DU phyto-aroma, examens session 1, 2021

Je mets à disposition des pistes de réflexion sur les sujets proposés le 4 septembre. Pas de panique si vous avez proposé d’autres options de traitement, il y a toujours plusieurs solutions!

Examen 4 septembre 2021

Conseil et information en phytothérapie 1ère année 

1- L’huile essentielle de lavande aspic (7 points)

HE obtenue par hydrodistillation des sommités fleuries de Lavandula spica (ou L.latifolia spica), Lamiacées.

Composants principaux :

Linalol (environ 40%) (monoterpénol)

1,8 cinéole (environ 35%) (oxyde terpénique)

bornéone = camphre 10 à 15 %. (cétone)

En ce qui concerne le camphre, la teneur peut varier considérablement d’une origine géographique à l’autre, avec des taux pouvant atteindre 50 % (Portugal) contre 10-15 % attendus (France) : d’où encore une fois l’intérêt de consulter la chromatographie.

HE Lavande aspic est dépourvue (ou quasi dépourvue) en revanche d’acétate de linalyle

Autres constituants notables:

α terpinéol et thujanol

Précautions et contre-indications :

Générales :

ATCD d’allergie (et non intolérance) à une HE → touche d’essai au pli du coude 48h avant l’utilisation.

Pas d’usage prolongé

Spécifiques :

La présence de camphre ou bornéone, cétone en C10, contre-indique , quelle que soit la voie d’administration :

chez l’enfant (< 30 mois, mais en pratique 7 ans),

durant la grossesse et l’allaitement.

En cas d’ATCD de convulsions/épilepsie.

Indications principales :

(l’activité est liée à l’HE, molécule citée pour mémoire)

Cicatrisante des brûlures et piqûres (linalol)

Mucolytique expectorante (1,8 cinéole + camphre)

Antiinfectieuse (1,8 cinéole, linalol, thujanol, bornéol) ORL, mycoses, zona, herpès…

Antalgique (linalol + camphre)

Voies d’administration privilégiées

VOIE cutanée diluée, pour l’adulte 5 à 20 % dans une HV, en fonction de la surface d’application, de l’association ou non avec une autre HE, de la surface à traiter et de la durée du traitement.

L’utilisation pure est possible, ponctuellement (sur une piqûre d’insecte, de plante ou d’animal par ex)

Pour mémoire, les voies vaginale, rectale sont possibles (prescription médicale), l’inhalation sèche est possible également.

La voie orale ne présente pas d’intérêt.

2- Le 1,8 cinéole : (4 points)

Synonyme eucalyptol (on trouve aussi cajeputol dans des ouvrages anciens).

Oxyde terpénique , extrêmement répandu (dans + de 200 HE). La formule n’est donnée que pour rappel.

Précautions et contre-indications

CI enfant et nourrisson , en particulier sous la forme de gouttes nasales (risque convulsif, risque dépression du système nerveux central)

Précautions d’emploi < 7 ans (voire 12 ans pour les HE les plus concentrées)

Contre-indication grossesse

Contre-indication asthme pour les HE qui contiennent > 70-80 % de 1,8 cinéole

Effet promoteur d’absorption, effet inducteur des cytochromes : à prendre en compte par principe.

Activité

Dominée par son tropisme respiratoire :

Mucolytique, expectorant (stimule les glandes à mucine et l’activité des cils bronchique), antiinflammatoire de l’arbre bronchique et spasmolytique sur la trachée.

antibactérien régulièrement actif sur Staphylococcus aureus ,

immunomodulantaugmente les β et γ globulines

Citez 3 HE qui contiennent plus de 50 % de 1,8 cinéole

HE Eucalyptus globulus 70 -80%

HE Eucalyptus radiata 50-60 %

HE Cinnamomum camphora ct 1,8 cinéole Ravintsara 60 %

HE Rosmarinus off ct 1,8 cinéole (Romarin chémotype cinéole) 50 %

HE Cinnamosma fragrans = Mandravasarotra 50 % (vérifier la chromato : de 35 à 90%!)

3- Extrait lipidique de millepertuis (2 points)

Macérat huileux de Hypericum perforatum sommités fleuries.

Macérat dans une huile végétale, le plus souvent tournesol, mais aussi olive.

Liquide rouge.

Antalgique, cicatrisante, antiinflammatoire.

Utilisé tel quel ou comme véhicule des HE, pour brûlures et douleurs (articulaires, neuropathiques, musculaires…)

Attention, macérat photosensibilisant.

4- Agathe , 4 ans et Younes, 7 ans, sont tous les deux malades en voiture. Leur grand-père voudrait utiliser « quelque chose de naturel » pour un long trajet : que proposez-vous ? (3 points)

Nous n’avons aucune précision sur les éventuels ATCD des enfants, ni sur les autres voyageurs → prudence.

