Sortie botanique août 2018 au marais-des-bœufs

Un petit tour le long de la Somme

L’achillée millefeuille Achillea millefolium Astéracées

achillée millefeuille, saignement de nez, phytothérapie, naturopathe Ses noms vernaculaires la résument bien: sourcil-de-Vénus en référence à sa feuille finement découpée, herbe-à-la-coupure, herbe-de-Saint-Joseph ou herbe-des-charpentiers pour ses vertus cicatrisantes. On en dénombre une douzaine d’espèces différentes.

En tisane, elle est tonique digestive, hémostatique (arrête les saignements, épistaxis = saignement de nez notamment), anti hémorrhoïdaire. elle a la réputation de « faire venir les règles » qui sont « bloquées » suite à une émotion forte ou coup de  froid.

En externe, on mettait des cataplasmes d’achillée pour cicatriser des plaies qui ne saignent plus.

La partie active de la plante (la drogue) est la sommité fleurie.

Une précaution à connaître: si vous voyez apparaître boutons ou plaques rouges sur la peau lors de la cueillette ou après une ou deux tasses de tisane, n’en consommez plus. C’est très rare, mais le signe d’une intolérance ou d’une allergie.

L’armoise Artemisia vulgaris Astéracées

L’herbe-aux-cent-goûts

Un chapelet d’armoise jeté dans le feu de la Saint-Jean, avec l’incantation  » que toute ma malchance parte avec ceci » garantit une année de prospérité et de bonheur…

Une herbe que les cuisiniers remettent à l’honneur: en Occident, elle parfume les volailles, en Chine et au Japon, le riz gluant.

Son purin est un insectifuge efficace.

Elle est anthelmintique (vermifuge) comme la tanaisie, stomachique (facilite la digestion).

Les infusions soulagent les douleurs de règles, elle serait emménagogue .

L’armoise présente un risque abortif, même en tisane: ne jamais donner à la femme enceinte, il s’agit d’une véritable contre-indication.

Son huile essentielle est réglementée en raison de la présence de thuyone, qui peut provoquer des crises d’épilepsie et des avortements. La législation française est protectrice (vente exclusive en pharmacie), hélas, on la trouve sur Internet sans le moindre contrôle. Elle est réellement à risque: ne l’utilisez pas.

L’armoise est parfois fumée comme la marijuana. Les bâtonnets d’armoise servent de moxa.

En Ukrainien, armoise se traduit par herbe (bylj) noire (tcherno): c’est l’étymologie de Tchernobyl.

L’aubépine Crataegus oxyacantha, monogyna, levigata Rosacées

Un arbre d’une longévité remarquable: un individu est estimé vieux de 1700 ans en Mayenne.

aubépine phytothérapieSon nom latin évoque la puissance (cratos en grec: le pouvoir, la puissance)

Une médicinale remarquable, grande apaisante nerveuse, calme les palpitations sur coeur sain, l’anxiété… On utilise les fleurs ou les sommités fleuries.

La bardane Arctium lappa, Lappa major, Astéracées

 

Chou d’âne, herbe-aux-teigneux, herbe-aux-pouilleux, oreille-de-géant, herbe-du-Seigneur…

Reconnaissable à ses capitules qui s’accrochent aux vêtements, aux pelages des animaux: c’est la bardane qui aurait inspiré l’inventeur du velcro.

Les côtes et la moelle cuites sont comestibles, ainsi que la racine de première année récoltée à l’automne, les racines torréfiées donnent un succédané de café.

La feuille fraîche en cataplasme guérirait les morsures de vipère, soulage les piqûres d’hyménoptères, et aussi les rhumatismes: usage traditionnel!

La racine de bardane est une grande dépurative, en particulier de la peau: remède incontournable des acnés, boutons, furoncles. Elle est diurétique, une des rares plantes indiquées dans les calculs rénaux. On la donne aussi  en prévention de la goutte, elle a des propriétés antidiabétiques.

 

La berce spondyle Heracleum spondylium Apiacées (ex- Ombellifères)

Tarte-à-lapins, patte-d’ours, herbe-du-diable

Consacrée à Hercule, du fait de sa robustesse?

Une belle plante commune, à ne pas confondre avec la géante berce-du-Caucase, irritante et non comestible.

