Ma phytothérapie pour l’hiver

Rhumes, maux de gorge, sinusites, enrouements, toux , gastro-entérites: les petites misères d’hiver sont en général bénignes, mais fatigantes et contagieuses.
La plupart du temps, les responsables sont des virus et les infections se transmettent facilement.

Les limites de l’automédication

D’abord ne pas nuire.Un rhume, une rhinopharyngite ne doivent pas s’éterniser . Vous devez consulter un médecin en l’absence d’amélioration au bout de quelques jours, en cas de fièvre…Même naturels, les remèdes à base de plantes présentent des contre-indications, des précautions d’emploi.Les brèves informations données ici ne sont évidemment pas un traité d’automédication, et ne sauraient se substituer à une consultation médicale.

Les Abiétacées

Abies alba
Sapin argenté

Datant de l’ère secondaire, ce sont des arbres très anciens, les plantes fournissant les premières HE apparues sur Terre. C’est la famille des pins, des sapins, des cèdres, des mélèzes.

La racine des Abies est un pivot enfoncé dans le sol : le sapin casse mais ne se déracine pas, alors que la racine des Pins s’étend en superficie, comme s’ils allaient vers les autres : ils emportent la terre avec eux.
Dans cet esprit, l’HE en massage sur les talons permet une  incorporation de la force vitale physique et psychique.

Les abiétacées partagent des propriétés communes:

    • anti inflammatoires ,
    • surrénaliennes (usage externe)
    • balsamiques,
    • antiseptiques aériens
    • toniques  et régulateurs

Le pin sylvestre, en phyto et gemmothérapie

Pin Sylvestre
Pinus sylvestris
Bourgeon de pin

En phytothérapie, on utilise le bourgeon
Le pin est un expectorant, il fluidifie les sécrétions bronchiques et il est aussi antiseptique. Par sa richesse en pinènes, le pin a une activité drainante et tonique.

En gemmothérapie, le bourgeon de pin est un stimulant du système immunitaire.

Chez l’enfant, à partir de 2 ans,  en association aux bourgeons de cassis Ribes nigrum et/ou d’églantier Rosa canina: en cures régulières, pour renforcer l’immunité.

La tisane est indiquée dès l’âge de deux ans.

Les HE de conifères : pins, sapins, épinette noire (aiguilles)

Toutes sont réputées stimuler les glandes surrénales, comme l’épinette noire.

Leur activité est liée à la présence plus ou moins importante d’α-pinène, limonène, acétate de bornyle .

Les HE de pin, sapin, épinette sont à utiliser par voie cutanée diluée (elles peuvent être irritantes pour la peau) ou en diffusion atmosphérique . Toutes ne sont pas adaptées à une utilisation par voie orale.

Ne pas utiliser avant 12 ans, chez la femme enceinte ou allaitante et en cas d’antécédents d’épilepsie ou de convulsions.

Attention au pin maritime (ou pin des Landes)  Pinus pinaster qui donne 3 HE (aiguilles, écorce et oléorésine ), l’oléorésine étant irritante.

HE Pin sylvestre Pinus sylvestris

Tonique stimulante, antiseptique et anti inflammatoire : bien adaptée aux infections qui surviennent dans un contexte de grande fatigue.

Les HE Pins, sapins, épicéas sont de bons assainissants en diffusion atmosphérique .Ils sont plutôt toniques, et à ce titre utiles pour lutter contre l’asthénie qui accompagne les infections virales .Leur richesse en terpènes les contre-indique chez l’enfant de moins de 7 ans (ou plus sagement en-dessous de 12 ans), ainsi qu’en cas d’épilepsie.

Parmi les HE de Sapin, HE Abies sibirica Sapin de Sibérie est la plus facile à manier : à la fois anti inflammatoire,antiseptique et antispasmodique, c’est une décongestionnante des bronches, à la fois fluidifiante et antitussive, tonique.Et traitement complémentaire des colites et colopathies fonctionnelles.

Le sapin argenté Abies alba est le plus riche en terpènes : anti inflammatoire et bronchites pour le registre physique,  et peurs, blocages, dépressions, terreurs nocturnes pour le registre mental.