Mesures classiques (pas à jeun, pas de repas pantagruélique, point d’acupression, homéopathie…)

Biscuits au gingembre ou gingembre confit de bonne qualité par ex.

En aroma : une gtte essence citron jaune zeste Citrus limonum, ou orange douce Citrus sinensis, ou HE gingembre Zingiber officicinale, en inhalation sèche (1 gtte sur un mouchoir à respirer à la demande)

Si pas de précaution particulière : diffuser HE gingembre + HE citron jaune dans l’habitacle, quelques minutes, au moins une demi-heure avant le départ. L’odeur qui persiste doit être très légère, sinon, aérer.

5- En gemmothérapie, quelles sont les parties des plantes utilisées ? Quels sont les solvants ? (2 points)

bourgeons

floraux avant éclosion,

foliaires avant développement de la feuille,

écorce interne des jeunes rameaux avant la montée de sève

jeunes pousses : juste après ouverture des bourgeons

sève : avant les feuilles pour le bouleau, pendant la floraison pour Salix alba

jeunes racines et radicelles 

Solvants : mélange eau-alcool-glycérine (parfois seulement alcool-glycérine) pour obtenir un produit fini à 1:20 en poids sec

5- Marianne 25 ans est toujours anxieuse, elle a du mal à s’endormir, elle décrit des « brûlures d’estomac » et des palpitations (le bilan médical est parfaitement normal). Quels remèdes de gemmothérapie pouvez-vous évoquer ? (2 points)

2 remèdes à évoquer en priorité :

Bourgeon de Ficus carica figuier

(troubles digestifs ‘hauts’, sur une composante psycho somatique)

et d’aubépine Crataegus oxyacantha sur l’expression « palpitations » (avec la certitude médicale de la bénignité du trouble)

Phyto-aromathérapie clinique 1ère année 

1- L’huile essentielle de Gaulthérie couchée (7 points)

HE extraite par hydrodistillation des sommités fleuries de Gaultheria procumbens, Éricacées

Principal constituant :

salicylate de méthyle >99 %.

Précautions et contre-indications :

Générales :

ATCD d’allergie (et non intolérance) à une HE → touche d’essai au pli du coude 48h avant l’utilisation.

Spécifiques

toutes celles des salicylés

allergie aux salicylés, toutes voies

grossesse (quel que soit le trimestre) et allaitement, toutes voies

voie orale CI par principe

enfant et nourrisson, toutes voies

irritante pour la peau : pas d’utilisation pure.

interactions : prudence avec les anticoagulants (AVK ou non, antiagrégants) en cas d’usage prolongé/ ou grande surface d’application

Activité

Antiinflammatoire

un peu antispasmodique

Utilisation

Voie cutanée diluée exclusivement, 10 % chez adulte (+ concentré possible sur une courte durée). Traitement limité dans le temps et la surface d’application.

Son action révulsive peut être mise à profit (« décapage » de lésions de psoriasis, avec précautions et sous surveillance du traitement )

Pas de VO, pas d’inhalation sèche ou humide, pas de voie interne.

2- Le menthol : (4 points)

Monoterpénol peu ou pas soluble dans l’eau.

Activité

Effet froid (vasoconstriction) : antalgique, et « nez bouché »

Antiinfectieux : bactéricide (< thymol ou carvacrol), antifongique, antiviral (dont HSV)

Tonique

antiinflammatoire (côlon, arbre respiratoire pour HE Mentha piperita)

Précautions et contre-indications

Grossesse allaitement

CI enfant < 7 ans (voire 12 ans)

Accidents par instillations de gouttes nasales (donc VO implique aussi partiellement voie inhalée), en particulier chez l’enfant :Risque de spasme de la glotte

Cardio vasculaire

Inhalation de menthol engendre une dilatation des capillaires de la muqueuse nasale .

Vasoconstriction suivie de vasodilatation également décrite : attention grossesse (le menthol est CI!)

Interaction avec la quinidine a été décrite

Possible potentialisation de la warfarine

Citez 2 HE particulièrement riches en menthol

HE Mentha piperita Menthe poivrée 50 %

HE Mentha arvensis Menthe des champs 70-80 %

3- Huile végétale de calophylle (2 points)

Huile végétale extraite par pression à froid de l’amande séchée de Calophyllum inophyllum.

Indice d’acide élevé → si usage prolongé, préférable de la diluer avec une autre HV (risque théorique!)

Composition

AG saturés> 25 % (stéarique et palmitique)

AG insaturés : pas d’ ω 3

ω 6 linoléique 36 %

ω 9 oléique > 38%

ω 7 AGMI palmitoléique 0,8 %

Huile brute : 20 % de résines et AG.