La berce spondyle est photosensiblisante et peut être irritante. Elle est néanmoins comestible: les feuilles jeunes et graines.

Feuilles bouillies et graines fermentées donnent une bière.

En Suède, la feuille est un remède de dysenterie. La feuille fraîche est un résolutif des furoncles et abcès.

La graine fait partie des « graines chaudes » comme l’anis ou le cumin: une digestive et carminative (pour les ballonnements intestinaux)

La graine a un goût délicat, qui évoque les agrumes: incorporées à un quatre-quarts aux noix, c’est un délice.

Le bouillon-blanc Verbascum thapsus Scrophulariacées

Bouillon-blanc, Verbascum, phytothérapie, plantes pour la toux
Le bouillon-blanc: herbe à bonhomme, cierge de Notre-Dame, herbe de Saint-Fiacre

Une plante facile à reconnaître, sur les talus, les friches. On l’appelle cierge de Notre-Dame: utilisée comme cierge le 15 août, herbe de Saint-Fiacre: pour sa floraison en fin d’été (St Fiacre se fête le 30 août).

La fleur de bouillon-blanc fait partie des « espèces pectorales », avec la violette, la  mauve, le tussilage, le coquelicot, la guimauve et le pied-de-chat.

La fleur est une adoucissante des voies ORL (maux de gorge, toux d’irritation, irritations de la bouche) . Des auteurs anciens la recommandaient pour les irritations de l’estomac, mais cet usage est tombé en désuétude.

L’infusion  doit être bien filtrée, et on peut adjoindre une pincée de bicarbonate de sodium pour tamponner son acidité.  On peut aussi faire infuser dans du lait: c’était la pratique ancienne contre la tuberculose.

Vous pouvez préparer une teinture-mère (à  de fleurs fraîches) ou une teinture (à base de fleurs sèches), en laissant macérer les fleurs dans de l’alcool (1 partie de fleurs dans 5 d’alcool), puis filtration et stockage en , flacons  de verre teinté, bouchés,  à l’abri de la lumière, la posologie adulte est alors de l’ordre de 15-20 gouttes 2 ou 3 fois par jour.

Attention aux graines qui sont toxiques: les braconniers en jetaient dans les  eaux dormantes pour engourdir le poisson!

La bryone Bryonia dioica Cucurbitacées

Bryone, plante toxique, naturopathe, phytothérapie

Le navet-du-diable: la racine est une purgative drastique, à ne jamais utiliser.

Seul l’usage homéopathique est retenu (rhumatismes, toux qui ressemblent à la diphtérie)

Les empoisonnements surviennent en cas de confusion avec d’autres racines: NE RECOLTEZ QUE CE QUE VOUS CONNAISSEZ PARFAITEMENT!

Attention aux enfants: les baies,  rouges à maturité, sont attrayantes.

 

La carotte sauvage Daucus carota Apiacées (ex Ombellifères)

La fleur centrale de l’ombelle est parfois pourpre: c’est un  « leurre » pour les insectes !

 

La racine n’est pas consommable, mais soyez vigilants: confusion possible avec la ciguë.

 CiguësCarotte
tigeglabrepoils
tigerayures (petite ciguë) ou taches rougeâtres (ciguë tachetée)pas de rouge
tigecreusepleine
ombelle10-15 fleursplus grande, parfois fleur plus sombre au centre
bractées sous ombelles secondairesvers le solpennées, horizontales

À la différence de sa cousine cultivée, la racine de la carotte sauvage n’est pas comestible!

Le charme Carpinus betulus Bétulacées

Pour différencier le charme du hêtre, un moyen mnémotechnique à l’humour potache qui se transmet inlassablement… un être à poil charme Adam (hêtre à poils: poils sur le bord des feuilles de hêtre, charme à dents: feuilles doublement dentées du charme).

Le bois dur du charme donnait les essieux et les moyeux des roues.

Les feuilles sont riches en tanins, astringentes:

utilisation en gargarismes dans les maux de bouche et de gorge, dans les diarrhées

Le bourgeon est indiqué en complément dans les thrombopénies (manque de plaquettes sanguines), les sinusites et bronchites.

L’écorce renferme un colorant jaune.

