Psoriasis

Le psoriasis est une maladie de la peau commune (il touche plus de 2% de la population, dans 2 cas sur 3 avec une forme modérée). Ce n’est pas contagieux, mais mes lésions disgracieuses peuvent avoir un retentissement sur la vie sociale.

Son origine est mal connue: le stress est souvent évoqué comme facteur déclenchant ou aggravant les poussées. Le psoriasis est classé dans les maladies auto-immunes.

Les conseils donnés ici n’ont pas vocation à remplacer un traitement médical éventuel, mais à réduire la gêne et l’inconfort.

Alimentation et hygiène de vie

Le stress

On a l’habitude d’incriminer le stress dans le déclenchement des poussées. Certains patients le ressentent vivement, pour d’autres, le lien n’est pas évident. Ce qui est sûr, c’est que l’anxiété, les contrariétés, la fatigue rendent plus sensible aux inconforts cutanés, aux démangeaisons , et au regard des autres.

Vous trouverez ici des remèdes naturels pour lutter contre le stress.

Si cela vous aide, n’hésitez pas à pratiquer la méditation (des études  ici et ), les techniques de relaxation, le tai-chi.

Le tabac

Le tabac aggrave la sévérité du psoriasis: les études sont irréfutables (JAMA dermatology ici., Experimental dermatology là) . Si vous fumez, c’est le moment de réfléchir aux (nombreux) bénéfices de l’arrêt du tabac! ici des conseils naturels pour vous aider.

L’alcool

Comme pour le tabac, le lien avec le psoriasis est clair, les premières publications remontant aux années 80: ici   , ou un article plus récent.

Alimentation

Peu d’études montrent l’intérêt de l’éviction de tel ou tel aliment.

Les régimes sans gluten

Ils ne se conçoivent qu’en cas de présence d’anticorps anti-gliadine: dosage rarement effectué et difficile à mettre en pratique en routine. Avant de vous lancer dans un régime sans gluten , commencez par éliminer les aliments enrichis artificiellement en gluten… et bien souvent avec d’autres additifs: nombreux plats cuisinés, pains de longue conservation (y compris bio, hélas), pains des « points chauds »  (la pâte est livrée surgelée, et nécessite la présence de nombreux additifs pour se transformer en un aliment qui ressemble à du pain, souvent recouvert d’un peu de farine ou de graines, pour un côté « rustique » ou « authentique »). Bref,  trouvez une vraie boulangerie, où le pain sera pétri chaque jour, avec une farine bio et si possible moulue à la meule de pierre pour dénaturer le moins possible le gluten et obtenir la meilleure densité nutritionnelle, fuyez les produits transformés, c’est un premier pas essentiel. Si vous optez pour un régime sans gluten, ne le maintenez pas indéfiniment, et réintroduisez prudemment et progressivement de petites quantités de céréales. Le régime sans gluten strict et définitif ne se justifie que dans une maladie, rare: la maladie cœliaque.

Le lait et les produits laitiers

Même si l’éviction du lait n’a pas fait ses preuves dans la prise en charge, l’expérience montre  que la réduction de la consommation de lait de vache améliore souvent de manière très sensible les lésions, sans que le mécanisme soit vraiment élucidé. Si vous êtes un gros buveur de lait, vous ne risquez rien à réduire voire supprimer les laitages pendant 3 semaines: si une amélioration franche survient, essayez de réintroduire en petite quantité du fromage de chèvre ou de brebis (la composition en protéines et en facteurs de croissance y est différente du celle du lait de vache), puis un yaourt (chèvre ou brebis toujours), enfin testez un peu de lait de vache, de préférence cru, non homogénéisé, non pasteurisé. Vous pourrez ainsi trouver votre seuil de tolérance, sans vous priver inutilement d’une classe d’aliments à la fois nutritifs et appréciés!

Les bons acides gras

Encore une fois, ce sont les omega-3  qui sont à l’honneur: mangez des petits poissons gras, mangez des huiles de colza, noix, cameline, lin, réduisez les omega-6 (viandes, laitages) et réservez l’huile d’olive aux cuissons.  Des articles ici, ou (en français!).

Veillez à vos apports en zinc, en sélénium.

Surpoids

Le lien entre surpoids et psoriasis est avéré: en cas de surpoids, le rééquilibrage alimentaire et l’exercice physique ont sans surprise un effet positif.

Les soins locaux

Ils sont indispensables pour apporter du confort et de la souplesse à la peau, et « décaper » les lésions épaissies lorsque c’est nécessaire.

Nourrir et assouplir

Simmondsia chinensis
Simmondsia californica

Pour nourrir la peau, vous pouvez appliquer des huiles végétales: l’huile de bourrache sur les zones les plus atteintes, sa richesse en acide γ-linolénique lui confère des propriétés reconstructrices de la membrane cellulaire. c’est une huile qui améliore la souplesse, calme l’inflammation de la peau. C’est une huile « grasse »: vous pouvez la mélanger à l’huile de jojoba, plus fluide ou à l’huile de noisette.

Si vous avez besoin de calmer l’inflammation, associez l’huile de calophylle , encore appelée huile de Tamanu: elle est cicatrisante et anti inflammatoire.

En dehors des poussées, sur les zones qui restent sèches, utilisez l’huile de jojoba en guise de « lait corporel »: il s’agit d’une cire liquide, très fluide, qui pénètre rapidement, et qui a une structure proche de celle du sébum de la peau. Elle restaure la souplesse et empêche la déshydratation.

Attention, quelle que soit l’huile choisie, veillez à sa qualité: n’utilisez que des huiles végétales de première pression à froid. C’est à cette condition que les acides gras bénéfiques sont préservés, et que vous évitez la présence de traces de solvants.