Propriétés principales

Cosmétique

Régénération cutanée (anti vieillissement), adoucissante, protectrice

Thérapeutique

Elle a son action propre , au-delà de son rôle de véhicule

Anti inflammatoire du système ostéo articulaire (sport, rhumatismes, arthrose)

Cicatrisant (brûlures, eczémas secs et suintants, pso, acné, nécroses, escarres, plaies qui traînent…)

Également :

Tonique et protecteur capillaire (varices, hémorroïdes, couperose), ce qui complète les activités antiinflammatoire et cicatrisante

antiseptique (zona, mycoses, gingivites, mais goût!), ce qui complète l’activité cicatrisante

antalgique léger (avec EL millepertuis), ce qui complète l’ activité antiinflammatoire

4- Arthur, 27 ans, passe un concours important la semaine prochaine :

il « perd ses moyens », il décrit maux de ventre, palpitations (il a même vu son médecin , pas de pathologie détectée), il a du mal à s’endormir. Il prend ponctuellement du salbutamol par voie inhalée pour un asthme d’effort (rarement : moins d’une fois par mois selon lui). Que proposez-vous en aroma et/ou en gemmothérapie? (2 points)

En premier lieu : asthme, donc, les HE avec prudence (même si Arthur décrit seulement un asthme d’effort)

Penser à la phyto.

Pour les HE, faire tester prudemment (respirer de loin une HE pour qu’il évalue une gêne éventuelle . S’il a de mauvaises expériences ou une certaine appréhension, ne pas proposer).

Propriétés recherchées : apaisantes !

Molécules intéressantes : esters, éventuellement association linalol + acétate de linalyle.

On peut proposer par ex HE Chamaemelum nobile (angélates d’isobutyle, d’isoamyle) associée ou non à Lavandula vera ou Petit-grain bigaradier Citrus aurantium feuilles , (linalol + acétate de linalyle)selon le choix olfactif et la tolérance.

Par ex en dilution à 10 % dans une HV (cire liquide de jojoba, ou noyau d’abricot, ou noisette ou autre), en application externe au niveau du plexus solaire, face interne des poignets, voire plante des pieds ? 2 ou 3 fois par jour.

± 1 gtte sur un mouchoir à inhaler, selon sa tolérance.

En gemmo, deux remèdes particulièrement adaptés : le tilleul Tilia tomentosa (endormissement, « mal au ventre » lié à l’anxiété) et l’aubépine Crataegus oxyacantha (anxiété avec expression sur le rythme cardiaque. Son asthme ne pose ici pas de pb)

5- En gemmothérapie, quelles sont les parties des plantes utilisées ? Quels sont les solvants ? (1 point)

bourgeons

floraux avant éclosion,

foliaires avant développement de la feuille,

écorce interne des jeunes rameaux avant la montée de sève

jeunes pousses : juste après ouverture des bourgeons

sève : avant les feuilles pour le bouleau, pendant la floraison pour Salix alba

jeunes racines et radicelles 

Solvants : mélange eau-alcool-glycérine (parfois seulement alcool-glycérine) pour obtenir un produit fini à 1:20 en poids sec

5- Marguerite, 17 ans est en vacances, elle a mal au ventre pendant ses règles,

comme à chaque cycle, au point de rester couchée une journée. Elle ne décrit pas de syndrome prémenstruel , ses cycles sont réguliers, pas de contraception. Sa grand-mère voudrait essayer quelque chose. Elle dispose des HE suivantes :

HE Ravintsara , HE Petit-grain bigaradier, HE Gaulthérie couchée, HE Romarin ct cinéole, HE Tea-tree, HE Camomille noble, HE Gingembre.

( 4 points)

a-Donnez les noms latins de ces HE.

HE Ravintsara Cinnamomum camphora ct 1,8 cinéole,

HE Petit-grain bigaradier Citrus aurantium feuilles ,

HE Gaulthérie couchée Gaultheria procumbens,

HE Romarin ct cinéole Rosmarinus officinalis ct 1,8 cinéole,

HE Tea-tree Melaleuca alternifolia,

HE Camomille noble Chamaemelum nobile,

HE Gingembre Zingiber officinale.

b-Que proposez-vous dans l’immédiat , en vous limitant aux produits disponibles ?

(Les flacons compte-gouttes délivrent 20 gouttes au mL. On dispose de flacons vides de 30 mL et de 15 mL, d’huile d’olive, de beurre de karité, de cérat frais sans eau, d’un lait hydratant bio et d’huile de paraffine).

Propriétés recherchées : antispasmodiques, antalgiques

Molécules intéressantes : esters, linalol

Choix : camomille noble (angélates d’isobutyle, d’isoamyle…) et Petit-grain bigaradier (linalol + acétate de linalyle)

Proposition :

En s’assurant que Marguerite n’a pas d’ATCD d’allergie aux HE.