Le chêne Quercus robur Fagacées

Un genre très varié, de la même famille botanique que le hêtre et le châtaignier: environ 450 espèces dénombrées et 150 hybrides!

L’écorce, la feuille, les glands, les galles (sorte de « tumeur » pathologique qui se développent sur les feuilles) sont riches en tanins: ceci explique le caractère irritant des infusions ou décoctions de chêne pour leb tube digestif.

On a utilisé ses proprités astringentes pour traiter la dysenterie et des diarrhées: le café de gland peut s’ajouter à du café ou de la chicorée pour cet effet ant-diarrhéique.

En usage externe, l’écorce séchée réduite en poudre arrête les saignements.

Les glands ont une important valeur nutritive: une fois torréfiés, ils sont moins astringents et permettent de préparer un succédané de café. Moulus, on en tire une farine. La récolte des glands a été réglementée. Il s’agit d’une activité qui ne demandait pas un travail trop pénible: ramasser des glands… c’est glander!

phytothérapie chêneEssence abondante, le chêne a laissé sa marque dans les noms de lieux: Oakland, Le Chesnay, Dubrovnik… et dans des noms de personnes: Chénier, Queneau, Ducasse (comme Isidore, dit comte de Lautréamont)

Et n’oublions pas que notre robuste robur a donné son nom a l’un des héros de Jules Verne, Robur le conquérant!

La clématite des haies Clematis vitalba Renonculacées

Clématite, herbe aux gueuxC’est l’herbe-aux-gueux ou le berceau-de-la-Vierge.

Les jeunes pousses sont comestibles, cuites comme les asperges, ou au vinaigre en condiment.clematite, plante comestible, phytothérapie

Mais attention à la cueillette: si elle s’appelle couramment l’herbe-aux-gueux, ce n’est pas sans raison. Les mendiants avaient coutume de s’en frotter la peau, pour créer de faux ulcères et attirer la pitié des passants… spectaculaire mais moins sérieux qu’ils n’y paraissait: la nature fournissait aussi le pansement, la simple feuille de blette qui agissait comme cicatrisant.

Ses propriétés irritantes (on dit vésicatoires: provoque des cloques) sont mises à profit pour faire tomber un ongle (après un choc, ou une mycose).

La grande consoude Symphytum officinale Boraginacées

consoude phytothérapie plante comestibleLes fleurs sont caractéristiques, insérées d’un seul côté du rameau qui les porte.

La consoude est mellifère, mais les abeilles ne peuvent l’utiliser que si des bourdons ont percé sa corolle.

La racine coupée est employée en usage externe uniquement, sur des  traumatismes articulaires ou osseux: de là son nom d’herbe aux charpentiers, profession suejette aux hématomes et fractures.

La consoude est-elle comestible?

Elle est connue comme telle depuis au moins deux mille ans, mais les analyses récentes ont semé le doute: la consoude contient en effet en faible proportion des substances toxiques, cancérigènes, toxiques pour le foie, le poumon, tératogènes (qui entraîne des malformations du fœtus), abortives. L’OMS en déconseille donc la consommation.

Des calculs savants laissent penser qu’une consommation exceptionnelle serait sans danger: à vous de juger, un lien ici vers un article très bien documenté.

Les cornouillers Cornus mas , C.sanguinea Cornacées

Le cornouiller sanguin prend une couleur rouge à l’automne , ses rameaux au soleil sont rouges aussi.

Sa feuille est caractéristique: déchirée en deux, les parties restent attachées par les nervures.

cornouiller phytothérapie gemmothérapieLes fruits sont irritants pour le tube digestif, attention! Les baies du cornouiller mâle seraient comestibles selon certains: à mon avis, mieux vaut ne pas goûter…

Inusité en phytothérapie, le cornouiller est utile en gemmothérapie: c’est le remède des traumatismes thoraciques fermés (hématome au niveau des côtes; côtes fêlées)

La douce-amère Solanum dulcamara Solanacées

Une plante de la famille de la pomme de terre, l’aubergine, la tomate, le tabac, la belladone. La douce-amère est toxique: ses noms vernaculaires sont clairs à cet égard: tue-chien, crève-chien…douce-amère, phytothérapie, plante toxique

Les baies empoisonnent les oiseaux de volière (les oiseaux sauvages ne les consomment pas). douce-amère plantes toxiques naturopathie phytothérapie douce-amère, plantes toxiques, naturopathie, phytothérapie

 

 

 

 

 

 

 

L’églantier Rosa canina Rosacées

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Le rosier des chiens, son fruit s’appelle cynorhodon ou plus prosaïquement poil à gratter, voire gratte cul!