HE Picea mariana (épinette noire) : l’HE du « coup de pompe ». L’épinette noire est un conifère canadien. Elle a des proprités cortison-like, d’où son intérêt dans les asthénies, elle stimule les gonades (Michel Faucon la propose dans les troubles de l' »andropause »), et elle agit sur les émotions, dans les hyperthyroïdies.

Les cupressacées

Le cyprès Cupressus sempervirens

Cyprès
Cupressus sempervirens

Le cyprès fait partie des 3 bois sacrés du temple de Salomon , avec le cèdre et le santal. C’est un arbre riche de symboles : mort et résurrection, ce qui explique sa présence dans maints cimetières,  immortalité. C’est le bois de la flèche d’Eros, du sceptre de Zeus…

La feuille du cyprès est veinotonique.

L’HE de cyprès est une décongestionnante veineuse vasoconstrictrice, cicatrisante : binôme HE Cyprès /HE Lentisque dilué sans une huile de calophylle soulage les hémorroïdes, le binôme HE Cyprès/HE Ciste sur une mèche absorbante arrête les épistaxis (saignements de nez).

L’HE est à la fois antitussive et antispasmodique (plante de l’asthme).

Dans un tout autre domine, elle rend service pour soulager la congestion pelvienne liée à un  adénome prostatique et dans l’énurésie de l’enfant: (2/3 cyprès, 1/3 pin sylvestre).

Par prudence, en raison d’un possible effet estrogen like, on l’ évite en usage régulier en cas de mastose ou de maladie liée aux estrogènes.

La noix de cyprès est riche en tanins qui expliquent son activité anti virale . Dans cette indication, c’est l’extrait de plante fraîche qui est efficace (sous forme gélule ou liquide). À associer avec des extraits d’échinacée, dans les rhumes, mais aussi dès les premiers signes de « bouton de fièvre ».

Noix de cyprès

Les myrtacées

Les eucalyptus Myrtacées

Eucalyptus globulus

Partie utilisée: feuille

En phytothérapie, l’espèce utilisée est l’Eucalyptus globulus. La tisane est assainissante de l’arbre respiratoire, régule les sécrétions bronchiques. Elle a aussi des propriétés anti diabétiques. Pour purifier l’atmosphère , laisser bouillir quelques feuilles d’eucalyptus.

En aromathérapie, il existe quatre huiles essentielles d’ Eucalyptus d’usage courant :

HE Eucalyptus citriodorata, dépourvue de cinéole, c’est une HE qui ne sent pas du tout l’eucalyptus. Elle est anti inflammatoire , et un peu anti infectieuse, également insectifuge. On l’utilisera davantage pour des indications articulaires en association avec d’autres HE anti inflammatoires ou relaxantes musculaires.

HE Eucalyptus dives (Eucalyptus mentholé) : moins connue, c’est une HE cétonique (pipéritone 50%), (donc neurotoxique et abortive) réservée à l’adulte en usage externe. Elle est très fluidifiante des sécrétions, et anti virale: un bon complément dans les toux grasses ou les bronchites.

HE très cétonique (donc neurotoxique et abortive: contre-indication ABSOLUE chez l’enfant, la femme enceinte et en cas d’antécédents d’épilepsie ou de convulsions)

HE Eucalyptus radiata (Eucalyptus radié) : la plus facile à manier.  Elle est fluidifiante, anti virale. Très adaptée à la voie cutanée diluée et à la diffusion atmosphérique, elle l’est moins aux inhalations humides du fait de son caractère un peu irritant . C’est l ‘eucalyptus des voies respiratoires hautes.

À éviter chez un asthmatique à forte concentration .

HE Eucalyptus globulus : la plus riche en 1-8 cinéole, à associer à une HE à terpinéol ou terpinène ol-4 pour renforcer sur action anti virale. C’est la plus fluidifiante des HE Eucalyptus ; c’est l’eucalyptus des voies respiratoires basses. À réserver à l’adulte et l’enfant de plus de 12 ans, en voie cutanée diluée ou voie orale dans certains cas. Moins adaptée à la diffusion atmosphérique que HE Eucalyptus radiata .

Les mélaleuques

Arbres d’Océanie et d’Asie du Sud-Est, de la même famille que les Eucalyptus. Ils ne vivent que 25 ans environ ; leur bois présente des propriétés ignifuges qui leur permettent de résister aux incendies de forêt.