HE Camomille noble 10 % soit 1,5ml = 30 gttes

HE Petit-grain bigaradier 10 % soit 1,5ml = 30 gttes

dans huile d’olive qsp 15 mL (plutôt que le flacon de 30 mL : préférable pour la conservation, et inutile d’en préparer un volume important)

quelques gouttes du mélange en application externe sur le bas ventre et le bas du dos, 3 à 6 fois par jour, à la demande)

pas de lait corporel (effet promoteur d’abs des HE, pas d’huile de paraffine (alcanes et non acides gras), cérat frais sans eau peu adapté : difficile de peser une petite quantité, et de mélanger de manière homogène, idem beurre de karité)

c- Pouvez-vous proposer quelque chose pour les cycles suivants ?

En gemmothérapie :

Bourgeons de framboisier Rubus idaeus en macérât-mère glycériné 15 gouttes par jour dans un peu d’eau , voie orale, en début de cycle (à commencer avant le 5ème jour et jusqu’au 15ème jour sur un cycle de 28 jours) puis

Bourgeons de pommier Malus communis en macérât-mère glycériné 15 gouttes par jour du 16ème au 25ème jour (toujours sur des cycles de 28 jours)

Conseil et information en phytothérapie 2 ème année 

1- L’huile essentielle de romarin ct camphre (7 points)

HE extraite par hydrodistillation des feuilles de romarin officinal Rosmarinus officinalis, le plus souvent origine Provence.

Sa composition associe notamment environ 30 % de camphre (bornéone), 30 % de 1,8 cinéole et 2 % d’acétate de bornyle (mais pas de verbénone). En outre, on trouve près de 40 % de monoterpènes ( α pinène, camphène).

Précautions d’emploi et contre-indications

Générales :

ATCD d’allergie (et non intolérance) à une HE → touche d’essai au pli du coude 48h avant l’utilisation.

Spécifiques :

La présence de camphre ou bornéone, cétone en C10, contre-indique , quelle que soit la voie d’administration :

chez l’enfant (< 30 mois, mais en pratique 7 ans),

durant la grossesse et l’allaitement.

En cas d’ATCD de convulsions/épilepsie.

Hypertensive dose moyenne : prudence en cas d’ATCD HTA

Pas d’usage prolongé, privilégier la VCD

Indications

Comme les deux autres chémotypes courants de HE Romarin officinal (ct 1,8 cinéole et ct acétate de bornyle-verbénone ABV), HE Romarin officinal ct camphre est cholagogue et cholérétique.

Musculosquelettique : décontracturante relaxante, antalgique externe et antiinflammatoire.

ORL et arbre respiratoire : mucolytique, expectorante

Elle est traditionnellement utilisée comme emménagogue, sans toutefois montrer d’activité hormonale.

La présence de cétones lui confère une activité lipolytique.

Mode d’utilisation

De préférence chez l’adulte.

En VCD diluée : 10 à 20 % dans une HV adaptée, 2 ou 3 applications quotidiennes en regard de la zone à traiter (par ex muscle/articulation, thorax/dos pour les indications « bronches »)

Concentration à adapter selon l’âge à partir de 7 ans.

NB Chez l’adulte, si la voie orale est choisie (exceptionnellement), le traitement sera toujours de courte durée, à poso précise (de l’ordre de 200mg par jour en 3 ou 4 prises, en dilution dans une HV ou en capsules gastro résistantes), en respectant les CI et PE liées à la VO : voie d’administration à utiliser sous contrôle médical exclusivement.

2- Gustave, 18 mois, a un eczéma aux plis des coudes, des genoux. Les crèmes hydratantes ne suffisent pas. Que proposez-vous ? (4 points)

Objectifs : une activité anti-inflammatoire sur les lésions, anti-prurigineuse, hydratante/relipidiante.

Contraintes : enfant de moins de 30 mois, dont on ignore l’état de santé par ailleurs (asthme ? Allergies éventuelles, eczéma sur terrain atopique ? ATCD de convulsions ?)

On s’oriente sur un traitement local.

Choix des actifs :

Antiinflammatoire : à l’âge de Gustave, le choix se porte

sur des acides gras : acide α linolénique et γ linolénique en particulier (cf cascade arachidonique)

un MT linalol par ex

ester : acétate de linalyle par ex

chamazulène (apparenté aux SQT)

Antiprurigineux : apaisantes (linalol, acétate de linalyle)

Anti déshydratation : une HV mais jamais d’huile minérale (contient des alcanes et non des acides gras)

des HA, lavande fine Lavandula officinalis ou camomille romaine Chamaelum nobile (=noble) ou matricaire Matricaria recutita ou rose de Damas Rosa damascena. Attention à la qualité des HA, veiller à vérifier le nom latin, l’origine, les conservateurs éventuels.

