en tisane contre la toux , même dans la coqueluche que peu de médicaments savent apaiser, ainsi que le bois.

Alors que les feuilles fraîches sont parfois irritantes, elles sont recommandées sous forme sèche comme adoucissant de la peau. Et le lierre a eu son heure de gloire dans des produits « amincissants » ou présentés comme anti-cellulite! (Elancyl)Et l’écorce était jadis employée « contre la syphilis et les dartres » selon le dictionnaire Dorvault de 1945, qui ne donne pas la formule du remède.

Les Anciens utilisaient le lierre comme plante médicinale, parée de vertus magiques. Dioscoride le recommande aussi pour décolorer les cheveux. Le lierre est avec la vigne  un des attributs de Dionysos. Parmi ses indications traditionnelles: une couronne de feuilles fraîches calme les effets d’une consommation excessive d’alcool… L’emploi contre les céphalées est repris par Matthiole au XVIème siècle, sous forme de macérat huileux.Un vieux remède oublié (mais le lierre n’a pas été surnommé l’herbe-aux-cors pour rien): faire macérer une feuille neuf jours dans du vinaigre, puis appliquer pendant 9 jours sur le cor au pied.

Savez-vous que le lierre est une lessive naturelle? Riche en saponines, vous pouvez préparer une lessive liquide:

150g de feuilles en décoction dans 2 litres d’eau (laisser bouillir 20 minutes), filtrer

Le lotier corniculé

Le marronnier d’Inde Aesculus hippocastanum Sapindacées

Le millepertuis

Le noisetier Corylus avellana

La pâquerette

L’arbre aux pagodes

Le sureau noir Sambucus nigra, Adoxacées

On l’appelle aussi arbre-de-Judas, car selon la légende Judas se serait pendu à un sureau. A un détail près: il n’y avait pas de sureau à Jérusalem il y a deux mille ans.

Attention à ne pas confondre avec le sureau hièble: le sureau noir a un tronc ligneux, comme un arbre.

Feuilles et seconde écorce sont réputées toxiques (elles contiennent une faible proportion d’acide cyanhydrique).

Les fleurs font d’excellents beignets, au printemps, ainsi qu’un cordial réputé (en Angleterre), et un sirop rafraîchissant.

Les fleurs séchées sont diurétiques, sudorifiques et fluidifient les sécrétions bronchiques: c’est la tisane des rhumes, des états grippaux.

Les fruits crus sont irritants voire toxiques. Un extrait de fruits est néanmoins immunostimulant.

Le sirop de sureau est un bon anti-viral: à préparer pour un état grippal cet hiver.

Faire bouillir 10 minutes un litre d’eau avec 1kg de sucre, ajouter 1 kg de baies sans tiges pour 4 minutes, 30g d’acide citrique (pour la conservation) ou le jus de 2 citrons ou des clous de girofle, laisser tiédir , filtrer, porter de nouveau à ébullition et stocker en bouteilles stérilisées.

Se conserve 6 à 9 mois environ. Pour les rhumes, états grippaux: 3 à 6 cuillerées à soupe par jour.

La symphorine Symphoricarpos albus Caprifoliacées

Les tilleuls


Les services écosystémiques

La notion de service écosystémique est apparue à la fin du siècle dernier. Elle part d’une évidence: l’Homme fait partie des écosystèmes. Un rapport de l’OMS en 2005 tente de déterminer les conséquences des évolutions récentes des écosystèmes sur le bien-être humain: Evaluation des écosystèmes pour le millénaire (MEA = Millenium Ecosystem Assessment) . Le rapport est disponible ici (en anglais).

Les services écosystémiques ont une valeur économique colossale, bien difficile à quantifier.

Je vous propose seulement une énumération rapide de ces services, ainsi qu’une micro-bibliographie pour les plus curieux d’entre vous.

Quatre services écosystémiques

Service de support

Ce sont les fonctions des écosystèmes, sans lesquelles rien n’existerait: biodiversité, cycle de l’eau, cycle de la matière.

Service d’approvisionnement

Alimentaire

C’est évidemment l’agriculture et l’élevage.

Eau

La ressource en eau est essentielle à la santé humaine. Un milliard de personnes sont concernées directement par le manque d’eau, 2.6 milliards par des problèmes d’assainissement. Chaque année, 32 millions de décès sont imputés à des infections transmises par l’eau. L’OMS estime que 54 millions de personnes sont affectées chaque années par des maladies liées à une contamination microbienne de l’eau.

Fibres textiles, matériaux de construction, matières premières pour l’industrie

Du coton, des fibres d’ortie, du lin, du bambou, du cuir…

Les écosystèmes fournissent des matériaux pour la construction, végétaux (bois, lianes) et minéraux (marbre, sable etc) , des métaux, dont l’exploitation a des conséquences suer l’nevironnement.

Ressources pharmaceutiques, biochimiques

Si l’essentiel des médicaments est issu de la synthèse chimique, la demande en matière première reste importante: pour ne donner qu’un exemple, le paclitaxel, un anti cancéreux, est produit par hémisynthèse à partir de l’if.

