Récolter, sécher et conserver ses plantes médicinales

            La cueillette des plantes dans la nature est un plaisir, un vrai retour aux sources. Avec quelques précautions, vous pourrez vous constituer une petite réserve de plantes pour vos tisanes, ou des huiles de massage, ou des teintures. Gardez néanmoins à l’esprit qu’il est difficile d’utiliser les plantes sauvages pour leurs vertus médicinales: pensez à la pollution atmosphérique, à la pollution des sols d’une part, aux difficultés de conservation et de séchage d’autre part. En outre, il n’est pas possible de contrôler la teneur en principes actifs des plantes que vous allez cueillir dans la nature.

Identifier: l’observation

 

La première étape consiste à vérifier l’identité de la plante: facile s’il s’agit du tilleul, plus délicat parfois car des confusions entre plantes médicinales et plantes toxiques sont possibles (par exemple entre cerfeuil, comestible et ciguë, toxique, entre pois, comestibles, et baies d’arum encore vertes , toxiques, entre bourrache, comestible, et digitale, toxique…) : ces exemples vous semblent peut-être surprenants, mais ils ont été répertoriés par le centre anti-poisons de Lille!

Vérifiez toujours l’identité de la plante avec une flore analytique, n’hésitez pas à vous faire aider, passez à la pharmacie ou chez l’herboriste, ou au laboratoire de botanique de la fac de pharmacie ou des sciences !

Récolter: la cueillette

Cueillir des plantes sauvages est passionnant, mais n’oublions jamais que la nature n’est pas un hypermarché… Si dans mon champ de vision, il n’y a qu’un pied de la plante que je convoite, je la laisse, même si elle ne figure pas sur la liste des espèces protégées.

Si j’ai besoin des feuilles, je ne coupe que les feuilles, et pas plus d’un dixième par plante: la blessure que je laisse sera moins longue à réparer.

Si j’ai besoin d’écorce, je coupe avec un couteau parfaitement propre, et sur une petite surface.

Si j’ai besoin de racine, j’essaie de préserver une bonne partie du système racinaire.

Si j’ai besoin des graines, j’en laisse une bonne part sur le sol: je ne « vole » pas la nature.

Et je ne cueille que la quantité dont j’aurai besoin: je reviendrai! Pourquoi gaspiller?

Prenez l’habitude de tenir un cahier de cueillette: vous retrouverez plus facilement les bons endroits. Il suffit de noter le nom de la plante , la date, le lieu (voire les coordonnées GPS!) et le moment de la récolte. Par exemple: le 10 juillet 2018, reine-des-prés, chemin du halage entre Ailly-sur-Somme et Dreuil, 8 heures, temps chaud.

 

Choisir bien sûr un endroit propice. Même si les tilleuls au bord du boulevard sont magnifiques, ce n’est pas le bon endroit pour la récolte: la pollution urbaine s’est déposée sur l’arbre. De même, ne cueillez pas près des champs cultivés en agriculture conventionnelle, près d’un jardin traité par des phyto-sanitaires (même si votre parcelle n’est pas traitée, le vent apporte les polluants).

 

Attention aussi à la hauteur des plantes: les animaux sauvages transmettent des parasites par leurs déjections : pas de cueillette des parties de plantes trop près du sol.

Et bien sûr, pas de cueillette de plantes protégées: la liste de l’INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel) est ici

Pour la cueillette, munissez vous de paniers ou  de cagettes en bois, mais ne prenez pas de contenants en plastique: les plantes peuvent se dégrader très vite et vous n’aurez plus la qualité escomptée.

Il vous faudra prévoir un contenant par plante récoltée: pas de mélange! Si vous faites de petites récoltes, le plus simple est de ranger vos trésors dans des petits sacs en papier ou en tissu.

Sitôt rentrés et évidemment avant le séchage, je vous conseille de rincer abondamment vos plantes à l’eau froide, pour éliminer une partie des dépôts toxiques, des parasites éventuels. Puis sécher délicatement dans un linge.

Vous êtes prêts pour le séchage!

Conserver: le séchage

Vous pouvez faire sécher vos plantes sans matériel particulier: il vous suffit de papier journal (même si la pratique est parfois contestée en raison des encres, c’est la méthode la plus économique et consacrée par l’usage) ou du papier absorbant (idéalement pour usage alimentaire et non blanchi).

Les plantes sont étalées sur une seule couche si possible, dans un endroit sombre, à température ambiante et à l’abri de l’humidité. Pour le temps de séchage, pas de norme, surveillez votre récolte chaque jour, retournez délicatement, changez le papier si besoin.

Une fois votre récolte bien sèche :

  • stockez dans une boîte métallique ou un bocal en verre qui devra rester enfermé à l’abri de la lumière,
  • étiquetez soigneusement (nom français ET nom latin pour éviter toute confusion, car plusieurs plantes peuvent porter des noms vernaculaires proches)
  • et notez la date de récolte: ne conservez pas plus d’un an vos plantes sèches.
  • Vérifiez toujours avant des utiliser que vos plantes séchées n’ont pas changé d’aspect (absence de moisissures, absence de parasites). Au moindre doute, jetez sans hésiter!

Par quelles plantes commencer?

Je vous donne quelques pistes, expérimentées dans ma région, en Picardie:

  • les fleurs de sureau
  • la reine-des-prés
  • l’ortie piquante
  • le pissenlit
  • la bourrache
  • la consoude (pour usage externe)
  • le millepertuis (pour une huile ou pour sécher)
  • le plantain
  • le bouleau
  • l’achillée
  • le bouillon-blanc
  • la mauve sylvestre
  • le coquelicot
  • la liste n’est pas exhaustive!

et avant toute préparation, renseignez-vous sur les précautions d’emploi et le contre-indications des plantes!

 

À bientôt et bonne promenade!

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