Exemples d’utilisation :

lotionner avec un HA lavande fine ou camomille puis appliquer une huile végétale bourrache Borago officinalis (utiliser des capsules destinées à la voie orale, les percer et appliquer l’huile sur les lésions).

D’autre part, veiller aux mesures d’hygiène indispensables, ne pas « surlaver » Gustave, attention si eau très calcaire, coton sur la peau, pas d’adoucissants… et vérifier l’alimentation (en particulier les apports en AG essentiels ).

Peut-on utiliser des HE ?

Oui , mais…à deux conditions :

– davantage de renseignements sur la santé de Gustave (cf supra)

– peu d’HE sont utilisables à 18 mois

– la concentration sera de l’ordre de 0,5 à 1 % donc très difficile à réaliser concrètement au domicile de l’enfant. Par ex 0,5 % représente… 1 gtte et demie d’HE dans un flacon de 15 mL (en prenant une hypothèse de 20 gouttes au mL) : évidemment irréaliste (3 gouttes dans 30 mL demeurant extrêmement imprécis)

– donc les HE ne seront pas le premier choix. 

3- Huile végétale d’amande douce (2 points)

Huile végétale extraite par première pression à froid de la graine de Prunus amygdalus var dulcis.(pour info, les amandes fournissent plus de 50 % d’huile).

Riche en AG ­ω6 : linoléique, en ω9 oléique, les AG insaturés sont largement majoritaires.

C’est l’huile de l’enfance, douce et onctueuse : toilette des bébés, massages, érythèmes, croûtes de lait… Elle peut-être utilisée comme démaquillante, sur tous types de peau.

Elle peut également être consommée comme huile alimentaire (réputée antiinflammatoire digestive, laxative).

4- Monsieur T., 48 ans, il a un lumbago après un effort de soulèvement. Il suit par ailleurs un traitement avec un anticoagulant. Que pouvez-vous proposer en aroma et/ou en gemmothérapie (3 points).

Remarque préliminaire Patient sous anti coagulant → attention aux interactions , en particulier avec le salicylate de méthyle . L’HE Gaultherie couchée n’est pas un choix judicieux pour un usage sur une gde surface (lumbago) ou prolongé.

D’abord, si on souhaite utiliser les HE, s’assurer de l’absence de CI générales (ATCD d’allergie à une HE).

Propriétés recherchées :

antiinflammatoire, antalgique et décontracturant musculaire.

Molécules intéressantes :

esters, mais pas le salicylate de méthyle,

SQT sesquiterpènes (zingiberène, β caryophyllène, chamazulène…)

linalol, antinociceptif, pinène ou p.cymène antalgique percutané, menthol (mais vérifier qu’il n’y ait pas d’antiarythmique)

camphre, attention si HTA

citrals…

Dans les HV : HV calophylle, MH arnica, MH millepertuis (antalgique, mais attention à la photosensibilisation)

par ex :

HE Lavandin abrial (linalol + acétate de linalyle + camphre) 10 %

HE Eucalyptus citronné Eucalyptus citriodora (citronellal) 10 %

dans une huile végétale (cf supra)

par ex, en considérant que les flacons d’HE délivrent en moyenne 20 gouttes au mL=

30 gouttes de chaque HE dans HV qsp 15 mL.

D’autres associations sont bien sûr possibles : par ex HE Chamomilla recutita + HE Cymbopogon citratus

En cas de fatigue persistante associée, le choix pourra se porter sur une HE riche en pinènes (Pinus sylvestris) et Laurus nobilis ou Zingiber off…

Posologie : quelques gouttes du mélange 3 fois par jour en usage externe .

Dans ce contexte, la gemmothérapie n’apportera pas un avantage décisif. On peut proposer bourgeon Ribes nigrum en macérât-mère glycériné en cas de lumbago survenant dans une période de grande fatigue ou de stress important, comme un déménagement . Dans ce cas, 15 gouttes le matin dans un peu d’eau, une quinzaine de jours.