Les indigènes utilisaient toutes les parties des melaleuques: bois,  charbon de bois, écorces en lanières isolantes pour la construction.

Les mélaleuques produisent des HE, les tisanes sont inusitées.

HE Melaleuca alternifolia : Tea tree ou arbre à thé

Arbre à thé
Melaleuca alternifolia

Le premier producteur est l’Australie .

Cette plante est connue grâce au navigateur anglais James Cook qui la découvrit dans l’archipel néo-zélandais vers 1770 : le « thé » des aborigènes a soigné les marins, et en pénurie de thé, ils ont continué avec « l’arbre à thé ».

Si vous ne gardez qu’une seule HE anti infectieuse, c’est celle-ci.

Elle associe des propriétés anti bactériennes, anti fongiques, anti parasitaires et antivirales, elle est radioprotectrice (comme les autres melaleuca) , stimule les défenses immunitaires (augmente les  immunoglobulines  et le complément) .

Utilisation en voie cutanée diluée, en diffusion atmosphérique (associer un Citrus et Ravintsara pour masquer son odeur pas toujours appréciée).

Une association antivirale particulièrement efficace : HE Tea Tree + HE Ravintsara.

 HE Melaleuca cajeputi : cajeput

Cajeput
Melaleuca cajeputi

Utilisée contre le choléra et les rhumatismes en Malaisie et à Java, bien avant son arrivée en Europe. L’HE de cajeput augmente la température centrale, augmente la sudation (« une grippe qui transpire est une grippe qui guérit »), elle est fluidifiante et expectorante, radioprotectrice .

Elle s’utilise par voie externe principalement, diluée dans une huile végétale.

HE Melaleuca quinquenervia : niaouli

Niaouli
Melaleuca quinquenervia

L’HE était souvent appelée gomenol : huile de Gomen, en Nouvelle-Calédonie. En 1893, Jules Prévet, administrateur du domaine de Gomen remarque que les cueilleurs de café se blessent souvent. Pour se soigner, ils mâchent des feuilles de niaouli et les appliquent en emplâtre sur les plaies. De retour en France, il dépose la marque de « goménol ».

C’est une bonne anti infectieuse ORL, associée au ravintsara, expectorante et antispasmodique.

Elle limite les brûlures liées aux radiothérapies.

Pour les boutons de fièvre : appliquer pure 5 ou 6 fois par jour

Toujours dans la même famille botanique, les myrtes : Myrtus communis.

Myrte
Myrtus communis

Les feuilles de myrte s’utilisent en cuisine comme celles du laurier.

Le lieu de récolte produit deux chémotypes : myrte ct cinéole (dit myrte vert) en Corse et myrte ct acétate de myrtényle (dit myrte rouge) au Maroc . Ils sont tous deux expectorants, mucolytiques et antitussifs, le myrte rouge étant un peu plus antispasmodique. Le myrte rouge un aussi un bon décongestionnant prostatique.

Les Lamiacées

Le thym Thymus officinalis

Thym
Thymus officinalis

Partie utilisée: feuile

S’il y a  une tisane à préparer en cas de rhume, c’est bien celle-ci !

Le thym est à la fois antiseptique des voies respiratoires et antispasmodique, donc calmant de la toux, tout en respectant l’expectoration. La tisane de thym étant un peu amère, ne pas hésiter à édulcorer avec miel et citron. Efficace aussi sous forme de gélules de poudre ou d’extrait.

Les HE de thym: existe plusieurs chémotypes d’HE de Thymus officinalis, et des HE d’autres espèces de thym : Thymus satureioides (à feuilles de sarriette), Thymus zygis, Thymus serpyllum (serpolet).

HE Thymus officinalis ct thymol est une anti infectieuse puissante, mais irritante cutanée et hépatotoxique à dose élevée ou en cas de traitement prolongé. L’utilisation par voie orale est réservée à l’adulte, à dose précises (120mg par jour en 3 ou 4 prises), sur 5 jours au maximum.