Les pharmacopées traditionnelles recourent à des remèdes végétaux, parfois animaux,dont la demande est toujours présente. Il est essentiel que les écosystèmes soient préservés: beaucoup de remèdes anciens tombent dans l’oubli quand la plante se raréfie ou disparaît (un exemple : la fleur de bleuet était traditionnellement utilisée pour apaiser les irritations oculaires, quand le bleuet était une plante banale adventice des champs de blé. Un remède aujourd’hui inusité sinon oublié.

Combustibles

Pétrole et charbon bien sûr, mais aussi bois: le manque de bois se fait cruellement sentir. Dans des régions où la demande en bois excède la ressource, les effets sur la santé humaine sont graves: l’eau n’est pas bouillie, les aliments insuffisamment cuits engendrent des maladies infectieuses, le temps, la fatigue passés à l’approvisionnement en bois pour les usages domestiques réduit le temps disponible pour la culture et les autres tâches essentielles.

Ressources génétiques

Le génome est reconnu comme une ressource naturelle: l’ONU l’identifie comme un bien commun lors du Sommet de la Terre en 1992. L’enjeu est le maintien de la biodiversité.

Services de régulation

Régulation du climat

Le phénomène d’îlots de chaleur, en ville notamment est une préoccupation des urbanistes. Les arbres apportent de l’ombre, refroidissent l’air nocturne grâce à l’évapo-transpiration, les zones herbeuses sont moins chaudes (et ne rejettent pas de chaleur) que les zones bétonnées, une friche, un talus limitent les effets de ruissellement, les inondations, les haies d’arbres réduisent l’impact du vent…

Régulation de la qualité de l’air

Les arbres utilisent le dioxyde de carbone de l’air pour le transformer en matière organique via la photosynthèse durant le jour, rejetant de l’oxygène dans l’atmosphère. Parallèlement, les arbres respirent, absorbant de l’oxygène et rejetant du dioxyde de carbone. Pendant toute la croissance de l’arbre, les rejets en oxygène sont supérieurs aux rejets en dioxyde de carbone, puis les rejets s’équilibrent.

Un autre phénomène avait laissé un grand espoir pour l’élimination des particules fines. Mais les études sont décevantes: si Londres voyait sa surface plantée passer de 20% actuellement à 30% , la réduction du taux de particules PM 10 ne serait que de 2%.

Régulation des flux hydriques et des phénomènes climatiques

La circulation de l’eau est régulée par la couverture des terres.

La végétation limite les conséquences des inondations, des glissements de terrain, des avalanches, des tempêtes

Régulation de la qualité de l’eau

Les marais décomposent les déchets grâce à des microorganismes.

Des techniques de phytoremédiation permettent , dans des conditions bien définies, de dépolluer des sols contaminé par des métaux, grâce à des plantes qui s’associent à des microorganismes.

Régulation de l’érosion

Un sol couvert de végétation est moins sujet à l’érosion. les végétaux enrichissent le sol, notamment en « fixant » l’azote.

Régulation de la pollinisation

La pollinisation est assurée par le vent et par des animaux: on pense aux insectes, mais ils ne sont pas les seuls. Les chauves-souris, les oiseaux interviennent aussi. Ils sont essentiels à la production végétale mondiale: plus du tiers de la production végétale dépend d’eux…

Régulation des parasites et lutte biologique

Quelques exemples simples: les jardiniers savent bien que les larves de coccinelles se nourrissent des pucerons. Les mésanges sont les prédateurs naturels de chenilles urticantes.

Services culturels

Ce sont les bénéfices immatériels, les avantages sans valeur marchande

Sur la santé humaine

Le contact avec la Nature améliore la santé mentale. Pour les citadins, la présence de parcs, jardins, espaces verts facilite la pratique d’activités physiques.

Sur le tourisme

Un enjeu économique aussi, qui nécessite une attention toute particulière pour la préservation des écosystèmes face au développement même du tourisme.

Sur la conscience esthétique, l’inspiration artistique et scientifique

La nature est source évidente d’inspiration pour les Arts, mais aussi les sciences: le biomimétisme a donné naissance au Velcro (comme les graines de bardane qui s’accrochent aux vêtements, aux hélices des drones (comme les fruits du sycomore) par exemple

Sur l’éveil spirituel et le sentiment d’appartenance

La nature est présente dans toutes les religions . Le patrimoine naturel , les coutumes qui s’y rattachent font partie de la culture populaire

Pour aller plus loin

Le site de la FAO

http://www.fao.org/ecosystem-services-biodiversity/fr/

Le site de SupAgro

http://www.supagro.fr

Le site de l’OMS

https://www.who.int/globalchange/ecosystems/fr/

Sur les services écosystémiques rendus par l’agriculture:

http://www.fao.org/3/a-ar584f.pdf

Sur la phytoremédiation:

Site consulté le 30 juin 2019

Jean-Louis Morel Phytoremédiation des sols contaminés La chimie et la nature, coordonné par Minh-Thu Dinh-Audouin, Danièle Olivier et Paul Rigny, EDP Sciences, 2012

Sur la santé

https://academic.oup.com/bioscience/article/68/2/134/4791430#107629561