Apaiser

Pour les lésions qui démangent, il est possible d’ajouter des huiles essentielles calmantes aux huiles végétales nourrissantes: selon la surface à traiter, il rester avec de faibles concentrations. Certaines huiles essentielles stimulent les kératinocytes, et peuvent donc épaissir les plaques: il est préférable de les éviter si vous avez des lésions squameuses.

Un mélange apaisant par exemple:

HE camomille noble Chamomilla nobilis

HE vetiver Vetiveria zizanoïdes ou HE patchouli Pogostemon cablin

HV calophylle + HV jojoba

Préparez le mélange avec 2,5 mL de chaque HE pour un flacon de 100 mL d’huile végétale, en entretien, ou avec 5mL de chaque HE pour un flacon de 100 mL d’huile végétale, en crise.

Sur les démangeaisons liées à des plaques de psoriasis du cuir chevelu, vous pouvez appliquer de l’huile de jojoba seule sur les lésions (en petite quantité, elle ne « graisse » pas les cheveux, en ajoutant un peu d’HE vetiver ou camomille noble au besoin (5 à 10% au maximum).

Décaper

Il s’agit d’éliminer les squames quand la peau s’épaissit: c’est le rôle des huiles essentielles. Il faut veiller à appliquer votre préparation sur les lésions sans déborder sur la peau saine, afin de ne pas l’irriter.

Vous pouvez utiliser le mélange suivant:

HE Gaulthérie couchée Gaultheria procumbens 1,5mLHE Lemongrass Cymbopogon citratus  1,5mL
HV jojoba ou calophylle quantité suffisante pour 60mL

 

À appliquer le soir , laver soigneusement sous la douche le lendemain, puis appliquer une huile adoucissante.

Pour le cuir chevelu, utiliser le même mélange, en le laissant agir quelques heures voire une nuit avant le shampoing lors des poussées. En entretien, ajouter simplement une goutte d’HE camomille dans le shampoing en cas de démangeaisons, ou de lemongrass en cas  de pellicules, et laisser agir quelques minutes avant de rincer.

La phytothérapie par voie orale

 

La phytothérapie intervient en modificateur de terrain et en appoint symptomatique.

Des remèdes de fond anti-inflammatoires

Les bourgeons

En premier lieu, les bourgeons de cassis Ribes nigrum en alternance avec les bougeons de vigne Vitis vinifera:  le cassis exerce son effet anti-inflammatoire et la vigne agit sur la structure cutanée.

Il est aussi bénéfique de prendre le cassis sous forme d’extrait sec ou d’extrait de plante fraîche type EPS.

La réglisse pourrait agir comme anti-inflammatoire sur le psoriasis, en gardant à l’esprit sa principale contre-indication: l’hypertension artérielle. Les cures doivent être limitées à 2 ou 3 mois maximum, et toujours avec un contrôle régulier de la pression artérielle. Il va de soi que la prise de réglisse n’est pas recommandée en cas d’hypertension existante, même bien équilibrée.

L’échinacée E.purpurea, E.pallida, E.angustifolia

Son utilisation dans le psoriasis est traditionnelle, elle est documentée depuis la fin des années 1970, et s’est confirmée depuis (1), . On utilise l’échinacée tant pour ses effets anti-inflammatoires que pour ses effets sur l’immunité.

La pensée sauvage Viola tricolor

Elle a une activité sur le système immunitaire, et une activité anti-inflammatoire (2). La tisane peut s’appliquer sur les lésions pour un effet émollient. En médecine traditionnelle, la pensée sauvage est un dépuratif de la peau:  à prendre en tisane , en extrait sec ou en extrait de plante fraîche. L’expérience montre qu’une phase d’aggravation se produit souvent en début de traitement, avant l’amélioration recherchée: c’est « le mal qui sort », disaient les anciens!

Les remèdes de drainage

Traditionnellement utilisés en cures aux changements de saison, les drainages ne devraient pas être négligés.

Le chardon-marie Sylibum marianum

Bien connu pour son action de protection des cellules hépatiques, il a aussi une activité de modulation des cellules immunitaires. (3)

Une cure de chardon-marie se justifie au printemps et/ou l’automne, à faire sans hésiter si vous suivez un traitement allopathique, afin de « protéger » le foie.

La bardane Arctium lappa

Racine de bardane
Herboristerie du Valmont

Sous forme d’extrait ou de décoction, en cures de drainage pouvant être associée au chardon-marie: toujours en commençant par de petites doses, sans dépasser 3 semaines de cure.

En usage externe, la décoction de bardane a un effet apaisant et anti-inflammatoire: la préparation est uyn peu contraignante, mais cela vaut la peine d’essayer! (4)

 

Bibliographie succincte

 

(1) Alternative medicine review; 1997, vol.2, 6, pp451-458

(2) Journal of Ethnopharmacology Volume 151, Issue 1, 10 January 2014, Pages 299-306 

(3) Journal of Advanced Pharmacy Education & Research 1:69-79 (2011)

(4)Int J Clin Exp Med 2016;9(2):1639-1647

Phytothérapie (2014) 12:181-183

Michel Faucon Traité d’aromathérapie scientifique et médicale Ed.Sang de la terre

Jean Bruneton Pharmacognosie Phytochimie Plantes médicinales Ed.Lavoisier Tech et doc

Max Wichtl, Robert Anton Plantes thérapeutiques 2ème édition Tec et doc

Auteur de l’article: Sabine Robin, docteur en Pharmacie, DU phyto-aromathérapie clinique, DU micronutrition exercice et santé.

L’auteur déclare ne présenter aucun conflit d’intérêt financier avec l’industrie pharmaceutique ou laboratoire ou fabricant de produits ou matériels médicaux.

Dernière mise à jour 11 mai 2018

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