5- Quelles sont les propositions exactes : (Répondre sur la copie)1 point (tout ou rien)

a- « L’HE Lavandula stœchas est une HE de choix chez l’enfant à partir de 30 mois ». : FAUX présence de cétones (fenchone) neurotoxique → CI

b-  « L’HE Cinnamomum zeylanicum écorce contient de l’eugénol » FAUX (cinnamaldéhyde dans l’écorce, eugénol dans la feuille)

c- « L’HE Rosmarinus officinalis ct cinéole est dépourvue de camphre » FAUX (environ 10 %. Les HE Romarin off. Ct cinéole, ct camphre et ct ABV contiennent du camphre)

d- « L’huile végétale de Argania spinosa peut être utilisée par voie cutanée et par voie orale » VRAI (Veiller à la qualité de l’HV)

e- « L’extrait lipidique de millepertuis est photosensibilisant ». VRAI

5- Christophe, 43 ans, prépare un triathlon. Il est bien entraîné, il souhaite une huile de massage qu’il puisse utiliser sur les jambes, les épaules et les lombaires, après chaque sortie (4 entraînements hebdomadaires). Il est en parfaite santé . Que proposez-vous ? (formulation, préparation simple réalisable par Christophe sans matériel particulier, posologie, mode d’emploi etc)

On considère que les flacons d’HE délivrent 20 gouttes au mL

(3 points)

  • Quels sont les besoins ?

Prévention des courbatures, tendinites, blessures musculaires → en complément des mesures diététiques et physiques

Récupération

Bien-être → intérêt du massage

  • Précautions ?

Grande surface d’application → si utilisation d’HE , respecter une faible concentration (raisonnablement, < 5%)

Facilité d’utilisation

→ des HE courantes, d’odeur agréable pour Christophe, préparation simple (maxi 2 HE!)

→ texture acceptable pour Christophe : huile végétale fluide ou pas ? Facilité de glisse, non « collante »…

→ pas de substance photosensibilisante

Coût raisonnable (4 entraînements par semaine + utilisation sur une grande surface corporelle)

  • Choix des substances :

en priorité des HV :

HV : noisette, sésame sont fluides et adaptées aux massages

HV Calophylle est intéressante pour son activité antiinflammatoire , mais plus épaisse, avec un indice d’acide plus élevé → à diluer dans HV noisette par ex

MH arnica intéressante pour son activité sur les tensions musculaires, les micro-traumatismes

en revanche MH millepertuis exclu, car photosensibilisant

CL jojoba n’est pas le premier choix car ne rend pas le massage facile.

Des HE ?

Intéressantes selon les entraînements, pour faciliter la relaxation et la récupération musculaire notamment

par ex HE riches en camphre et esters : Lavandin abrial (camphre, acétate de linalyle),

ou en camphre + MT + SQT Rosmarinus officinalis ct camphre

Mais la gaulthérie couchée ou la gaulthérie odorante ne sont pas des choix pertinents (grande surface et répétition des applications: possible de tps en tps ), les camomilles Chamamemelum nobile ou Chamomilla recutita, l’hélichryse italienne ne se justifient pas dans ce contexte (odeur, coût)

Des HA ?

Pas vraiment ici, Christophe souhaite  une « huile de massage ».

  • Propositions

Un macérat huileux d’arnica , utilisé seul

ou

une huile de massage avec

HE Romarin ct camphre 2 à 5 %

dans HV noisette ou de sésame

ou

une synergie plus apaisante

HE Lavandin abrial 2 à 5%

dans HV noisette ou sésame

On cherche ici davantage l’effet mécanique du massage, avec une potentialisation par les HE.

Il est aussi possible de varier les utilisations : par ex une application de MH arnica certains jours, l’utilisation de mélange avec romarin pour son effet « chauffant » avant un entraînement nage en eau vive , ou en période hivernale pour vélo / course à pied

Ne pas négliger les préférences olfactives.

Préparation :

en considérant que le flacon d’HE délivre 20 gouttes au mL, si Christophe utilise un flacon de service de 30 mL :

0,6 mL d’HE pour une concentration à 2 % , 1,5 mL pour une concentration à 5 %,

soit 12 à 30 gouttes d’HE dans le flacon vide de 30 mL et compléter à 30 mL avec une végétale. (pour un flacon de service de 60 mL, il faudra évidemment 24 à 60 gouttes d’HE).

Il est préférable de préparer des flacons de service de petit format, pour faciliter la conservation (et la dégradation du mélange).

Phyto-aromathérapie clinique,

2ème année 

1- L’huile essentielle de Cinnamomum zeylanicum, écorce (7 points)

HE obtenue par distillation de l’écorce (« chips ») du cannelier de Ceylan (origine Sri-lanka).

L’HE contient majoritairement du cinnamaldéhyde ou aldéhyde cinnamique (> 65%), on trouve aussi des sesquiterpènes (β caryophyllène), des esters (acétate de cinnamyle, benzoate de benzyle), des monoterpènes, 10 % environ (β phellandrène, p-cymène), un peu de phénols, 5 % environ (dont l’eugénol, majoritaire dans l’HE extraite des feuilles du même cannelier).

