Huiles essentielles, bien commencer

Une huile essentielle, qu’est-ce que c’est?

    Une huile essentielle (HE pour les intimes) est un extrait pur, naturel et total, résultat de la distillation par entraînement à la vapeur d’eau de la partie odoriférante des plantes ou arbres aromatiques. Après décantation, on obtient l’huile essentielle et la partie aqueuse contenant une faible proportion de principes actifs: l’hydrolat.

 Pour certaines plantes, les Citrus (les agrumes: citron vert ou jaune, orange douce, mandarine…), la substance aromatique est extraite par expression du zeste et on parle alors d’essence.

 Il existe un autre mode d’extraction, moins utilisé et généralement réservé aux fleurs: lenfleurage, qui donne une absolue.

Une autre technique est répandue pour un usage industriel: l’extraction au CO2 supercritique.

Une HE est donc un liquide plus ou moins visqueux, odorant, insoluble dans l’eau , plus ou moins soluble dans l’alcool et soluble dans les huiles végétales. Une HE est moins dense que l’eau (elle surnage dans le verre d’eau) sauf les HE de Cannelle écorce (Cinnamonum zeylanicum) , HE giroflier (Syzygium aromatica ou Eugenia caryophyllata) HE Carotte graine (Daucus carotta).

De quoi parlons-nous?

Tout d’abord, puisqu’il une HE est un extrait de plante, il faut connaître… le nom de la plante. Évident? pas tant que cela. Si je vous dis « camomille », est-ce que je pense à la camomille noble que d’autres appellent romaine, à la camomille matricaire que d’autres appellent allemande, à la grande camomille qui n’est pas une camomille au sens botanique? Mettons-nous d’accord, et parlons la langue universelle des dénominations: le latin. C’est la classification établie par Linné .

Si je dis Chamomilla nobilis, aucun doute permis: c’est de la camomille noble ou romaine dont il s’agit.

Ensuite, il faut connaître la partie de la plante utilisée: prenons l’exemple de la cannelle Cinnamonum zeylanicum: l’HE de l’écorce est riche en cinnamaldéhyde, très différente de l’HE de feuille, riche en eugénol.

Nous avons donc défini le nom de la plante et la partie utilisée. Ce n’est pas encore suffisant!

Le chémotype

Une même plante donne des HE différentes selon son lieu de culture, le climat, le sol, l’altitude…  Pour les caractériser, il faut faire appel à une analyse chimique des chaque HE, qui donne sa carte d’identité: la chromatographie. Ici un exemple de certificat d’analyse concernant le patchouli of16162

La fiche d’analyse donne bien sûr la chromatographie et son interprétation: ce qui permet de connaître précisément la composition de notre HE. Sur la première page, vous remarquez aussi un longue liste de produits: cela permet de s’assurer de l’absence de phyto sanitaires ou au minimum de leur teneur dans les limites acceptables. Cette analyse doit être réalisée, que l’HE soit bio ou non. C’est une garantie de qualité : n’hésitez pas à demander ce document. Malheureusement, peu de fabricants prennent la peine de le communiquer, d’autres ne font pas les analyses… comment alors pouvez-vous être sûr de la qualité de votre HE? de l’absence de pesticides dans le flacon? de la teneur en principes actifs? Les HE sont des produits naturels, d’une récolte à l’autre le produit sera différent! soyez exigeants et vigilants!

Prenons l’exemple du thym: une plante peu exigeante, qui pousse autant dans le Nord de la France que dans la garrigue provençale. Pourtant que de différences! Thymus vulgaris a pu développer des « stratégies » d’adaptation aux grandes chaleurs du bassin méditerranéen: l’essence produite pendant la nuit s’évapore dans la journée, engendrant un micro-refroidissement autour de la plante par exemple.

Chaque récolte, grâce à chromatographie, met ainsi en évidence un profil caractéristique: c’est ce qu’on appelle le chémotype. Pour le thym, le chémotype à thymol provient de plants situés à altitude de 5OOm environ: c’est le plus courant. Le thym ct carvacrol pousse au niveau de la mer, le thym ct linalo, plus rare, vers 13OOm en zone de montagne, plus humide, le thym ct thujanol, plus rare encore encore plus haut, et le thym ct géraniol, de moins en moins facile à trouver, encore plus en altitude. Toutes ces HE ont des profils caractéristiques, extrêmement différents les uns des autres. Elles proviennent pourtant de la même espèce botanique!

Bibliographie succincte

Michel Faucon Traité d’aromathérapie scientifique et médicale, fondements et aide à la prescription Ed Sang de la Terre

Fabienne Millet Le guide Marabout des huiles essentielles Se soigner par l’aromathérapie au quotidien Ed.Marabout

Pierre Franchomme, Roger Jollois, Daniel Pénoël l’aromathérapie exactement Encyclopédie de l’utilisation thérapeutique des extraits aromatiques Ed.Roger Jollois

Auteur de l’article: Sabine Robin, docteur en Pharmacie, DU phyto-aromathérapie clinique, DU micronutrition exercice et santé.

L’auteur déclare ne présenter aucun conflit d’intérêt financier avec l’industrie pharmaceutique ou laboratoire ou fabricant de produits ou matériels médicaux.

Dernière mise à jour 11 mai 2018

 

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