HE Thymus officinalis ct linalol est beaucoup plus douce, dépourvue de thymol, adaptée aux patients plus fragiles. Elle requiert moins de précautions. Son prix élevé et sa relative rareté conduit à la réserver à des cas particuliers. Certains fabricants proposent sous le nom de HE Thym ct linalol une HE de Thymus zygis , dont il est prudent de vérifier la teneur en linalol et l’absence de thymol : n’hésitez pas à demander la chromatographie et à vérifier la teneur en linalol! en dessous de 60%, vous n’aurez pas l’effet escompté…

HE Thymus officinalis ct thujanol est plus rare, de distillation délicate, elle est aussi dépourvue de thymol. Elle est remarquable dans les angines et les sinusites, ainsi que dans certaines infections génitales (vulvo vagitines, prostatites). Lorsqu’elle n’est pas disponible, il est possible de la remplacer par HE Origanum majorana ct thujanol (marjolaine à coquilles). La voie à privilégier demeure la voie cutanée diluée, mais la voie orale est possible .

HE Thymus serpyllum (serpolet) est riche en phénols (thymol et carvacrol) donc irritante voire dermocaustique. C’est aussi une grande anti infectieuse (anti bactérienne, antivirale, antifongique et antiparasitaire), à la fois pour les infections ORL et pour les infections intestinales ou urinaires.

HE Thymus satureioides (Thym à feuilles de sarriette), caractérisée par l’association carvacrol- bornéol. C’est une anti infectieuse majeure, bien tolérée, par voie orale ou voie cutanée diluée. Fort utile dans les rhumes qui « traînent » après contrôle médical. Elle est peu dermocaustique.

HE Mentha piperita (Menthe poivrée) 

Menthe poivrée
Mentha piperita

HE riche en menthol, pour son action décongestionnante : une goutte sur un mouchoir pour dégager le nez.

C’est aussi une anti infectieuse complémentaire, associée par voie orale à HE Thym thymol, giroflier, cannelle de Chine et lavande dans des capsules ou une solution alcoolique.

HE menthe verte Mentha spicata

Une HE riche en menthone et dépourvue ou presque de  menthol, fluidifiante, antispasmodique. Attention , l’HE neurotoxique et abortive du fait de sa richesse en cétones ( pas la tisane bien sûr!)

HE Mentha pulegium Menthe pouliot

Du latin pulex puce: dans la Rome antique, la litière des bêtes dans les arènes était mêlée de menthe pouliot, pour ses propriétés insectifuges.

HE très cétonique (donc neurotoxique et abortive: contre-indication ABSOLUE chez l’enfant, la femme enceinte et en cas d’antécédents d’épilepsie ou de convulsions), sans menthol. Elle est très mucolytique , et insectifuge: quelques gouttes pour protéger la maison, en cas de présence de puces sur un animal domestique. 

La tisane en revanche ne présente pas ces contre-indications: à boire pour les toux grasses, et pour la digestion.

Les HE Rosmarinus officinalis, romarin

Romarin
Rosmarinus officinalis

Partie utilisé: feuille

Les 3 chémotypes classiques contiennent du camphre, donc contre-indication ABSOLUE chez l’enfant, la femme enceinte et en cas d’antécédents d’épilepsie ou de convulsions. La tisane de romarin, son utilisation en cuisine ne sont pas concernées par cette contre-indication, on évite cependant une consommation régulière et en grande quantité chez la femme enceinte.

Rosmarinus officinalis ct 1,8 cinéole

Spécifique des affections pulmonaires et ORL, infectieuses et inflammatoires : fluidifiante et anti infectieuse, elle est aussi tonique musculaire et circulatoire (massages sportifs avec Lavandula abrialis ou une autre relaxante anti inflammatoire)

Rosmarinus officinalis ct ABV (acétate de bornyle- verbénone)

Remède des toux quinteuses, en restant fluidifiante, c’est aussi une belle équilibrante physique et nerveuse (épuisement, fatigue nerveuse). C’est un bon complément  des HE phénoliques, comme le thym ct thymol ou le giroflier (modère leur toxicité hépatique sans en atténuer l’efficacité)

Rosmarinus officinalis ct camphre

Davantage neuromusculaire, relaxante des contractures, et toujours fluidifiante des sécrétions.Antalgique et anti inflammatoire : en complément sur sinusite douloureuse.

Hysope Hyssopus officinalis

De l’intérêt de toujours vérifier le nom latin d’une plante …

L’hysope officinale pour les tisanes est une expectorante et mucolytique sans danger particulier. En revanche, son HE est d’une toxicité neurologique avérée, elle est abortive.  Elle figure d’ailleurs sur la liste des HE réglementées et n’est pas en vente libre.