Le fruit séché débarrassé de ses akènes selon la formule consacrée (c’est-à-dire sans les poils qui se trouvent à l’intérieur ) est riche en vitamine C: on en fait des tisanes, et une délicieuse confiture (si vous avez la patience, il faut récolter les fruits après les premières gelées, et n’utiliser que la partie charnue).

L’églantier, en orée des bois, semble protéger sa forêt: de même, le bourgeon est utilisé chez l’enfant, comme protecteur  pour l’hiver (macérat mère de bourgeon).

 

Les épilobes Epilobium parviflorum, E. hirsutum, E.angustifolium Œnothéracées

Le laurier de Saint-Antoine, en Autriche on l’appelle « cheveux de femme »

épilobe naturopathie phytothérapie prostate
Crédit photo Le jardin des médicinales

Messieurs, elle est à vous!  Les épilobes soulagent les troubles masculins: inconforts liés aux adénomes de la prostate, mais aussi complément utile dans les inflammations (prostatite, épididymite, orchite…), et les cystites, tant chez l’homme que chez la femme.

Un autre usage moins fréquent: une décoction de racine (à raison de 30g par litre) est un  remède contre les aphtes.

Les feuilles sèches remplacent le thé en Russie.

L’eupatoire chanvrine Eupatorium cannabinum Astéracées

eupatoire chanvrine, phytothérapie, naturopathie, plante toxiqueOn l’appelle herbe-de -Sainte-Cunégonde: en Allemagne, elle fut considérée comme une panacée, aussi miraculeuse que le tombeau de la sainte…eupatoire phytothérapie naturopathie

Les temps ont changé, elle est désormais considérée avec méfiance car elle contient en faible quantité des substances toxiques pour le foie, surtout en cas d’usage chronique (alcaloïdes pyrrolizidiniques pour les curieux): je ne peux donc plus la recommander.

Les tisanes étaient réputées apéritives (qui ouvrent l’appétit) et toniques, diurétiques et sudorifiques (augmentent la sudation: utile dans les fièvres).

Un usage encore possible: la feuille fraîche est cicatrisante.

Elle a été utilisée en cataplasmes contre la cellulite et la couperose.

La teinture calme les inflammations de la bouche (diluer dans de l’eau, ne pas avaler).

Le frêne Fraxinus excelsior Oléacées

Un bel arbre, des feuilles imparipennées de 7 à 75 folioles. Ses feuilles forment un bon humus; également aliment de qualité pour le bétail.

Son bois est dur et résistant, tout en gardant une certaine ouplesse: à ce titre il est apprécié en ébénisterie.

Dans la mythologie scandinave, il représente l’Univers (les racines dans les ténèbres et les branches dans les cieux)

La feuille de frêne est diurétique et anti inflammatoire, adaptée aux terrains goutteux.

Il existe un autre frêne, le frêne à manne ou orNe ou frêne à fleurs: sa sève de printemps donne une sorte de sirop fort sucré, d’où son nom de manne.

Le houblon Humulus lupulus Cannabacées

Une plante de la même famille que le chanvre indien ou marijuana… mais sans le THC!

La partie active du houblon est le strobile ou cône femelle

houblon naturopathie phytothérapie oreiller de houblonRetenons deux grandes propriétés pour le houblon: sédatif et estrogénique

Sédatif d’abord: une infusion de houblon est un bon hypnotique. Une autre manière de profiter des  vertus du houblon sur le sommeil: deux ou trois poignées de houblon séché dans un linge glissé sous votre taie d’oreiller garantissent un sommeil de marmotte! Changer les cônes tous les 8-10 jours.

Une autre propriété du houblon : son effet estrogénique, c’est à dire semblable à l’hormone féminine (estrogène). Le houblon soulage ainsi les bouffées de chaleur de la ménopause, mais attention: il convient d’observer les mêmes précautions qu’avec un traitement substitutif allopathique! (certains auteurs décrivent un effet protecteur sur le cancer du sein , mais les résultats des études ne sont pas assez tranchés pour permettre une conclusion définitive).