Précautions d’emploi

Pas d’utilisation chez l’enfant < 6 ans

HE dermocaustique → voie orale possible sous conditions, PE voire CI sur gastrite, œsophagite, ulcère gastro duodénal

→ voie cutanée diluée : seulement si nécessité. Effet dermocaustique peut être recherché (mycose ungéale par ex)

HE hépatotoxique → traitement court per os, avec protection hépatique (chardon-marie âr ex), CI hépatite

per os ne pas dépasser 120mg/j (en 3 prises, gélules gastro-résistantes)

Propriétés

Communes aux canneliers

Anti bactériennes sur infections intestinales : diarrhées, turista

antivirale

antifongique Aspergillus, Candida

antiparasitaire

Anti colibacille +++ (cystites OK)

Plus spécifiques à HE Cinnamomum zeylanicum op écorce

Active sur Helicobacter pylori mais concrètement attention à l’effet irritant !

Action anti coagulante légère

Insectifuge.

Pour les sportifs, elle est « réchauffante » (attention à la concentration pour limiter un effet irritant.

HE tonique : stimule le fonctionnement du tractus digestif, utile dans les syndromes de glissement (même en olfaction), réputée aphrodisiaque

2- Victor, 64 ans, vient d’être opéré d’un cancer de la prostate.

Il a commencé la radiothérapie et une hormonothérapie (triptoréline + flutamide). Il voudrait apaiser l’érythème sur la zone irradiée, et surtout les bouffées de chaleur très invalidantes. D’autre part, il est fatigué. Par ailleurs, il prend un anti hypertenseur, de l’aspirine (100mg/j) et esoméprazole (20mg par jour).

Que proposez-vous en aroma et/ou gemmothérapie ? (4 points)

Remarques préliminaires

Cancer hormono dépendant → donc pas d’HE ou de plante ayant une action hormonale, même discrète.

Interactions médicamenteuses potentielles.

Esoméprazole : gastrite ou RGO ou ulcère gastro duodénal → pas d’HE per os

Propriétés recherchées

Sur l’état général : fatigue → gemmo ?

Bouffées de chaleur → PG ? Lien éventuel avec état psychologique ?

Sur la peau : cicatrisantes, antiinflammatoires

Si le choix se porte sur des HE, s’assurer de l’absence de CI (intolérance, allergie, ATCD épilepsie,asthme etc)

Quels remèdes évoquer ?

  • Sur la zone irradiée : l’HE de premier choix serait une Melaleuca , en particulier M.cajeputi. Néanmoins, s’agissant d’une HE qui est susceptible d’avoir une activité hormonale (estrogénique), elle ne peut être utilisée qu’avec l’aval du radiothérapeute. On privilégie les HV : macérat de calendula (antiinflammatoire, antalgique), HV calophylle ( antiinflammatoire, cicatrisante), rose musquée, germe de blé, calendula… seules ou en mélange. Le MH de millepertuis est antalgique, mais attention à son effet photosensiblisant. Il est envisageable d’ajouter une HE lavande fine (ou officinale) Lavandula vera ou L.officinalis ou de bois de Hô Cinnamomum camphora ct linalol , à très faible concentration (1%), compte tenu de la fréquence et de la durée d’utilisation. Dans ce cas ; proposer d’alterner les applications du mélange HE/HV et d’HV. 2 ou 3 fois par jour, en rinçant soigneusement (eau + savon de Marseille) avant la séance suivante. À alterner le cas échéant avec la crème prescrite par le radiothérapeute : mais ne pas diluer les HE dans une crème ou un lait. On peut aussi proposer de vaporiser un hydrolat adapté, lavande fine, matricaire, ou hélichryse italienne par ex.
  • Bouffées de chaleur : une intervention avec une plante « estrogénique » est exclue. Il est judicieux d’essayer l’HV Onagre Œnothera biennis, per os, à raison de 2 à 3g par jour à répartir en 3 prises, sous forme de capsules plutôt qu’en cuillerée (moins précis, et mauvaise conservation en flacons, du fait de l’oxydation → rancissement) associée si nécessaire à une préparation d’aubépine.
  • Pour la fatigue, mesures hygiéno-diététiques primordiales (nutrition, activité physique, sommeil), on peut proposer une cure de 15 jours de bourgeon de cassis Ribes nigrum en macérât-mère glycériné , à raison de 15 gouttes le matin et/ou une application de HE épinette noire Picea mariana (ou pin syvestre Pinus sylvestris) à 10 % dans une HV sur le bas du dos, le matin pendant une semaine ou deux.

3- L’huile de bourrache (2 points)

Extraite par pression à froid des graines de Borago officinalis

Composition :

AGS (< 8 %, palmitique et stéarique) , AGMI (15 à 20 %, oléique : ω 9) et AGPI (40 à 70 %) dont acide linoléique et GLA (γ linolénique) 20 à 30%, ω 6.En revanche, peu d’ AGPI ω 3 (0,2 % α linolénique)

Utilisations :

per os possible, 1,5-3g par jour chez l’adulte, principalement pour des indications dermatologiques (sécheresse)

Usage externe : conservation difficile du fait de la présence importante d’acides gras polyinsaturés.