En HE, c’est l‘hysope couchée qu’il faut utiliser: Hyssopus montana (anciennement  decumbens  )

Cette HE Hysope couchée est une des rares HE indiquées chez l’enfant, dans des rhinopharyngites, les bronchites virales. Par prudence , on l’exclut comme toujours pendant la grossesse et chez le nourrisson de moins de 5 mois, mais elle ne présente pas de contre-indication aux doses physiologiques ref 1

Les Astéracées

La matricaire Matricaria chamomilla ou Matricaria recutita

Matricaire
Matricaria recutita

Partie utilisée: fleur

En tisane, son activité calmante et digestive est la plus connue, c’est aussi une remarquable anti inflammatoire et cicatrisante des muqueuses: préparer une tisane de matricaire , et la prendre en gargarismes pour calmer un mal de gorge.

Autre utilisation, moins fréquente mais fort efficace : lavages de nez avec l’infusion de matricaire salée à 9g par litre (une petite cuillerée à café de sel de mer pour un tasse de tisane).

HE Matricaria chamomilla Matricaire ou Camomille allemande

Une HE bleu-vert, riche en chamazulène, elle a une activité anti allergique, mise à profit dans les rhinites et toux allergiques. En revanche, son usage est proscrit en cas d’allergie aux camomilles ou aux fleurs de la famille des astéracées : en cas de doute , faire un test cutané avant de l’utiliser.

HE Chamomilla nobilis Camomille noble ou romaine

Camomille noble
Chamomilla nobilis

 

Riche en esters, c’est une grande spasmolytique et anti inflammatoire : remède des toux d’irritations, pharyngites…

« 

Les Échinacées

Échinacée Echinacea purpurea

Echinacea angustifolia, Echinace purpurea , Echinacea pallida (racines et parties aériennes fleuries)

Les trois plantes présentent quelques nuances de composition, mais ont globalement le même usage.Les échinacées son immuno stimulantes et anti inflammatoires .

Malgré ces propriétés immuno stimulantes , leur utilisation est bénéfique dans certaines maladies auto immunes qui répondent à la cortisone.

Une étude récente a montré leur intérêt comme anti inflammatoire dans le traitement du psoriasis.

Les échinacées sont à la fois des remèdes de prévention, en cures régulières tout au long de l’hiver, et des remèdes de rhumes, sur quelques jours , en association à des plantes ou des HE anti infectieuses.

Les échinacées présentent une action anti infectieuse directe en stimulant la phagocytose, et immunostimulante en stimulant les cytokines et les lymphocytes.

La racine est anti inflammatoire,il est raisonnable de privilégier la plante entière (« totum »).
Les extraits secs, dépourvus de polysaccharides sont moins actifs .

L’extrait de plante fraîche associé à l’extrait de noix de cyprès représente un remède d’appoint bien utile pour les « boutons de fièvre ».

Autre propriété intéressante: une activité anti hyaluronidase (réduit la destruction des tissus): en externe : dans un  dentifrice salé bien connu , ou sur des plaies longues à cicatriser : HE Tea tree 1 % + échinacée 2 %.

L’utilisation des échinacées en prévention des rhumes est bien ancrée. On l’associe souvent à la propolis et à la gelée royale, ainsi qu’au trio de champignons reishi-maïtake-shiitaké.

Quelle que soit l’espèce, éviter chez la femme enceinte ou allaitante, en cas de tuberculose, infection par le VIH, immuno déficience, collagénose, maladie auto immunes, maladies de la lignée blanche.  [2].

Les Lauracées

HE Cinnamonum camphora feuilles ct cinéole  : Ravintsara

avintsara
Ravintsara
Cinnamonum camphora ct cinéole

Une nouvelle fois, rappelons combien il est important de connaître le chémotype et l’origine des HE: le camphrier malgache produit l’HE ravintsara (chémotype à cinéole), le camphrier indonésien produit l’HE de Bois de Hô (chémotype à linalol).

L’HE de Ravintsara est une antivirale exceptionnelle, en binôme avec l’HE de Tea-tree. C’est une HE d’excellente tolérance, par voie cutanée diluée surtout, mais par voie orale aussi, tant pour les états grippaux que pour les rhumes. Elle est indispensable aussi sur les boutons de fièvre .