L’autre indication classique liée à cet effet estrogénique est l’augmentation de la lactation: l’époque où les jeunes mamans recevaient de la bière pour « faire monter le lait » n’est pas si lointaine… Le houblon a la caractéristique d’augmenter l’appétit, effet souvent redouté, parfois souhaité!

Le lamier blanc Lamium album Lamiacées

la partie utilisée est la fleur ou la sommité fleurie (le haut de la plante avec les fleurs).

Son nom vernaculaire Ortie blanche  est trompeur: elle n’a rien d’une ortie!  Si la forme des feuilles peut prêter à confusion, il s’agit d’une autre famille botanique, pas de poils urticants, floraison très différente.

lamier blanc ortie blanche phytothérapie pellicules pertesLe lamier est une plante un peu passée de mode, pourtant bien intéressante, de par son abondance et ses propriétés: la tisane facilite le travail du foie et des reins, et en applications externes, elle améliore les démangeaisons du cuir chevelu tout en réduisant les pellicules.

En Allemagne, les indications autorisées sont plus larges, puisq’elle est reconnue pour dégager les voies aériennes supérieures (nez bouché, toux grasse), les inflammations de la bouche et de la gorge, et aussi les « pertes blanches ».

Le lotier corniculé Lotus corniculatus Fabacées

La forme de sa fleur lui vaut un délicieux nom vernaculaire: la pantoufle du petit Jésus.

Le lotier est anti spasmodique et calmant, mais ne s’utilise plus depuis que des analyses poussées ont révélé la présence d’acide cyanhydrique: la teneur est faible, mais la prudence s’impose…

La matricaire Matricaria recutita (ou Chamomilla recutita) Astéracées

Une des nombreuses camomilles!

La partie médicinale est la fleur. C’est la tisane familiale par excellence : en dehors de l’allergie (rarissime), on ne lui connaît pas de contre-indication.

matricaire chimiothérapie naturopathie phytothérapieElle est calmante, anti spasmodique, elle facilite la digestion. Elle soulage les règles douloureuses, rend grandement service aux migraineux (migraines digestives, migraines liées à la fatigue et aux contrariétés notamment).

En usage externe, elle calme les démangeaisons et les coups de soleil, soulage les inflammations de la bouche (les aphtes, mais aussi les lésions provoquées par certaines chimiothérapies: une simple infusion de matricaire additionnée de bicarbonate de sodium calme l’inflammation et la douleur), l’infusion soigneusement filtrée apaise l’irritation des yeux et des paupières

La mauve Malva sylvestris Malvacées

mauve plante médicinale phytothérapie

Dans la mauve, on utilise la fleur et la feuilles séchées pour préparer des tisanes. Riches en mucilages, elles ont des propriétés reconnues pour adoucir la gorge et calmer les toux d’irritation,  pour lutter contre la constipation: c’est un laxatif doux adapté aux futures mamans et aux enfants, et calmer les brûlures d’estomac.

mauve phytothérapie naturopatheVous pouvez aussi utiliser l’infusion pour tamponner la peau en cas de démangeaisons, d’eczéma, et une fois bien filtrée et tiédie, lotionner les yeux fatigués par une atmosphère enfumée, une baignade en mer ou en piscine, un effort visuel prolongé…

La mauve fait partie des « espèces pectorales », avec le bouillon-blanc, la violette, le tussilage, le coquelicot, la guimauve et le pied-de-chat.

Ne laisser pas reposer trop longtemps votre infusion: les mucilages vont épaissir et transformer le liquide en une gelée!

Le millepertuis Hypericum perforatum Hypéricacées

Herbe à mille trous, herbe percée, herbe aux piqûres, chasse-diable, herbe de Saint-Jean…

millepertuis plantes médicinales phytothérapie Le millepertuis (c’est-à-dire mille trous) est facile à reconnaître: les feuilles observées à contre-jour semblent perforées (ce sont de minuscules glandes à essence).

La partie active du millepertuis est la sommité fleurie, récoltée au début de floraison.

Le millepertuis s’utilise par voie externe ou interne.

