La reine des prés

La reine des prés, Filipendula ulmaria, Rosacées

Connue aussi sous les noms de spirée, belle des prés, ulmaire, barbe de chèvre, pied de bouc, fleur des abeilles, vignette, filipendule, herbe-du-pauvre-homme (1;3)

Un peu d’histoire(s)

Du temps où les jonchées garnissaient les sols froids et humides des demeures , la reine-des-prés se mêlait à la paille pour parfumer les pièces, en particulier dans les salles de banquet, car son parfum « rend le cœur joyeux et enchante les sens » .

Les délicates fleurs d’un blanc crémeux ornaient les églises pour accueillir les fiancés, et figuraient dans le bouquet de la mariée, pour apporter amour, joie et mariage heureux.

Les  vertus médicinales de la reine-des-prés sont connues depuis Dioscoride (1er siècle)

Pour les druides, c’est une herbe sacrée, et on en a retrouvé des traces dans des tombes datant de l’Âge de bronze au pays de Galles. (2)

Les propriétés médicinales

On utilise les parties aériennes de la plante, séchées en tisane , en poudre (gélules), en extraits stabilisés de plante fraîche, ou en extraits secs (gélules ou comprimés).

 Une plante diurétique

Utilisez la reine-des-prés pour « faciliter l’élimination rénale de l’eau » selon le terme consacré: contre la « rétention d’eau »,  pour lutter contre la cellulite (associée à un exercice physique suffisant et une alimentation adaptée bien sûr:  toute reine qu’elle soit, notre belle spirée n’est pas une magicienne…)

Une tisane anti cellulite (attention, pas d’utilisation prolongée: faites des cures de trois semaines maximum, en laissant un mois ou deux entre deux cures):

reine-des-prés (Filipendula ulmaria, sommités)

ortie piquante (Urtica dioica feuilles)

prêle (Equisetum arvense parties aériennes stériles)

bruyère (Calluna vulgaris fleurs)

en parties égales, 1 cuillerée à soupe pour un demi-litre d’eau bouillante, laisser infuser 5 minutes. 2 tasses par jour (avant 16heures, en raison de son effet diurétique).

Ne pas faire bouillir, car les principes actifs de la reine-des-prés sont altérés à ébullition: verser l’eau bouillante sur les plantes sèches.

Une plante sudorifique et fébrifuge

C’est-à-dire qui facilite la transpiration et fait baisser la fièvre: une tisane fort utile , dépourvue des effets irritants de l’aspirine pour les refroidissements notamment.

Une plante antirhumatismale

Les propriétés antiinflammatoires de la reine-des-prés sont avérées: elle contient une molécule de la famille de l’aspirine. Son avantage indéniable: la reine-des-prés n’irrite pas l’estomac. (3)

Pour calmer des douleurs articulaires: préparez un cataplasme, avec la reine-des-prés entre deux compresses humides, et laissez en place une trentaine de minutes. Vous bénéficierez d’un effet anti inflammatoire et antalgique local, et d’un drainage efficace.

Les précautions d’emploi et les contre-indications

La reine-des-prés contient une molécule de la famille de l’aspirine: elle est contre-indiquée en cas d’allergie à l’aspirine (une allergie vraie, pas une intolérance digestive: ce sont deux choses totalement différentes).

Pour cette raison, elles est aussi contre-indiquée pendant la grossesse, par prudence, et chez l’enfant.

En cas de traitement anti-coagulant par anti-vitamine K (AVK), il est raisonnable de l’éviter ou d’en rester à un usage très ponctuel.

Ses propriétés « fluidifiantes » ne permettent pas de remplacer l’aspirine à faible dose: aucune étude ne valide cet usage.

Même si très peu d’effets indésirables sont imputés à la reine-des-prés, ne jamais en faire d’utilisation prolongée, ou d’infusion trop concentrée: de rares cas d’hématurie (sang dans les urines) ont été décrits lors d’utilisation quotidienne pendant de longues périodes.

Et l’aspirine dans tout ça

La reine-des-prés portait le nom latin de Spirea: c’est ce qui a donné le nom de marque Aspirin ­®, déposé par le laboratoire Bayer en 1899.

La reine-des-prés contient en effet du salicylate de méthyle, molécule à partir de laquelle les chimistes ont inventé notre aspirine: l’acide acétyl-salicylique.

Et comme la nature a vraiment (presque)tout découvert, le terme salicylique vient d’une autre plate, le saule (Salix), dont l’écorce est riche en acide salicylique. Mais ceci est une autre histoire!

Si vous souhaitez la récolter

Tous les conseils par ici

Références

1- Paul-Victor Fournier Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France Éd. Omnibus

2- Breverton’s Complete herbal, based on Culpeper’s The English Physitian and Compleat Herball of 1653 Éd.Quercus

3- Marie-Antoinette Mulot herboriste diplômée (sic) Secrets d’une herboriste Éd.Dauphin

Jean Bruneton Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales , 5ème édition, ED.Lavoisier Tec et doc

Michel Dubray Guide des contre-indications des principales plantes médicinales  Ed.Lucien Souny

Jacques Fleurentin, Jean-Claude Hayon, Jean-Marie Pelt   Des plantes qui soignent Ed. Ouest-France2018

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