Elle est aussi équilibrante et stimulante en cas de fatigue nerveuse, mais facilite le sommeil. Chez les adolescents, Michel Faucon dit : « elle secoue les léthargiques, relève les déprimés, rassure les angoissés ».

HE Cinnamonum zeylanicum (=verum), écorce : cannelle

Sa richesse en cinnamaldéhyde la rend difficile à utiliser en automédication. C’est une puissante anti bactérienne, anti virale. Elles est particulièrement destinée aux infections urinaires et intestinales (turista). À préférer en  capsules ,associée à HE citronnier, giroflier, menthe poivrée.

Les bâtons de cannelle en revanche se prêtent à une tisane toute simple pour les rhumes et les états grippaux : cannelle + clous de girofle+ citron + miel.

Les rutacées

Le genre Citrus contient tous les agrumes (du latin médiéval acrumen âcre).

Ils seraient originaires du SE de l’Himalaya et du Nord de la Birmanie. Il en est fait mention dans un texte chinois 2200 avant JC, culture dès le 1er millénaire avant notre ère.  Les expéditions d’Alexandre (IVème  siècle avant JC) ont largement contribué à leur expansion.

Ce sont les essences ou HE de zestes qui présentent un intérêt assainissant. elles ont tout leur intérêt dans les nausées (citron jaune, orange douce, citron vert : par voie orale ou en inhalation sèche).

En diffusion atmosphérique , les plus assainissantes sont les plus riches en limonène : le pamplemoussier, le citronnier, le mandarinier. Les autres zestes, bergamotier, limettier, oranger doux, sont également des assainissants, et s’associent facilement à d’autres HE d’odeur moins suave. La plupart des HE/essences de zestes sont photosensiblisantes : ne pas utiliser sur la peau dans les jours qui précèdent une exposition au soleil ou aux UV.

Les extraits de pépins de pamplemousse ont la réputation d’  « antibiotiques naturels » ; quelques études in vitro montrent en effet une action antibactérienne voire antibiotique vis-à-vis de certains germes. Néanmoins, les études in vivo sont décevantes.

Si vous les utilisez, gardez en mémoire qu’il ne s’agit pas d’un produit anodin. Les interactions médicamenteuses sont nombreuses et potentiellement graves : mieux vaut ne pas les associer à des médicaments, quels qu’ils soient. Les interactions ont été décrites avec le jus. Du fait de la présence dans les pépins des mêmes molécules, on ne peut exclure le mécanisme :inhibition du métabolisme intestinal du médicament par les cytochromes P450, inhibition de certains transporteurs membranaires.
Il existe un risque d’augmenter les taux sériques des médicaments donc un  risque de surdosage et d’effets indésirables dose -dépendants. ce risque concerne des anti épileptiques, les statines, les anti arythmiques, des cytotoxiques, des anti dépresseurs, des anti coagulants.

Le lierre Hedera helix Araliacées

Lierre
Hedera helix

Bon draineur des sécrétions, peu utilisé en tisane, il est en revanche à la base d’un sirop qui convient aussi aux enfants.
Les baies de lierre sont toxiques (elles sont délaissées par les oiseaux, responsables d’effets hémolytiques, émétiques et purgatifs). La tisane n’est pas recommandée en usage courant, néanmoins si vous en consommez, il faut respecter la dose maximale de 8g par jour .

Ne pas confondre avec le Lierre terrestre Glechoma hederacea, qui n’a de lierre que le nom.

Il s’agit d’une lamiacée. Elle faisait partie des espèces vulnéraires du Codex (jusqu’en 1949). En cataplasmes, pour faire mûrir un mal blanc, selon la pratique reconnue d’Antoinette Mulot (ref 4). La plante entière est utilisée pour les toux et les sinusites. Elle ne présente pas de toxicité particulière.

Le réglisse Glycyrrhiza glabra, Fabacées (ex papillionacées)

Réglisse
Glycyrrhiza glabra

Partie utilisée: rhizome

La réglisse désigne la plante, le réglisse désigne le rhizome (mais le féminin est aussi possible…)

Le nom latin signifie « racine sucrée », et le réglisse est toujours utilisé comme édulcorant dans les tisanes ou les bonbons. Le rhizome a des vertus anti inflammatoires des muqueuses : on l’utilise comme anti-ulcéreux pour l’estomac (action sur Helicobacter pylori) et pour apaiser les maux de gorge. Il est aussi antitussif.