Commençons par l’usage externe.L’huile de millepertuis, remède cicatrisant  avec une précaution à respecter: elle est très photosensiblisante, c’est-à-dire qu’elle augmente le risque de coup de soleil. Donc, si vous l’appliquez le soir sur une peau irritée ou brûlée,  la prudence exige d’attendre 48h avant de s’exposer au soleil (ou aux UV si vous demeurez adepte de cette pratique cancérigène).

Pour faire votre huile de millepertuis:

emplissez un bocal de sommités fleuries fraîches, compléterz avec une huile d’olive de première pression, agitez et laisser sur un rebord de fenêtre ensoleillé une quinzaine de jours. L’huile prend une coloration rouge caractéristique.

Filtrer et stocker à l’abri de la lumière.

En ce qui concerne l’usage interne, la première précaution à garder à l’esprit est le risque important d’interactions médicamenteuses: le millepertuis diminue l’effet de nombreux médicaments, et inversement, l’arrêt d’un traitement par millepertuis peut augmenter la toxicité des médicaments associés.

Le millepertuis contient plusieurs molécules bien identifiées, extraites en quantité variable selon le mode de préparation. Le plus souvent, on utilise l’hypericine pour« décrire » un extrait, mais les molécules qui semblent les plus actives sur le système nerveux sont dérivées d’un autre composant, l’hyperforine.
En tisane, et aux plus faibles doses d’hyperforine, le millepertuis est sédatif. Aux plus fortes doses (environ 500 à ­600mg d’extrait sec), il est antidépresseur. En Allemagne, c’est un traitement de référence dans les dépressions légères à modérées. Il a été comparé à la fluoxétine (Prozac®, avec une efficacité similaire, et moins d’effets indésirables.
Le risque d’interactions potentiellement graves le rend difficile à utiliser: par prudence, ne prenez pas de millepertuis si vous suivez un autre traitement quel qu’il soit .
Utilisation en tisane, poudre totale, extrait sec ,extrait de plante fraîche standardisé, teinture-mère.

Le plantain lancéolé Plantago lanceolata Plantaginacées

Herbe-aux-cinq-coutures

Une jolie légende: si vous voulez vous faire aimer de qui vous ignore, faites toucher à la personne de l’herbe de plantain, et dévotement, portez l’herbe à votre cou…plantain, allergie, phytothérapie, naturopathie

La plante fraîche calme toutes les piqûres (orties, moustiques…) : il suffit de froisser les feuilles et de frotter la zone atteinte.

En infusion, les parties aériennes sont des anti inflammatoires des voies respiratoires: rhumes, allergies, sinusites, toux…

La prêle Equisetum arvense Equisétacées

Queue de cheval, queue de renard, queue de rat…

prêle phytothérapieC’est le rameau stérile qui est la partie active (le rameau fertile est très discret, il apparaît en mars-avril et disparaît en mai-juin pour laisser place au rameau stérile).

La prêle est extrêmement riche en minéraux, notamment en silice: une autre espèce dite prêle à polir ( Equisetum hiemale) était utilisée pour polir le bois et les métaux, mais elle est trop irritante pour permettre l’emploi médicinal.

La prêle a été prescrite comme anti tuberculeux avant l’avènement des antibiotiques, avec une certaine réussite semble-t-il.

Aujourd’hui, ses indications se limitent (et c’est déjà beaucoup) à la reminéralisation et l’élimination rénale de l’eau (diurétique: contre la « rétention d’eau »).

C’est la plante incontournable de l’ostéoporose, des consolidations de fractures, des cheveux et ongles ternes ou fatigués.

En agriculture biologique, le purin de prêle est un bon fongicide .

Un réséda Reseda lutea Résédacées

Une herbe qui « dissipe les amas de pus ».

Le réséda jaune est comestible: jeunes feuilles en salade et tiges cuites, comme les asperges. Il est inusité en plante médicinale, mais ses principes actifs lui confèrent des propriétés diurétiques.

La rose et le réséda de Louis Aragon (1943) évoque le réséda blanc.

La ronce Rubus fruticosus Rosacées

Vous connaissez son fruit, la mûre sauvage si délicieuse .

