Halitose

Ou pour le dire simplement: la mauvaise haleine

Ce n’est pas une maladie, mais la mauvaise haleine peut avoir des conséquences relationnelles importantes. 

Le plus souvent, la cause se trouve dans la bouche: résidus alimentaires mal éliminés au brossage, caries, parodontopathies, infections , prothèses mal entretenues ou mal adaptées… Il peut aussi exister des infections plus ou moins chroniques, au niveau des amygdales, du pharynx, des sinus, voire des bronches: commencer par un contrôle  chez le dentiste, et renforcer les soins d’hygiène.

Une insuffisance de salivation est souvent en cause: c’est le cas la nuit, expliquant l’haleine chargée du réveil, mais aussi avec certains médicaments qui « assèchent » la bouche, lors du vieillissement, après des radiothérapies de la tête ou du cou…

 

Un reflux gastro-œsophagien est une cause fréquente de mauvaise haleine, ainsi que les troubles du foie ou de la vésicule, une constipation…

Le régime alimentaire a une grande importance: régimes amaigrissants hyper protéinés, régimes cétogènes, jeûnes: votre métabolisme se met en mode « famine », vous ne pouvez plus tirer votre énergie des glucides mais des graisses et vous produisez un déchet spécifique: l’acétone.

Certains aliments donnent « mauvaise haleine »: oignons, ail, choux, excès de café pour les plus connus.

Le tabac est aussi responsable de mauvaise haleine.

Des maladies peuvent donner une haleine désagréable, un diabète mal équilibré qui favorise les infections, des maladies du sang, une insuffisance rénale… il va de soi qu’une consultation dentaire ou médicale est indispensable avant d’étiqueter « banale » la mauvaise haleine.

La menthe poivrée Mentha  piperita

La menthe poivrée a un goût agréable et couvre d’autres odeurs. Par ailleurs, elle est aussi désinfectante de la bouche, elle stimule la digestion.

Pour une action immédiate et brève, vous pouvez prendre une goutte d’huile essentielle de menthe poivrée sur un comprimé neutre. Le goût très fort peut rebuter, dans ce cas, essayer la menthe verte Mentha viridis ou spicata. L’utilisation de l’HE menthe poivrée est à réserver à l’adulte, contre-indiqué chez la femme enceinte, en cas de gastrite ou ulcère gastro duodénal, antécédents de convulsions. Pour les précautions à respecter avec les HE, c’est par ici.

Pour une action plus durable, préparez une tisane, à base de menthe poivrée, romarin, mélisse ou verveine: 2 ou 3 tasses par jour.

L’anis vert Pimpinella anisum

C’est aussi un remède traditionnel qui a fait ses preuves: vous pouvez simplement croquer quelques graines d’anis, ou préparer une tisane.  Les confiseries comme les anis de Flavigny sont une manière gourmande de profiter de ses bienfaits… attention toutefois au sucre qui n’est pas le meilleur des remèdes dans ce cas.

La « tisane des quatre semences chaudes » associe semences d’anis, carvi, fenouil, graines de coriandre : c’est outre son effet sur l’haleine, elle est aussi anti spasmodique et souveraine des ballonnements intestinaux. (ref1) Seule précaution: éviter un usage prolongé en raison d’un possible effet estrogénique (mais pas de problème pour une ou deux tasses dans la journée pendant quelques semaines!)

Bains de bouche

Les bains de bouche antiseptiques sont de peu d’intérêt, en outre leur usage prolongé modifie la flore buccale et serait susceptible de favoriser le développement de candidose buccale (ref2). Les bains de bouche alcoolisés assèchent et irritent la muqueuse, aggravant le problème.

Vous pouvez préparer votre propre bain de bouche avec des huiles eesentielles et une teinture mère. Il faudra ensuite diluer votre mélange dans un demi-verre d’eau tiède (une fois dilué, le bain de bouche est peu alcoolisé)

HE Tea tree Melaleuca alternifolia 2mL
HE Laurier noble Laurus nobilis 2mL
Ess Citron jaune zeste Citrus limon 2mL
TM Calendula quantité suffisante pour 60mL
Une autre possibilité consiste à déposer une goutte HE Tea tree et une goutte HE citron sur le dentifrice avant le brossage… le goût est alors très marqué.

Si vous avez la bouche sèche

Il existe des substituts salivaires, en spray, qui peuvent aider un peu.

En tisane, prenez deux fois par jour une tisane avec fumeterre, boldo, romarin et si possible petite centaurée.

En extrait de plantes, deux remèdes classiques pour stimuler la sécrétion salivaire : l’aubier de tilleul en comprimé (vous pouvez aussi le prendre en décoction si vous préférez) et le Chrysanthellum americanum. (ref3)

Désinfecter et dégager  les sinus

Si la source de la mauvaise haleine vient de l’oropharynx ou des sinus, prenez l’habitude de faire une inhalation le soir, avec des HE Eucalyptus radié Eucalyptus radiata, HE Niaouli Melaleuca quinquenervia et HE Lavande fine Lavandula vera (1 ou 2 goutte de chaque dans de l’eau bouillante)ref 5 Poursuivez deux ou trois semaines, en associant des lavages de nez à l’eau salée.  Vous trouverez ici d’autres remèdes naturels.

Si la cause est digestive

Peumus boldo
Prenez régulièrement des tisanes, en alternant
  • des tisanes qui facilitent la sécrétion de bile, artichaut, boldo, pissenlit racine,  et fumeterre , avec un peu de menthe douce ou d’anis vert pour masquer l’amertume: prenez une ou deux tasses par jour.
  • et des tisanes qui apaisent l’estomac: matricaire , verveine et calendula par exemple, une petite tasse après les repas.
  • Si vous êtes en hypochlohydrie ou achlorhydrie (manque d’acidité dans l’estomac, plus de détails ici), par exemple sous traitement long par des IPP , prenez de la gentiane avant de manger (en gélule ou extrait liquide, pour éviter de prendre trop de tisane!), afin de faciliter les sécrétions gastriques.

Dans tous les cas, n’oubliez pas que ces remèdes ne sont pas destinés à être poursuivis pendant des mois: alternez les tisanes, faites de cures de deux ou semaines, et faites le point avec votre médecin si vous ne constatez pas d’amélioration.

 

 

Ref1 Paul-Victor Fournier Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France  p174 Éd.Omnibus.

ref2 La revue Prescrire 2009;29 (312) 744

ref3 Phytothérapie 2015; 13:246-249

ref4 Michel Pierre  Les remèdes de A à Z  Éd.Chêne

Ref5 Fabienne Millet Le guide des huiles essentielles Éd.Marabout

Auteur de l’article: Sabine Robin, docteur en Pharmacie, DU phyto-aromathérapie clinique, DU micronutrition exercice et santé.

L’auteur déclare ne présenter aucun conflit d’intérêt financier avec l’industrie pharmaceutique ou laboratoire ou fabricant de produits ou matériels médicaux.

Dernière mise à jour 11 mai 2018

 

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