Cependant,ne  jamais prolonger le traitement : le réglisse est responsable d’hypertension artérielle, qui peut persister plusieurs mois après l’arrêt. Attention à l’usage quotidien de tisanes ,boissons ou confiseries qui en contiennent. En pratique : contrôle indispensable de la pression artérielle après 3 ou 4 semaines de traitement, et pas plus de 6 semaines de traitement continu.

La mauve (Malva sylvestris) et la guimauve (Althaea officinalis) Malvacées

Mauve
Malva sylvestris

Parties utilisées: feuilles et fleurs, racine pour la guimauve.

Les fleurs de mauve et de guimauve font partie des espèces pectorales , tisanes traditionnelles des toux et des bronchites.
Les fleurs et les feuilles contiennent des émollients , qui adoucissent les voies respiratoires. Les émollients leur confèrent aussi leurs propriétés laxatives douces, bien adaptées pour les enfants et les personnes âgées.

Ne préparez votre tisane trop lo,gtemps à l’avance: les mucilages vont la transformer en « gelée « !

Les espèces pectorales s’utilisent moins aujourd’hui, pour deux raisons : économiques d’abord, la cueillette et la conservation des fleurs est onéreuse et délicate, et la présence de tussilage, qui contient une molécule hépatotoxique (en injection chez le rat), même si aucun effet toxique n’a jamais été mis en évidence chez l’Homme.

 On utilise aussi la feuille de mauve (moins chère) et la racine de guimauve. La racine de guimauve entière a la forme d’un hochet, qui a longtemps été apprécié des mamans pour soulager les poussées dentaires des tout-petits. Usage qui se perd aujourd’hui, à la fois pour une question de sécurité et de coût.

Hochet de guimauve

Le plantain Plantago major Plantaginacées

Grand Plantain
Plantago major

Partie utilisée: feuille et hampe florale (ref2)
Une plante précieuse pour calmer les toux sèches : le plantain réduit le réflexe de la toux et a une activité anti inflammatoire sur la sphère ORL, avec une composante anti allergique.Utilisé en tisane,  extraits liquides de plante fraîche  ou gélules de poudre ou d’extrait.

L’érysimum Sisymbrium officinale Brassicacées

Erysium
Sisymbrium officinale

Partie utilisée: parties aériennes fleuries.

On ne l’appelle pas l’herbe-aux-chantres sans raison! C’est LA plante des orateures et des comédiens, souveraine des enrouements, dont l’usage est attesté depuis Dioscoride… en tisane associée à la matricaire, en pastilles, en gommes…

Le cassis Ribes nigrum Grossulariacées

Cassis
Ribes nigrum

Parties utilisées: bourgeons, feuilles, baies

La baie, source de vitamine C, la feuille anti inflammatoire, le bourgeon anti inflammatoire et stimulant des glandes surrénales : tout est bon.

La feuille de cassis entre dans la composition de tisanes pour les maux de gorge, le bourgeon de cassis fait partie des plantes à prendre au long cours en prévention. Et bien sûr les baies de cassis, gourmandises riches en vitamine C (les gelées et confitures en sont hélas presque dépourvues).

Le sureau Sambucus nigra Adoxacées (ex Caprifoliacées)

Sureau
Sambucus nigra

Parties utilisées: fleurs et fruits.

Les recettes de sirop de sureau ne manquent pas. La baie de sureau est riche en antioxydants (rutine, anthocyanosides),en tanins, en vitamine C, en sucre .

La fleur de sureau en flavonoïdes, mucilages. L’HE est solide, riche en acide palmitique, et n’a pas d’utilisation thérapeutique.

Le sureau est un bon antiviral (réduction de la durée d’un syndrome grippal),il empêche la particule virale d’infecter les cellules, et stimule le système immunitaire Il présente aussi une activité anti inflammatoire sur les muqueuses.

En l’absence d’études, il n’est pas recommandé chez la femme enceinte. L’utilisation est possible chez l’enfant à partir de 2 ans, en sirop ou extrait liquide.