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Mûre sauvage, fruit de la ronce

Ne confondons pas la ronce, arbrisseau épineux de la famille des rosiers, avec les mûriers (noirs ou blancs), qui sont des arbres, portant des fruits semblables aux mûres sauvages, et dont les feuilles (pour le mûrier blanc) nourrissent les vers à soie… Pour une fois, référons nous à l’anglais: la mûre sauvage, c’est la blackberry, la mûre du mûrier , c’est la mulberry, qui peut-être white ou black, qu’on trouve souvent séchée.

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Mulberry, mûre du mûrier

Riche en tanins, la feuille de ronce est un appoint dans le traitement des diarrhées. Mais la tradition le destine aux maux de gorge et aux toux d’irritation.

La feuille de ronce fermentée puis séchée produit un succédané de thé tout à fait acceptable.

Les fruits sont comestibles bien sûr, riches en anthocyanes, ils sont anti oxydants. Ils représentent une bonne source de fibres, de vitamines C et E, et de manganèse.

Une plante de la même famille a la réputation de faciliter l’accouchement: c’est le framboisier Rubus idaeaus (ronce du mont-Ida). Si aucune étude n’a prouvé l’efficacité du remède, la tradition est bien ancrée, et la plante est, avec certitude, non toxique: pas d’hésitation si vous êtes concernée (infusion de feuilles, 2-3 tasses par jour, le dernier mois de grossesse… malheureusement, les framboises n’ont pas les mêmes vertus!)

 

La salicaire Lythrum salicaria Lythracées

salicaire médecine naturelle naturopathieUne plante très repérable! elle contient beaucoup de nectar et attire les insectes. Ses graines deviennent collantes par temps humide, et adhèrent au plumage des oiseaux qui les disséminent.

Les sommités fleuries (la partie fleurie) est astringente: c’est une anti diarrhéique efficace.

On peut la sécher pour les infusions, ou la réduire en poudre pour appliquer sur les intertrigos (« pied d’athlète ») ou préparer une teinture pour usage externe à partir de la plante sèche (1 partie de plante sèche pour 5 d’alcool à 60°, macération 15 jours environ, filtrer et conditionner).

Les saules Salix purpurea, spp. L, Salicacées

Linné en dénombrait 29 espèces, aujourd’hui les botanistes en répertorient environ 500.

Dans la même famille, on trouve les peupliers: chatons pendants pour les peupliers, dressés pour le saule. Il est  habituel d’étêter les saules: ce sont des têtards.  Ces saules têtards sont des habitats pour beaucoup d’animaux, mammifères, oiseaux… car la cicatrisation de la repousse crée des cavités et des excroissances naturelles: un véritable écosystème à lui seul! On nomme osiers les saules à rameaux longs et flexibles. Les saules contiennent tous des principes actifs analogues.

La partie active est l’écorce de tige, les feuilles sont beaucoup moins concentrées. Les chatons sont réputés anaphrodisiaques (qui calme les ardeurs sexuelles, décrit par Jacques Daléchamps au XVIème siècle), calmants et antispasmodiques.

L’écorce de saule contient une substance remarquable: l’acide salicylique. La décoction de saule est, comme l’aspirine, antiinflammatoire, fébrifuge, antalgique… si la décoction de saule est peu irritante pour l’estomac, il n’en est pas de même pour l’acide salicylique: ce constat a conduit à synthétiser un produit dérivé, l’acide acétylsalicylique, plus connu sous le nom d’aspirine.

Les décoctions d’écorce de saule gardent un grand intérêt pour soulager maux de tête, inflammation, fièvre: moins agressif que l’aspirine, le saule est efficace. À réserver à l’adulte, contre-indiqué chez la femme enceinte, l’enfant (car pas de dosage possible), en association avec les anticoagulants, en cas d’allergie aux salicylés.

Vous pouvez préparer une teinture (une part d’écorce de tige pour 4 parts d’alcool), du vin de saule (50g par litre de vin blanc).

saule phytothérapie écosystème
Saule pleureur

Les racines filtrent l’eau, le saule épure son environnement. Son système racinaire vigoureux protège les berges.

La solidage Solidago canadensis Astéracées

Un genre bien fourni, souvent regroupé sous le nom de verge d’or, pour désigner à la fois S.canadensis et S.virgaurea: leurs propriétés médicinales et leur composition sont très proches, à telle enseigne que  la Pharmacopée française les regroupe dans la même monographie.

solidage drainage diurétique phytothérapieLa solidage offre aux abeilles un dernier festin avant la saison froide: elle est riche en nectar et en pollen. Cultivée, elle devient facilement envahissante.