Possible d’ajouter 5-10 % de cire liquide de jojoba pour améliorer la conservation.

Sur de petites surfaces, utiliser des capsules destinées à la voie orale, les percer pour recueillir l’HV.

Sur des zones + étendues, la mélanger à une HV argan, sésame ou amande douce par ex.

Indications : elles découlent de la présence de GLA → antiinflammatoire, eczéma/atopie, peaux matures, cicatrices, prévention des vergetures (utilisation possible pendant la grossesse).

4- Aurélien, 44 ans, a une poussée de psoriasis (coudes, cuir chevelu).

Il n’a pas repéré de déclencheur particulier, ses poussées ne semblent pas liées à un stress ou une anxiété. Il est sous Dépakine « depuis toujours ». Que proposez-vous, en aroma et/ou gemmothérapie ? (3 points)

Remarques préliminaires

Aurélien est sous Dépakine® → épilepsie → les HE ne sont pas le premier choix (même si certaines seraient envisageables)

Propriétés recherchées :

antiinflammatoires, relipidant/hydratant ou limitant la déshydratation.

Ex :

HV bourrache, une capsule à percer, appliquer sur les lésions 2 fois par jour. Si les surfaces sont plus importantes, HV bourrache 20 % + CL jojoba, ou HV calophylle, argan, nigelle, avocat Laurus persea (insaponifiables : élasticité). Dans le cuir chevelu, proposer l’application de l’huile en masque un moment avant le shampooing (de 15 minutes à une nuit selon la patience et la motivation d’Aurélien).

Parallèlement, lotionner ou vaporiser un hydrolat de camomille noble, ciste ou hélichryse.

En gemmothérapie, le choix se porte sur le bourgeon de platane Platanus orientalis, en macérât-mère glycériné 15 gouttes le matin dans un peu d’eau.

Et indispensable, veiller aux apports nutritionnels …

5- Quelles sont les propositions exactes : (Répondre sur la copie, je ne corrigerai pas les feuilles volantes)1 point (tout ou rien)

a- L’HE Origanum compactum est une HE de choix chez l’enfant de plus de 30 mois FAUX présence de phénols

b- L’HE Cinnamomum zeylanicum écorce contient de l’eugénol FAUX cinnalmaldéhyde dans l’ HE écorce, eugénol dans l’HE de feuilles

c- L’HE Rosmarinus officinalis ct cinéole contient du camphre VRAI les 3 chémotypes courants d’HE romarin officinal contiennent du camphre (ct cinéole, ct camphre et ct ABV acétate de bornyle verbénone)

d- L’huile végétale de Prunus amygdalis var dulcis peut être utilisée par voie cutanée et par voie orale VRAI

e- L’extrait lipidique de millepertuis n’est pas photosensibilisant. FAUX, il est photosensibilisant

5- Aline, 52 ans remarque que son sommeil est plus difficile et qu’elle est de plus en plus souvent gênée par des bouffées de chaleur. Elle a subi une hystérectomie il y a cinq ans (fibromes). Elle a eu un cancer du sein à 39 ans (tumorectomie + radiothérapie). Il y a des antécédents familiaux de cancers du sein : sa sœur, sa mère, deux tantes maternelles. Elle ne prend pas de traitement par ailleurs.

Que proposez-vous en aroma et/ou en gemmothérapie ? (3 points)

Remarques préliminaires

Pas de plantes ou HE estrogéniques !

Si le choix se porte sur des HE, s’assurer de l’absence de CI (intolérance, allergie, ATCD épilepsie,asthme etc)

Ménopause ou péri ménopause ? Difficile de repérer les cycles le cas échéant.

On s’oriente vers HV onagre Œnothera biennis, 1,5g à 3g par jour, en 3  prises, associée à aubépine.

Pour le sommeil, en aroma, il est possible de proposer des HE à linalol + esters, par ex Lavande fine, ou Petit-grain bigaradier Citrus aurantium feuilles, en inhalation sèche, ou application cutanée sur le plexus solaire, voire en massage sur une plus grande surface. Dilution dans HV adaptée, 10 % si application sur petite surface, 2-5 % si massage sur une gde surface.

D’autres HE sont possibles ! Tenir compte des préférences olfactives, des habitudes…

En gemmo, selon le terrain, Tilia tomentosa ou Ficus carica, mais penser aussi à Crataegus oxyacantha sur le tableau bouffées de chaleur + insomnie.

On peut aussi évoquer le bourgeon d’airelle rouge, Vaccinium vitis : le choix sera déterminé par l’ensemble des symptômes et du mode réactionnel de la patiente.

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