Les plantes à vitamine C

Cynorhodon
Rosa canina

Coupons le cou à une idée reçue : les oranges, citrons et kiwis ne sont pas les champions de la vitamine C!

Pour un complément efficace : argousier et cynorhodon pour les fruits européens,  acérola, camu camu pour les baies exotiques. Dans tous les cas, prêter attention à la composition du produit : certains comprimés contiennent un acide ascorbique (=vitamine C de synthèse) qui vient renforcer le dosage en vitamine C naturelle.

La ronce Rubus fruticosus, Rosacées

Ronce
Rubus fruticosus

Parties utilisées: feuilles
Émollient classique pour les maux de gorge, en gargarismes.

En tisane, elle est anti diarrhéique, son usage est déjà cité par Pline.

Le noyer Juglans regia ,  Juglandacées

Noyer
Juflans regia

Parties utilisées: feuille, bourgeon

La tisane et l’extrait de feuilles de noyer sont riches en tanins pourvus de propriétés anti diarrhéiques, notamment après traitement antibiotique.

Le bourgeon de noyer facilite l’action des probiotiques. Il aurait aussi des vertus hypoglycémiantes, et veinotoniques, mais l’utilisation de la tisane est limitée par son amertume et son effet constipant.

En usage externe, l’infusion de feuilles de noyer est adoucissante et antiprurigineuse.


Gingembre Zingiber officinale Zingibéracées

Partie utilisée: rhizome

Plante digestive anti nausées.À prendre en décoction, en gélule de poudre ou sous forme alimentaire (racine fraîche, gingembre confit) pour soulager les nausées ou le mal des transports.

Une particularité: l’extrait est contre-indiqué chez la femme enceinte, mais pas la poudre ou la plante… Donc sans hésiter dans la cuisine ou en confiserie, ou en gélules de poudre de plantes: là encore, vérifiez scrupuleusement la composition, et demandez confirmation à votre pharmacien.

Et des produits de la ruche

Propolis

Nous  sommes ici à la frontière de la phytothérapie au sens strict, puisque la propolis demande l’intervention d’abeilles.

Il s’agit d’une substance  résineuse récoltée par les abeilles et dont la composition chimique dépend de l’origine botanique. La résine est présente sur les bourgeons, les  jeunes rameaux, les blessures de certains arbres, pour les protéger contre les attaques de micro organismes et d’insectes. C’est le mélange de cette résine avec de la cire et des enzymes sécrétées par le système glandulaire des abeilles qui constitue la  propolis. Elle colmate les trous de la ruche, assurant l’étanchéité et l’asepsie. L’ouverture à l’entrée de la ruche est constamment remodelée à l’aide de propolis, étymologiquement « entrée d’une ville » : c’est un sas de décontamination.

Il s’agit d’un produit non standardisé.

Son activité bactéricide est bien documentée. Elle augmente efficacité d’antibiotiques, présente une activité antifongique vis-à-vis de Candida, Aspergillus, de levures, une activité antivirale (herpès), une activité antiparasitaire vis-à-vis de Trichomonas, lambliase, une activité  antioxydante  grâce à ses vitamines C et E,  aux polyphénols pour la propolis de peupliers, elle module l’expression d’enzymes, catalase, SOD, Glutathion peroxydase).
Elle est aussi antiinflammatoire, antiangiogénique, immunomodulatrice…

Elle présente peu d’effets indésirables, une faible toxicité,  sauf allergies de contact. ref 3 </p id>

Gelée royale

La gelée royale est le produit de sécrétion du système glandulaire céphalique des abeilles ouvrières, entre le cinquième et le quatorzième jour de leur existence.

ref1 M.Faucon Traité d’aromathérapie scientifique et médicale  Ed.Sang de la Terre 

 

[2Ref2 J Bruneton Pharmacognosie Phytochimie Plantes médicinales 5èmeédition

ref3 (Phytothérapie (2012) 10:298-304

ref4 M.-A. Mulot Secrets d’une herboriste Ed Dauphin

Auteur de l’article: Sabine Robin, docteur en Pharmacie, DU phyto-aromathérapie clinique, DU micronutrition exercice et santé.

L’auteur déclare ne présenter aucun conflit d’intérêt financier avec l’industrie pharmaceutique ou laboratoire ou fabricant de produits ou matériels médicaux.

Dernière mise à jour 11 mai 2018

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