Ses propriétés médicinales traditionnelles sont éprouvées: c’est une plante diurétique, qui facilite aussi les fonctions d’élimination digestive (ce qu’on appelle souvent drainage).

Pour l’anecdote, la solidage contient une faible proportion de caoutchouc: Thomas Edison avait mis au point une culture pour obtenir des plants en contenant jusqu’à 12%. Henry Ford lui fit cadeau d’une Ford T équipée de pneus en caoutchouc de solidage. Des échantillons examinés cinquante ans plus tard avaient gardé toute leur élasticité. Mais cette technique est restée au stade expérimental.

Le sureau noir Sambucus nigra Adoxacées (ex- caprifoliacées)

Arbre-de-Judas

Attention à ne pas confondre avec le sureau hièble: le sureau noir a un tronc ligneux, comme un arbre.

Feuilles et seconde écorce sont réputées toxiques (elles contiennent une faible proportion d’acide cyanhydrique).

Les fleurs font d’excellents beignets, au printemps, ainsi qu’un cordial réputé (en Angleterre), et un sirop rafraîchissant.

Les fleurs séchées sont diurétiques, sudorifiques et fluidifient les sécrétions bronchiques: c’est la tisane des rhumes, des états grippaux.

Les fruits crus sont irritants voire toxiques. Un extrait de fruits est néanmoins immunostimulant.

Le sirop de sureau est un bon anti-viral: à préparer pour un état grippal cet hiver.

Faire bouillir 10 minutes un litre d’eau avec 1kg de sucre, ajouter 1 kg de baies sans tiges pour 4 minutes, 30g d’acide citrique (pour la conservation) ou le jus de 2 citrons ou des clous de girofle, laisser tiédir , filtrer, porter de nouveau à ébullition et stocker en bouteilles stérilisées.

Se conserve 6 à 9 mois environ. Pour les rhumes, états grippaux: 3 à 6 cuillerées à soupe par jour.

La tanaisie Tanacetum vulgare Astéracées

tanaisie phytothérapie médecine naturelle vermifuge insectesSes noms vernaculaires sont évocateurs de ses propriétés: herbe-aux-vers, herbe-amère, sent-bon…

La tanaisie est toxique par voie orale à forte dose, mais les infusions peu concentrées demeurent possibles.

La tanaisie est un insecticide réputé: feuilles sèches dans la litière, dans les paniers des animaux domestiques,  pour chasser les puces.

tanaisie vermifuge naturopathe phytothérapieLa graine est un vermifuge efficace: 5g de graines dans 100 mL d’eau bouillante, à prendre le matin à jeun plusieurs jours de suite, ou 2g de poudre dans du miel…

Pour les enfants, on préfère le cataplasme de feuilles fraîches appliqué sur ventre, à renouveler plusieurs jours.

Les semences peuvent même s’incorporer dans un gâteau, de même qu’une ou deux cuillerées d’infusion de fleurs !

Bibliographie succincte

Paul-Victor Fournier Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France Éd. Omnibus

 Breverton’s Complete herbal, based on Culpeper’s The English Physitian and Compleat Herball of 1653 Éd.Quercus

Marie-Antoinette Mulot herboriste diplômée (sic) Secrets d’une herboriste Éd.Dauphin

Jean Bruneton Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales , 5ème édition, ED.Lavoisier Tec et doc

Max Wichtl, Robert Anton Plantes thérapeutiques Tradition, pratique officinale, science et thérapeutique  2ème édition, Ed.Lavoisier, Tec et doc

Dorvault L’officine, répertoire général de pharmacie pratique dix-huitième édition-bis, Vigot frères, éditeurs, 1945

Fabienne Millet Phytothérapie pour sages-femmes, IDE, et personnel soignant. Propositions de soins en aromathérapie Phytothérapie  (2017) 15:189-196

Michel Faucon Traité d’aromathérapie scientifique et médicale Sang de la Terre

Fabienne Millet Le guide Marabout des huiles essentielles Ed Marabout

Michel Dubray Guide des contre-indications des principales plantes médicinales  Ed.Lucien Souny

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